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Profils ICC

Introduction

Contraste - chromaticité - saturation - teintes - DeltaE94

Tableau de commande (maj 11/2007)

"Qualité" des profils (mars 2007) et Rendu des profils AdobeRGB (16 mars 2007) avec quelques photos...

Installation - utilisation (mise à jour 11 avril 07)

Liste des profils AdobeRGB D50 [Y profils] - 29/12/2007

 Liste des profils Prophoto  [X profils] - 3/01/2008

Comparaison sommaire "Espace - Profils d'entrée - Conversion"  et gamut du D200 (9/2007)et pratiques photographiques personnelles(17/11/2007)

Quelques histogrammes "Espaces" - "contrastes et saturations " (18/10/2007)

Représentation graphique

 

 

Intérêt de l'étalonnage du boîtier (mise à jour 16/05/2008 - Nouvelle mire  "JDC Rouli")

Synthèse au 26/03/2008

 

Quelques profils ICC "rendus films positifs et négatifs"  et aussi "portrait, paysage, perso, Noir et blanc" pour NX, DxO, UFraw, etc.


Introduction : profils ICC "colorimétrie", "perso", "noir et blanc"

L'utilisation des "sets" (couleurs ou noir et blanc) de Capture NX (voir ci-après) est certes pertinente, mais limitée... J'ai tenu à "contourner l'obstacle", pour réaliser des profils ICC afin de simuler l'effet de certains films (Ektachrome, Velvia..), mais également de réaliser des profils à caractère généraux (portrait, paysage...), sans pour cela acquérir les coûteux logiciels professionnels de création de profils ICC (ProfilMaker, Monaco,...).

Ces profils sont des profils d'entrée (input) un peu spécifiques. En effet ils ne sont pas là pour compenser les défauts d'un boîtier, comme les profils d'étalonnage (ou calibrage en franglais)- il existe sur le marché des produits qui le font très bien (ex C.Metairie), ni pour étalonner un scanner,... mais pour ajouter une couche supplémentaire, en quelque sorte faire d'une seule manœuvre des modifications de contraste (avec courbe), saturation, teinte, préserver les couleurs chairs, etc. en donnant soit des rendus généralistes (portrait, paysage...), soit des rendus spécifiques (Ekta, Velvia, Astia, Noir et Blanc,...).

Nécessité des ces profils ?

Cette "simulation" n'est pas faite parce que le numérique n'est pas bon... bien au contraire, celui-ci permet un choix de combinaison quasiment infini... la preuve, il permet notamment de simuler plusieurs rendus de pellicules. Je ne suis pas le premier à le faire, loin de là...  et il existe de nombreuses manières de s'en approcher (DxO Film Pack, Plug In pour Photoshop, courbes pour boîtier, mires Kodak ou Fuji ou W.Faust, Profils générés par ProfileMaker de GretaMacbeth, mélangeurs de couches pour CS ou Gimp, etc. et même certains réglages de boîtiers  FUJI S3, S5, etc.)

 

Cette "simulation" permet :

  1. aux nostalgiques de retrouver leurs marques ;

  2. aux amateurs - ils sont nombreux- en termes de goûts pour les rendus "Astia, Velvia,..", d'avoir quelque chose qui en donne une approche

  3. à monsieur tout le monde qui est (encore) habitué aux rendus de ces pellicules  de dire "ah ces photos sont vraiment belles comme avec mon ancien (pas tant que cela, c'était pour certains il y a quelques mois...) appareil argentique" ; il est probable qu'à terme, la nostalgie liée aux habitudes (10 ans, 30 ans...) des pellicules couleurs s'estompera et qu'on (re)trouvera le goût pour des rendus normaux sans trop de contraste, saturation ou déviance des couleurs (rappel de mes essais : pour DxO le mode qui préserve le mieux les couleurs est "réaliste").

  4. au développeur de (re)découvrir la colorimétrie, en essayant de comprendre l'influence réciproque ou univoque des paramètres (contraste, contraste variable, luminance, saturation variable, teintes variables, récupération des basses et hautes lumières, etc.).

  5. ...

En tout cas, c'est une option comme une autre, pas plus, pas moins, déformant la réalité que les autres options du numérique (Saturation, BdB, Noir et Blanc, Sépia, D_lighting, etc.), et pose la question que cherche-t-on à faire avec de la photographie ? Rappelons que la photo n'a pas tué la peinture (aquarelles, gouaches,...), ou le dessin qui sont d'autres manières d'exprimer et de s'exprimer.

 

De plus les profils "perso" et "noir et blanc" ressortent d'une approche différente, même si la méthodologie est semblable. Par exemple en "noir et blanc" la dizaine de profils fournis permet d'une simple manoeuvre de donner des rendus très variés que l'on peut bien sûr faire par d'autres méthodes (mélangeur de couches, courbes de contraste, filtres divers, etc.) et ceci quelque soit le logiciel (Capture NX, DxO, CS, etc.), depuis des rendus portrait "doux" jusqu'à des contrastes très (trop ?) forts..., essayez!. Certains profils sont "proches" par exemple de AgfaScala, ou fondé sur un profil Astia mis en NB, mais la majorité est fonction de l'inspiration du moment.

 

Élaboration (principe)

Je me suis tourné vers "Little CMS Profiler" (logiciel du monde libre) et après quelques difficultés méthodologiques, j'ai élaboré un processus "très spécifique" de création de profils...(certes complexe, sortant des sentiers battus habituels..., mais globalement assez rapide... et ne nécessitant pas de moyens matériels!)

Ces profils ne se substituent pas à ceux qui étalonnent le boîtier (APN)...Le profil travaille par "différence" en supposant l'image de base "correcte"; si elle est mal exposée, contrastée, etc., le profil ICC n'apportera pas de correction pour ces "défauts", il changera uniquement la colorimétrie ou convertira en noir et blanc. Vous pouvez bien sûr dans une première étape, corriger votre boîtier par un profil d'étalonnage (le plus neutre possible dans ce cas), puis appliquer un des profils ci-dessous qui apportera un rendu spécifique; attention toutefois à convertir au profil de l'espace colorimétrique en cours (AdobeRGB, Prophoto,...) sinon le premier profil sera écrasé.

Les profils sont élaborés pour l'espace Adobe RGB et l'illuminant D50, il est possible de les réaliser pour d'autres caractéristiques...(SRGb, ProPhoto, Wide,... D65, D55...) à condition d'avoir les caractéristiques de ces espaces (point blanc, couleurs primaires, gamma...). J'ai mis à disposition quelques profils dans l'espace Prophoto...

La majorité (la quasi totalité) des opérations est réalisée par calcul  matriciel (RGB, CIE XYZ, Lab, D65=>D50...), un aperçu partiel est donné par les calculs "RGB vers CIE XYZ et Lab" ci-après dans cette page. A noter que j'utilise les méthodes de Bradford (plutôt que celles de Von Kries) pour les conversions d'illuminants, méthode (Bradford) utilisée par ailleurs par les logiciels connus (Capture NX, Photoshop...)

Ces profils ne sont pas spécifiques à un logiciel donné (ils fonctionnent avec Nikon Capture NX, DxO 4.1, UFraw, et aussi avec des prestations limitées par les logiciels eux-mêmes Gimp2.3 qui est en cours de développement, Rawshooter, ainsi que les autres logiciels connus qui gèrent les couleurs: CS,...).

Ils peuvent présenter des écarts de rendus plus ou moins importants par rapport à ce qu'on trouve sur le marché (profils obtenus avec les mires IT8 de Wolf Faust, IT8 Kodak ou Fuji ou Monaco, DxO4.1, C.Metairie, etc.).

Il est recommandé de paramétrer les logiciels en mode "perceptive" (uel) et avec compensation du point noir, notamment du fait de la taille du profil qui peut sortir de l'espace AdobeRGB et d'utiliser les principes suivants (qui peuvent varier d'un logiciel à un autre) : 1) d'abord "appliquer le profil" (par exemple "ekta1n_jdc_lcms10.icc"), 2) puis selon le cas, "convertir au profil" en choisissant par exemple "Nikon AdobeRGB" comme profil de sortie ou PhotoGamutRGB (attention à ne pas directement "convertir au profil" avec le profil que vous téléchargez qui est un profil d'entrée, ce qui donnerait des résultats bizarres...), ou plus fréquemment  convertir au profil du terminal de sortie que vous utilisez (par défaut sRGB).

Depuis la première version du 4 janvier 2007, j'ai modifié mes paramètres et couleurs  pour mieux intégrer les teintes "chair", les gris, certaines autres couleurs en limite du gamut... Les profils obtenus sont nettement plus "propres", sans être parfaits (c'est quoi un profil parfait ?..voir les représentations graphiques ci-dessous)

Pour chaque profil le point blanc (exprimé en valeurs L) a une valeur comprise entre 90<L<98 et pour le point noir entre 2<L<11; les valeurs proches de L50 ont un écart de +- 1 voire +0+2 avec la référence; ce qui peut amener dans certains profils une léger accroissement de la luminosité; celle-ci peut éventuellement être compensée dans certains cas seulement, dans Capture NX, par un -5 environ en luminosité...

Après plusieurs essais, il s'avérait que dans certaines conditions (portrait, peau..), les profils générés par ma méthode pouvaient présenter une saturation trop élevée. En conséquence j'ai élaboré à cet usage d'autres profils "moins saturés", ou à l'inverse pour les profils saturés et contrastés, joué sur les teintes, les contrastes des couleurs, etc.

De plus, j'ai tenu à élaborer d'autres profils "non typés films", pour apporter diverses corrections de situations habituelles : portrait, paysage, noir et blanc, plus quelques profils "perso".

 

Contraste - chromaticité - saturation - teintes- Delta E 94

Contraste

Il m'est possible, toujours par calcul de modifier très rapidement les contrastes de base  (que je borne volontairement afin de limiter les conséquences maximales sur les valeurs de L à  maxi 98 et L mini à 1 ou 2)

A noter que le contraste est fait uniquement en fonction de la luminance "L", avec 2 méthodes possibles globales plus plusieurs complémentaires:

  1. je fais varier la luminance au prorata du contraste affiché (ex: 110%) en partant du point neutre L=50 et ceci de manière linéaire de part et d'autres de cette valeur.

  2. je fais varier la luminance en fonction d'une courbe en "S" à plusieurs "pentes" et non symétrique, qui  limite la sortie à maxi L98...pour éviter de trop brûler les hautes lumières et qui au "centre" dans les tons moyens peut faire varier le contraste de 0% à 150%, mais plus généralement de 60% à 140%.

  3. la luminance / contraste peut être changée pour chaque "tranche" de couleur (voir plus loin)

  4. la luminance / contraste peut être changée pour les gris

  5. la luminance peut varier globalement et pour les teintes chair

  6. etc.

Cette manière de travailler - uniquement sur la luminance, ne perturbe pas les couleurs (chromaticité), comme en RGB, ou comme le chargement de certaines courbes pour boîtier.

 

Chromaticité - (saturation)

La méthode de calcul à partir du mode L*a*b* et Lch (Luminance - Chromaticité - Teinte [H=hue]) est plus "simple" à mettre en oeuvre que celle à partir de RGB (RVB); en conséquence pour simuler une hausse et/ou une baisse de saturation, j'agis sur la chromaticité (c=  SQRT(a2 + b2))  en maintenant la teinte (T= ArcTg(b/a)) et en recalculant X, Y, Z et L*a*b*. Ce  calcul revient à considérer la chromaticité comme une échelle logarithmique de la saturation avec une approximation de type :

J'ai introduit plusieurs paramètres pour faire varier à souhait cette "saturation", en changeant le pourcentage de chromaticité (en plus ou en moins), en fonction de la chromaticité elle-même et de la luminance ou de la saturation en mode RGB (cette saturation RGB  se calcule très facilement:  S = (Max(R,G,B)-Min(R,G,B)) / Max(R,G,B) qui est la formule utilisée par Photoshop). Ainsi, il est possible de retoucher séparément, en plus ou en moins, les couleurs pastel (pas trop saturées par définition), les couleurs saturées et les couleurs ternes (par définition peu saturées).

Il est également possible de voir (après par re-conversion  XYZ et Lab en RGB), l'incidence des variations de chromaticité et de contraste sur la saturation RGB! (le contraste ayant  une  incidence sur la saturation)

Exemple de relation entre chromaticité, saturation et contraste (réalisé sur environ 270 couleurs)

Variation chromaticité

Moyenne de la variation de saturation RGB

écart-type
chro=1,1 Sat=1,103 sigma : 0,056
chro=0,95 Sat=0,944 sigma : 0,03

Variation contraste  Luminance

Moyenne de la variation de saturation RGB

écart-type

cont=1,2 Sat=1,02 sigma :0,12
cont=0,95 Sat=0,99 sigma : 0,03

La chromaticité possède un "avantage" important sur la saturation ; en effet celle-ci est par définition limitée à 100, qui est la limite de l'espace RGB... alors que la chromaticité peut s'étendre à l'ensemble du domaine Lab (au moins pour le calcul)

Les variations maximales de saturation et contraste (profils repérés "+sat+co" ci-après) sont obtenues après plusieurs essais jusqu'à maintenir dans "Little CMS", des valeurs de Gamma, Delta E, point blanc, courbes LUT,..."acceptables".

Incidences sur les Delta E 94

Les tableaux ci-après donnent les incidences du contraste et de la chromaticité sur les valeurs des Delta E 94 (sur environ 300 mesures)

  Contraste avec courbe en "S" (pente centrale 113%) Chromaticité ("saturation") : 110% Contraste et chromaticité
Delta E94 2,61 1,19 3,02
Écart type 1,45 0,50 1,23
Maximum 5,99 1,67 6,05
Minimum 0,05 0 0,34

Ces valeurs sont par calcul et ne prennent pas en compte le processus de création de profil par "Little CMS" qui lui aussi crée un Delta E94 supplémentaire de l'ordre, pour la valeur moyenne de 1.

Teintes

Je peux intervenir sur les teintes, bien sûr de manière locale (une ou deux teintes spécifiques - valeur H en LCH), mais aussi de manière plus globale, en séparant les 2*PI radians de la composante teinte en plusieurs secteurs (une dizaine), plus ou moins importants selon la réponse de l'oeil. Chacun de ces secteurs peut voir sa teinte "modifiée" dans des limites que je contrôle par les Delta E.

De plus les "tons chairs" ont un traitement spécifique, aussi bien au niveau de la chromaticité que de la luminance et du contraste... ; ces teintes sont "exclues" du traitement global, et en ont un spécifique.

Remarque importante

Le travail sur les composantes L*a*b* ou LCH présente un énorme "avantage", par rapport aux autres systèmes (RGB, ...) : il est possible d'agir sur chaque composante quasi indépendamment des autres et d'examiner les incidences de chacune et de la somme en voyant d'une part les effets sur les rendus réels (contraste, saturation, couleurs, ombres...) et d'autre part en examinant l'incidence sur les DeltaE94 et les valeurs partielles (Delta L, Delta C, Delta H). On peut donc paramétrer indépendamment : luminance et contraste, chromaticité, teintes....

 

Tableau de commande

Cette copie de la feuille de calcul, montre les paramètres sur lesquels j'agis, ainsi que les conséquences immédiates sur les autres paramètres. On "voit" l'interaction avec les divers "Delta" (dont le deltaE94) et les contrôles possibles sur :

(les valeurs de cet exemple ne correspondent pas à celles du tableau repris ci-dessus)

Les couleurs des lignes dans le tableau "modification des teintes", sont fantaisistes, uniquement pour rappeler la gamme choisie.

Bien évidemment tout le traitement se fait en mode L*a*b* ou (plus lisible) Lch.

 

Qualité des profils et rendus

Ces profils  d'entrée (input), que valent-ils ? A cette question il existe plusieurs réponses selon qu'on se place en utilisateur ou en fournisseur.

En termes d'utilisateur, celui-ci cherchera probablement pour un profil d'entrée, un rendu spécifique de type Ekta, ou portrait, même si ce rendu amène des différences importantes par rapport aux "étalons". Il portera un jugement simple, de type c'est bon, çà claque, ou...bof!

Pour le fournisseur, le besoin de l'utilisateur (le client) est certes important, mais en plus il doit s'assurer au moins à titre intellectuel :

J'ai choisi parmi les photos que j'ai faites, 2 photos (hors famille) permettant de "voir" l'incidence des profils. Ce test est particulièrement subjectif mais montre sans ambiguïté les écarts entre les profils... A vous de juger (et éventuellement de me donner votre avis)

Il existe de nombreux débats (y compris sur le forum de Photim...) pour savoir ou échanger, sur la pertinence de tel ou tel espace colorimétrique ou de tel ou tel moteur de conversion (matrice ou LUT). Je n'entrerais pas dans ces débats, mais livre à l'utilisateur soucieux de comprendre (et je pense qu'il y en a plus qu'on ne le croit), la trame de raisonnement que j'utilise pour vérifier la fidélité des profils que je livre gracieusement.

Schéma de principe très simplifié

Étape 1

Étape 2

 

Étape 3

Étape 4

1° Fichier XYZ - L*a*b*

"de référence"

2° Fichier XYZ L*a*b*  "cible ou destination"

Minimisation des DeltaE, démarche par essais / erreurs

  4° Application du profil généré en (3°) sur le fichier "de référence" (1°),

Production du fichier "à évaluer" (à l'aide Nikon Capture NX)

5° Mesure des valeurs XYZ et L*a*b* du

fichier "à évaluer" (4°)

  3° Création du profil avec LittleCMS     6° comparaison en termes de DeltaE94 du fichier

"à évaluer" (5°) et du fichier "cible ou destination" (2°)

        7° caractérisation des différences

De plus je visualise les résultats en comparant l'image produite à celle du fichier Lab dans ColorLab.

Il est clair que cette vérification objective évalue 2 aspects : 1) l'élaboration du profil par LittleCMS; 2) la qualité du moteur CMM qui "prend" les données et les convertit (ici en "perceptif") dans AdobeRGB98.

L'évaluation de la qualité de la "cible ou destination" est quand à elle, objectivement subjective... C'est à dire que je mesure les deltaE94 (ainsi que ses composantes DL, DC, DH) pour un certain "rendu"... Pour le client ce qui compte c'est le rendu, c'est-à-dire la formulation d'un jugement simple, comparatif avec d'autres produits ou habitudes. La partie "objective" évalue les écarts et borne les limites acceptables pour le(s) logiciel(s).

Quelques caractérisations

Type de profil 1) portrait2_jdc_lcms12.icc 2) astian_jdc_lcms1.icc 3) velvias11co11_jdc_lcms12.icc 4) AdobeRGB98
Volume du profil (unités cubiques) 1608943 1188767 1623018 1311023
Type Matrice 3x3 Matrice 3x3 Matrice 3x3 Matrice 3x3
Moteur CMM LCMS LCMS LCMS Adobe
Nature Input Input Input Display
Caractéristique profil doux (peu de contraste / saturation) profil doux (peu de contraste / saturation) profil dur (forts contrastes / saturation)  
DeltaE94 (5°) / (2°) - 288 mesures        
  • moyenne
1,77 1,33 2,31 "
  • écart-type
0,95 0,74 1,22 "
  • DL  / DC / DH
1,29 / 0,62 / 1,41 1,10 /0,60 / 0,86 1,70 /1,12/1,63 "
Couleurs à l'intérieur AdobeRGB98 244 246 248 "
Dominante couleurs extrêmes

assez mal traitées (6> delta E >4)

néant

néant

Quelques verts (verts/jaunes / verts bleus)

à l'intérieur du gamut

 
         
         

Commentaires :

Il serait intéressant de faire la même démarche avec un logiciel connu du commerce (ex: ProfileMaker) et ainsi de comparer un produit du monde libre (LittleCMS) et un produit payant.

 

Installation et utilisation (11 avril 07)

Pour installer les profils, rien que du classique :

  • (sous Windows) les placer, après téléchargement et décompression zip, sous : c:/ windows / system32/ spool / drivers / color  : c'est là où sont tous les profils.. espaces, etc.
  • mettre le curseur sur le profil (cliquer droit) et "installer le profil"
  • En fonction de l'espace, deux types de profils  sont fournis, pour AdobeRGB et pour Prophoto : faites attention à bien utiliser le bon profil pour le bon espace sinon vous risquez des dérives de couleurs importantes
  • Sous Capture NX , aller dans "réglage" / "profil colorimétrique" / "appliquer le profil" ... et choisir le profil voulu  (il vaut mieux que NX ait comme espace colorimétrique "Nikon Adobe RGB" pour les profils "AdobeRGB" ou Prophoto pour les profils de ce type ), le changement de couleurs est immédiat, mais il faut sauver le travail (NEF, JPG, TIFF..) et rouvrir pour pouvoir effectuer les mesures (RGB ou Lab) ou encore faire la manipulation suivante qui n'est pas parfaite...: d'abord "appliquer le profil" (par exemple "ekta1n_jdc_lcms10.icc"), puis "convertir au profil" en choisissant par exemple "Nikon AdobeRGB" (ou Prophoto, ou PhotoGamutRGB ou celui de votre imprimante) comme profil de sortie (attention à ne pas directement "convertir au profil" avec le profil que vous téléchargez qui est un profil d'entrée, ce qui donnerait des résultats bizarres...). Si vous souhaitez cumuler 2 profils d'entrée, il est indispensable, entre ces deux profils, de convertir vers l'espace en cours (AdobeRGB, Prophoto...) sinon le premier profil est écrasé. Attention, depuis la version 1.1.0 de Capture NX la gestion des profils est un peu différente. Contrairement à la version 1.0.1, une fois le profil appliqué, on ne peut plus modifier les couleurs / teintes par exemple avec l'éditeur LST, pire la sauvegarde du fichier ne peut plus se faire, il est impératif d'appliquer les profils une fois l'ensemble des traitements terminés (masque flou, bruit...); j'ai avisé Nikon de cette "bizarrerie"... et ai eu une réponse pour le moins anecdotique!
  • Sous DxO  aller dans "DxO color", "profil ICC", "importer profil ICC", choisir le profil, choisir l'option "DxO réaliste" et ajouter +0.4 à 0.5 à l'exposition (voir ci-dessus). Comme le profil travaille (a priori vu mes essais) en mode réaliste, les contraste et saturation sont bas, vous pouvez si vous le souhaitez les modifier. DxO possède une gestion des couleurs curieuse (en termes d'ergonomie), il faut aller à la fin du traitement pour indiquer l'espace dans lequel sera opéré le traitement...(donc à ne pas oublier!)
  • Sous UFraw aller dans "couleur", choisir le profil d'entrée  et le mode "perceptuel"
  • Pour ceux qui ne possèdent pas de logiciels sachant gérer les profils ICC, il existe un utilitaire gratuit de chez GretaMacBeth, "ColorLab.exe" (version 2.8.13) qui permet quasiment toutes les manipulations de profils et toutes les simulations sur des fichiers Jpg et Tif

  • Selon les logiciels utilisés (NX,...)  et leur "moteur" de conversion les rendus de certaines couleurs peuvent être différents.

Remarque sur les réglages du boîtier: les profils étant générés en AdobeRGB98, vous avez intérêt si votre boîtier le permet de le régler en AdobeRGB. De plus ces profils peuvent amener des corrections importantes, je recommande de régler les paramètres du boîtier, sans contraste (notamment sans courbe chargée), sans saturation... sinon les "risques" de sur-contraste  et/ou de sur-saturation sont importants. Bien sûr rien n'interdit de traiter les images AdobeRGB du boîtier en Prophoto avec les logiciels applicatifs (Capture NX, CS..) ... appliquer les profils, puis convertir l'image dans l'espace de votre choix (pourquoi pas PhotogamutRGB?)

 

Profils Prophoto (maj 03/01/2008)

Il est préférable d'appliquer ces profils sur des images qui auparavant auront été équilibrées par un profil ICC neutre d'étalonnage

Il est recommandé d'essayer 2 rendus de conversion au profil : perceptuel et absolu (ce dernier ayant généralement un rendu plus proche des objectifs - ceci n'est valable que pour l'espace Prophoto)

D'abord :

  • appliquer le profil, par exemple "B+S+C+.icc",

Puis :

  • convertir au profil, ici "Prophoto", avec l'intention "perceptuel" ou "absolu"

Ces profils peuvent (doivent) être utilisés dans l'espace Prophoto, avec tous les logiciels qui gèrent les profils de façon approfondie  (Capture NX, CS, ...) et qui permettent en dehors des réglages de l'espace colorimétrique de base (ici rappel Prophoto), la séparation de l'application (ou attribution) et de la conversion (avec le choix de l'intention) vers l'espace Prophoto.

D'autres produits comme Raw Therappe ou UFRAW qui n'ont qu'une gestion simplifiée des couleurs ne permettent pas un rendu correct, pire ils détériorent les couleurs.

Il est indispensable d'ouvrir l'image dans l'espace Prophoto (NEF, TIF, JPEG), puis appliquer (ou attribuer) le profil choisi, puis convertir au profil vers l'espace Prophoto avec l'intention perceptuel ou absolu, sinon les rendus de couleurs ne seront pas bons.

Attention ces profils ont un périmètre étendu, et utilisent les possibilités de l'espace Prophoto, par exemple, les 2 profils suivants qui sont les plus saturés et contrastés :

  • le profil Velvia (B+VEL3), en appliquant ce profil (puis conversion) sur l'image de la mire DT003 (qui contient des couleurs hors AdobeRGB - environ 15 - et d'autres en limite), environ 70 couleurs sont hors AdobeRGB
  • le profil B+S+C, en appliquant ce profil (puis conversion) sur l'image de la mire DT003, environ 100 couleurs sont hors AdobeRGB

Nota : Nikon Capture NX présente un bug dans cette gestion (que j'ai signalé à Nikon). Lorsqu'on applique un profil d'entrée, puis convertit vers Prophoto la première fois sur une image, tout va bien. Si ensuite on souhaite essayer sous NX un autre profil d'entrée (à la place de l'existant), les changement s'opèrent mal, voire pas du tout. On a l'impression que Capture NX garde en mémoire les réglages précédents. Pour que cela marche, il suffit après avoir appliqué le profil, d'aller dans l'étape suivante (convertir) et de choisir temporairement une autre intention (ex : saturation), vous verrez l'histogramme et l'image changer, puis de remettre l'intention initiale (ex: absolu).

 

Liste des profils ICC (Prophoto, D50, gamma 1,8)

Comme suite à de nombreux essais itératifs avec une mire de Granger , j'ai par essais - erreurs modifiés certains profils (à compter du 28/12/2007) pour les rendre plus "respectueux" des très basses lumières (L inférieur à 2 et valeurs a et b hors AdobeRGB). Cet "avantage" ne prend de sens que dans des espaces très larges (wideGamut, BetaRGB, Prophoto..)

Le premier profil réalisé en ce sens est le "Velvia" puis le "très saturé et très contrasté" repérés par un "+ ou plusieurs ++" et un chiffre,

Rendu Profil date    
Profils dérivés des profils d'étalonnage  

Ces profils sont directement issus de mes travaux sur l'étalonnage, sinon qu'ils n'étalonnent rien... Ils se comportent un peu à la manière d'une courbe que l'on charge dans le boîtier.

Selon le profil, ils agissent de manière variable sur le contraste (courbe en "S" avec terminaisons paraboliques), sur la saturation (en réalité la chromaticité) en agissant de façon différente sur les teintes ternes, pastels et saturées. Ils peuvent aussi agir de manière différenciée sur la luminance.

Très saturé et très contrasté B++S+C+5 29 décembre Saturation + 25%  (ternes, pastels, saturées), contraste moyen +20%  
Saturé et contrasté B+SC 27 décembre Saturation +13% saturées, 11% pastels, 7% ternes, contraste moyen +10%  
Portrait B+portrait 27 décembre Luminance +15% pour L>25, contraste moyen + 15%, saturation +3% pour saturées et -3% pour pastels et ternes  
Noir et blanc B+BW 14 décembre 07 Profil marqué, contrasté, obscurcissant les ciels...  
         
         

Profils de type film

Diapo      

Kodachrome 25

B+KO25-4 27 décembre 07 Moins de contraste (5%), un peu plus de luminosité (4%) que la version précédente B+KO25  

Kodachrome 64

B+KO64-4 27 décembre 07 Moins de contraste (5%), un peu plus de luminosité (4%) que la version précédente B+KO64  

Velvia

B+VEL5-10+ 3 janvier 08 Légèrement moins de contraste (3%), et plus de luminosité (7%) que la version précédente B+VEL  

Astia

B+AST4

27 décembre 07 Légèrement moins de contraste (3%), un peu plus de luminosité (3%) que la version précédente B+AST  

 

 

     
  Noir et Blanc      

Tri-X

B+TRI-X 15 décembre 07    

HP5

B+HP5 17 décembre 07    

T-Max

B+TM 17 décembre 07    
         
  Négatif      

Reala

B+REALA-4 27 décembre 07    

Portra

B+PORTRA-4

27 décembre 07    
         

 

Liste des profils ICC (AdobeRGB, gamma 2,2) - mise à jour 29/12/2007 (en cours de mise au point...)

Comme l'espace Prophoto, n'est pas et de loin aujourd'hui l'espace le plus répandu parmi les utilisateurs, j'ai réalisé quelques profils en AdobeRGB.

Mêmes précautions à prendre que pour les profils "Prophoto"  ci-dessus, en remplaçant  dans le texte "Prophoto" par "AdobeRGB", mais il est ici indispensable d'éviter l'intention "absolu" (au moins avec Nikon Capture NX qui se sert  a priori du moteur de LCMS, qui, dans le cas de l'intention absolue et de l'espace AdobeRGB, a un mauvais rendu) au profit de "perceptuel" ou "relatif"... Essayez en final la conversion vers "PhotoGamutRGB" (relatif ou perceptuel)

Nota : les rendus sont un peu moins bons qu'en Prophoto

 

Profils dérivés des profils d'étalonnage

 

Ces profils sont directement issus de mes travaux sur l'étalonnage, sinon qu'ils n'étalonnent rien... Ils se comportent un peu à la manière d'une courbe que l'on charge dans le boîtier.

Selon le profil, ils agissent de manière variable sur le contraste (courbe en "S" avec terminaisons paraboliques), sur la saturation (en réalité la chromaticité) en agissant de façon différente sur les teintes ternes, pastels et saturées. Ils peuvent aussi agir de manière différenciée sur la luminance.

 

Très saturé et très contrasté B++S+C+ad 29 décembre 07  
       
       

Profils de type film

Diapo    

Kodachrome 25

B+KO25-3_ad 21 décembre 07  

Kodachrome 64

B+KO64_3_ad 21 décembre 07  

Velvia

B+VEL4-1_ad 29 décembre 07  

Astia

B+AST3_ad

21 décembre 07  

 

 

   
  Noir et Blanc    

Tri-X

B+TRI-X_ad 21 décembre 07  

HP5

B+HP5_ad 21 décembre 07  

T-Max

B+TM_ad 21 décembre 07  
       
  Négatif    

Reala

B+REALA_ad 21 décembre 07  

Portra

B+PORTRA_ad

21 décembre 07  
       

 

 

 

Ces profils ci-dessous en date de l'hiver et du printemps 2007, ne seront plus tenus à jour, je maintiens toutefois  certains de ces profils par soucis de montrer l'évolution de mes travaux

 
Type de rendu Profil "normal" date Commentaires   Moins "saturé" date   Plus "saturé", plus contrasté date
Ektachrome (vers 10) Ekta_1 26 janvier 07 peu différent de Ekta1 (vers 4)            
  (vers 10) Ekta 2 26 janvier 07 semblable à Ekta2 (vers 7)            
                   
                   
Portra (vers 10) Portra 26 janvier 07 peu différent de Portra (vers 6)            
                   
Velvia (vers 10) Velvia 26 janvier 07 peu différent de Velvia (vers 6)            
  (vers 2) Velvia2 2 février 07              
                   
Kodachrome25 (vers 10) Kodak25 26 janvier 07 peu différent de Kodak25 (vers7)            
                   
Astia (vers 1) Astia 2 février 07              
                   
                   
                   
Noir et blanc (vers 1) NB-1 17 février 07 Contrasté...         do
  (vers 2) NB-1c 20 février 07 "bleus" + sombres, "verts- jaunes"+lumin.   Dérivé de NB-1 : éviter les portraits...     dm
  (vers 1) NB-2 17 février 07 Plus "naturel"?!   Plutôt pour paysage...     v
  (vers 1) NB-3 18 février 07 Spécial ?         k
  (vers 1) NB-4 17 février 07 Plus "doux"?! Plus "dur" ?!   Plutôt pour portrait...     as
  (vers 1) NB-5 19 février 07 "bleus" lumineux...   Monuments?     ag
  (vers 1) NB-6 20 février 07 Ciel très sombre...         nx
  (vers 1) NB-7 22 février 07 "Verts" lumineux         t
  (vers 1) NB-8 22 février 07 Doux         p
  (vers 1) NB-9 22 février 07 "Verts et bleus" lumineux         i
  (vers 1) NB-10 27 février 07 Contrasté - proche TriX         t
  Les profils NB ci-dessus, ne sont pas obtenus par les moyens "classiques" (mélangeur de couche, filtre effet photo, éditeur LST, ...), mais le plus souvent  en ajustant les divers paramètres L*a*b*...par une démarche "essais - erreurs" en jouant notamment sur la luminance des couleurs (10 paramètres) et la courbe générale de contraste, etc.  avec bien sûr à la fin du "traitement", la mise à zéro de la chromaticité.

Ci-dessous deux graphiques qui montrent les différences de 2 des profils Noir et Blanc. Ces courbes de reproduction des tons (TRC) traduisent les caractéristiques d'entrée des profils... il suffit d'appliquer l'un ou l'autre profil pour voir les différences. Là encore tout est question de goût.

 

Profil ICC : NB-2

 

Profil ICC NB-4

           
Les profils ci-dessous sont obtenus par une combinaison: "contraste variable, luminance, chromaticité, teintes,  y compris chair".  

Profils perso

     
Portrait (vers 2) Portrait 30 janvier 07 contraste en "S", teintes "pastel" moins saturées que la normale Profil "doux" pouvant agir seul, ou ajouté à un autre "normal"   Si vous ajoutez 2 profils d'entrée attention à convertir après le premier vers l'espace en cours (AdobeRGB, Prophoto...)  
  (vers 7) Portrait_2 26 février 07 action multiple sur : contraste (en S), luminance, chromaticité, teinte(s),... A utiliser seul

Delta E (calcul) : 4,25 - écart type:2,62

     
               
Paysage (vers 1) Paysage 30 janvier 07 contraste en "S", saturation plus basse que la normale Profil "doux" pouvant agir seul, ou ajouté à un autre "normal"   Si vous ajoutez 2 profils d'entrée attention à convertir après le premier vers l'espace en cours (AdobeRGB, Prophoto...)  
  (vers 5) Paysage_2 23 février 07 Fort contraste, forte saturation, certaines teintes fortement "déplacées" Profil "très dur", à utiliser seul, pour les amateurs de photo saturées, contrastées...

Delta E (calcul) : 6,45 - écart type : 2,99

     
               
Les profils ci-dessous sont obtenus par une combinaison: "contraste variable, luminance, chromaticité, teintes,  y compris chair".

Ils combinent : a)l'équivalent  d'une courbe de contraste (chargée dans le boîtier), b)une variation des teintes (sur 10 paramètres... et non sur 3 ou 6) et du contraste sur ces teintes, c)une protection / adaptation des tons chairs, d)une action variable sur la "saturation" et e) un ajustement des luminances (gris, moyen, maxi, mini, chair...)

Profils perso "tendant vers"

Seules les tendances sont conservées... ce ne sont pas des fac-similés...

Perso-1 (vers 2) Perso_por 26 février 07 Donne un rendu portrait "tendant vers" celui des films K_Portra Mais est nettement différent: plus "large"....plus "lumineux"...ce n'est qu'une tendance, pour ceux qui aiment!   Delta E = 4,32  - écart type=2.27  
               
Perso-2 (vers 2) Perso_K6 26 février 07 Rendu "tendant vers" le Kodachrome64 Moins "lumineux" (vous pouvez en ajouter, il y a de la marge...) et contrasté que K64. Ce n'est qu'une tendance...   Delta E=5,84  - écart type=2,95 Profil avec écarts de teintes assez importants pour bleus et cyans (-0,2 à -0,3 rd)
  (vers 2) Perso K6sc 26 février 07 Comme Perso_K6, mais plus saturé et contrasté Delta E : 5,87 - écart type : 2,49      
               
Perso-3 (vers2) Perso_Pr 22 février 07 Rendu "tendant vers" celui des films Fuji Provia Meilleur rendu que (vers 1) dans les tons chair   Delta E: 4,78 - écart type : 2,43  

D'autres profils sont possibles

 

Légendes des profils :
Tableau des profils Identifiant du profil exemple caractéristiques
(version) Rendu - N° de type = profil de base "N°de type" "n" "jdc" "lcms" "N° d'ordre" ekta1n_jdc_lcms10.icc normal
(version) Rendu - N° de type -sat = profil moins saturé "N°de type" "s09" "jdc" "lcms" "N° d'ordre" ekta1s09_jdc_lcms10.icc saturation : 90%
(version) Rendu - N° de type +sat+co = profil plus saturé et plus contrasté "N°de type" "s11co11" "jdc" "lcms" "N° d'ordre" ekta1s11co11_jdc_lcms10.icc saturation : 110%, contraste: 110%

* jdc : indice de l'auteur ; lcms = élaboré avec Little CMS

 

 

Comparaison sommaire "Espaces - Profils d'entrée - conversion" (en cours )

J'ai tenu à comparer à la fois de manière subjective (l'impression que je peux avoir en regardant une image) et objective, en mesurant les écarts de couleurs (DeltaE) et la saturation RGB, les incidences de l'espace colorimétrique de travail, ainsi que celles des conversions vers ces espaces en partant d'un autre espace.

Pour cela j'ai utilisé (comparaison subjective) une photo de Jordanie, malheureusement le Web ne permet pas de voir les vrais résultats. Puis j'ai utilisé (comparaison objective) les outils que j'ai élaborés en me servant d'une voire deux ou trois mires dont une partie est à la limite du gamut AdobeRGB (mire DT003 de C.Metairie).

Que se passe-t-il lorsqu'on est en Prophoto ou en AdobeRGB... qu'on lit les données, quelles sont les valeurs Lab et RGB que devient la saturation ?

Que se passe-t-il lorsqu'on est en Prophoto ou en AdobeRGB... qu'on lit les données, les convertit dans un autre espace (Adobe, sRGB, Photogamut...) , que deviennent les valeurs Lab et RGB que devient la saturation ?

Toutes les comparaisons ont été faites, en utilisant Nikon Capture NX, plusieurs photos de la mire  (qui sert aussi à étalonner le boîtier) prises avec mon D200... et le mode de conversion au profil "perceptuel" (sauf la conversion PhotoGamutRGB faite en colorimétrie relative), ainsi bien sûr que LittleCMS.

Deux familles d'essais sont à faire :

  • Famille 1 : Photographie de la mire (dans les meilleures conditions possibles, c'est à dire celles de l'étalonnage du boîtier), application d'un profil d'entrée (input) pour accroître volontairement contraste et saturation et faire sortir au maximum du gamut AdobeRGB les données
  • Famille 2 (27 juin 07) : Utilisation d'une mire artificielle, construite à partir des valeurs XYZ et Lab  (mire DT003 de C.Metairie) et travail à partir de cette mire; ici le paramètre prise de vue n'intervient pas, je me "contente" de faire des calculs à partir d'un fichier de référence connu pour ses couleurs en limite de gamut AdobeRGB: je pars d'ici quelques jours en vacances et ainsi je ne ferai pas totalement le test complémentaire que j'avais prévu de faire... Ce test est nettement plus "simple"  que le précédent, un essai rapide confirme en première approche les résultats de "Famille 1",  mais ceci doit être conforté d'ici septembre 07. Néanmoins une première feuille de calcul est disponible

 

Comparaison visuelle subjective

J'ai comparé sur une même photo plusieurs scénarios :

  1. Espace "AdobeRGB" et profil "Ektachrome" généré pour l'espace "AdobeRGB"
  2. Espace "AdobeRGB" et profil "Ektachrome" généré pour l'espace "Prophoto"
  3. Espace "Prophoto" et profil "Ektachrome" généré pour l'espace "AdobeRGB"
  4. Espace "Prophoto" et profil "Ektachrome" généré pour l'espace "Prophoto"
  5. Espace "Prophoto" et profil "Ektachrome" généré pour l'espace "Prophoto" en augmentant contraste et saturation

A noter que le rendu "web" montre mal (même très mal) les différences, notamment vis-à-vis de l'espace Prophoto. En effet sur mon écran calibré les écarts entre la photo "Espace AdobeRGB - Profil AdobeRGB" et la photo "Espace Prophoto - Profil Prophoto" en les examinant soit sous Nikon Capture NX, soit avec la visionneuse Windows, ou AdobePhotoshop album, ou Gimp, etc. , sont certes marqués mais considérablement moins que sur le Web ou avec un navigateur (IE7 ou Firefox). De plus en examinant la photo N°5, identique à la N°4 mais où le profil a été généré en augmentant fortement la saturation et le contraste (ce que permet l'espace Prophoto), l'image Web... devient assez semblable... à la N°2...

La comparaison visuelle montre - au moins pour les profils élaborés avec Little CMS - que ces profils sont spécifiques à l'espace colorimétrique dans lequel ils ont été élaborés et deviennent ainsi appropriés à cet espace, un profil élaboré en se servant de l'espace Prophoto devient spécifique à Prophoto et doit servir pour cet espace; il en est de même pour les profils élaborés pour l'espace AdobeRGB. En est-il de même pour les profils élaborés avec ProfilMaker , c'est probable, mais nécessiterait une vérification?

Famille 1 : Photographie de la mire, application d'un profil "input" pour sortir au maximum du gamut AdobeRGB

Comparaison "objective" en fonction des deltaE94 (en admettant que les DeltaE94 traduisent correctement l'ensemble des écarts!) et de la saturation en RGB

Suite à cette comparaison visuelle, j'ai tenu à évaluer les écarts en termes de DeltaE94, en en profitant pour ajouter au moment de la "conversion" les espaces SRGB, AdobeRGB et Prophoto et en limitant cette comparaison aux profils élaborés dans un espace et utilisés dans ce même espace. La comparaison chiffrée est effectuée comme suit (voir processus), en ne prenant comme profils d'entrée que les "ektachrome" utilisés ci-dessus et en prenant en référence la même mire de référence (288 couleurs), qui est contestable mais contient des couleurs hors du gamut AdobeRGB.

Pourquoi utiliser un profil de type "Ektachrome" : j'aurais pu faire un autre choix, mais il m'a paru nécessaire d'utiliser plutôt que le fichier de la mire qui est neutre, un profil "marqué" qui apporte des variations importantes de contraste, saturation et teinte; d'ailleurs le préalable comparaison visuelle apporte des éléments complémentaires à cet argument.

Processus: 1) application des profils; 2) conversion au profil soit en SRGB, soit en AdobeRGB, soit en Prophoto, soit dans un cas en PhotoGamutRGB ; 3) mesure des résultats; 4) comparaisons.

Les comparaisons porteront en première étape sur les valeurs L*a*b*  afin de voir comment se comporte le processus, puis en seconde étape en examinant les valeurs RGB, notamment la saturation pour examiner ce qui se passe aux limites, lors de la conversion au profil (Prophoto, sRGB, AdobeRGB, PhotoGamutRGB)

Mais, avant de faire ces comparaisons, examinons l'incidence des scénarios 4) et 5) ci-dessus, par rapport au scénario 1) et uniquement sur les calculs en valeurs L*a*b*. Cette comparaison est théorique, mais sert de référence. L'écart scénario 1 / scénario 4 qui devrait être théoriquement nul tient à la méthodologie (pour le moins originale et différente de ce qui se fait habituellement...) que j'utilise, les écarts sont cependant faibles et imperceptibles à l'oeil. De plus j'ai tenu à indiquer l'incidence d'un profil de base (j'ai choisi arbitrairement Ektachrome Prophoto - scénario 4 - voir la remarque ci-dessus à propos de ce choix) sur la colorimétrie (dit autrement le rendu théorique du profil) en mesurant l'écart par rapport à la mire d'origine. Comme on peut le voir le profil "ektachrome" apporte d'assez fortes corrections et déplace de manière importante les valeurs Lab plus aux limites du gamut.

Tableau A):

 
  Scénario 4 / Scénario 5

écarts liés à contraste et saturation différents

Scénario 1 / Scénario 4

écarts entre profils "homologues"

Scénario 4 / valeurs mesurées de la mire

"rendu' du profil

DeltaE 94 (288 mesures)      
  • moyenne
3,68 1,21 6,72
  • écart type
2,26 0,64 3,02
  • DL / DC / DH
4,22 /0,90 / 0 0,85 / 0,52 / 0,93 3,98 / 3,72 / 4,96
  • selon les couleurs
écarts uniformes

 plus faibles sur les bleus ( DeltaE94 = environ 2)

écarts uniformes

plus élevés sur les bleus (DeltaE94 = environ 1,5)

Cyans : 5,2 - Verts : 8,2 - Jaunes : 8,9

Rouges: 6,6 - Magentas : 5,8 - Bleus: 5,8

 

Tableau B) : Comparaison des valeurs L*a*b* entre calcul et mesure pour un même espace de base (ici Prophoto), un même profil (Ekta pour Prophoto), 3 conversions au profil (Prophoto, AdobeRGB, sRGB) en final et une conversion au profil PhotoGamutRGB

Cette comparaison entre calcul et mesure après application du profil va permettre de voir les incidences des conversions au profil multiples; en clair : 1) la pertinence et la qualité (?) de la méthode que j'aie mise au point; 2) la qualité des profils "LittleCMS"; 3) la perte liée aux éventuels changements d'espace lors de la conversion au profil finale. Les valeurs L*a*b* "mesurées" proviennent de la mesure réelle des valeurs RGB transformées ensuite par calcul en Lab (valeurs vérifiées à la pipette sur quelques couleurs), sauf pour la conversion PhotogamutRGB (que j'ai fait "manuellement" - je ne referais pas cela tous les jours, mais ici cela valait le coup - pour les valeurs L*a*b* et en automatique pour les valeurs RGB) pour laquelle le calcul par matrice ne peut être fait (LUT) par mon approche.

Rappel : scénario 4 = travail dans l'espace Prophoto et application du profil "Ekta" élaboré pour espace Prophoto (tableau légèrement corrigé le 6 avril 07)

  Scénario 4  calcul/ 4 mesure - conversion au profil Prophoto Scénario 4 calcul / 4 mesure - conversion au profil AdobeRGB Scénario 4  calcul/ 4 mesure - Conversion au profil sRGB Scénario 4 calcul / 4 "mesure" - Conversion au profil PhotoGamutRGB
DeltaE 94 (288 mesures)        
  • moyenne
1,49 0,63 1,23 1,42
  • écart type
0,82 0,54 1,47 1,25
  • DL / DC / DH
0,76 /0,87 / 1,25 0,35 / 0,48 / 0,58 0,91 / 1,08 / 1,29 1,58 / 0,80 / 0,66
  • selon les couleurs
Cyans :1,51 - Verts :1,52 - Jaunes :1,31

Rouges : 1,42 - Magentas : 1,75 - Bleus : 1,45

Cyans : 0,67 - Verts: 0,45 - Jaunes :0,49

Rouges:0,49 - Magentas:0,78 - Bleus: 0,91

Cyans : 2,34 - Verts: 0,69 - Jaunes: 0,46

Rouges : 1,29 - Magentas: 1,02 - Bleus: 1,48

Cyans : 0,87 - Verts: 1,22 - Jaunes: 0,96

Rouges : 2,52 - Magentas : 1,53 - Bleus : 1,31

Première conclusion provisoire : aux erreurs de méthodologie près, on constate (au moins pour cet exemple) que l'ensemble du processus  application du profil / mesure RGB / transformation Lab / conversion (au profil) d'espace se fait sans (trop) de détérioration des valeurs L*a*b* et leurs corollaires (X, Y, Z) quand on part d'un espace très grand (Prophoto) vers un plus petit. Ces résultats sont du même ordre que ceux obtenus au chapitre "qualité des profils"

 

Tableau C): Comparaison des valeurs L*a*b* entre calcul et mesure pour un même espace de base (ici Adobe), un même profil (Ekta pour Adobe) et 3 conversions au profil (Prophoto, AdobeRGB, sRGB) en final et une conversion au profil PhotoGamutRGB.

Rappel : scénario 1 = travail dans l'espace AdobeRGB et application du profil "Ekta" élaboré pour espace AdobeRGB.

 

  Scénario 1  calcul/ 1 mesure - conversion au profil Prophoto Scénario 1 calcul / 1 mesure - conversion au profil AdobeRGB Scénario 1  calcul/ 1 mesure - Conversion au profil sRGB Scénario 1 calcul / 1 "mesure" - Conversion au profil PhotoGamut
DeltaE 94 (288 mesures)        
  • moyenne
0,57 1,36 0,95 1,38
  • écart type
0,53 0,69 1,36 1,28
  • DL / DC / DH
0,28 /0,42 / 0,59 0,57 / 0,85 / 1,12 0,80 / 1,01 / 1,05 1,56 / 0,73 / 0,77
  • selon les couleurs
Cyans : 0,61 - Verts : 0,53 - Jaunes : 0,39

Rouges : 0,46 - Magentas : 0,52 - Bleus : 0,82

Cyans : 1,59 - Verts:1,52 - Jaunes : 1,21

Rouges : 1,15 - Magentas:0,99 - Bleus : 1,45

Cyans : 1,77 - Verts: 1 - Jaunes :0,33

Rouges :0,92 - Magentas : 0,87 - Bleus : 0,78

Cyans : 0,85 - Verts : 0,8 - Jaunes : 1,73

Rouges : 1,91 - Magentas : 2,1 - Bleus : 1,25

Deuxième conclusion provisoire : aux erreurs de méthodologie près, on constate (au moins pour cet exemple) que l'ensemble du processus  application du profil / mesure RGB / transformation Lab / conversion d'espace se fait sans détérioration notable des valeurs L*a*b* et leurs corollaires (X, Y, Z).

 

Troisième conclusion provisoire : toujours aux erreurs de méthodologie près, même si la conversion au  profil AdobeRGB vers sRGB est bonne (pour les valeurs Lab), on peut utiliser l'espace le plus grand (ici Prophoto) associé au profil élaboré pour Prophoto, même pour convertir en final dans l'espace le plus petit (sRGB...); les écarts de deltaE certes croissent mais restent très raisonnables.

 

 Comparaison de la saturation en RGB

Toutes les valeurs de saturation sont exprimées en % donc comprises entre 0 et 100, la saturation est  donnée par S = (Max(R,G,B)-Min(R,G,B)) / Max(R,G,B)) qui est la formule utilisée par Photoshop (il existe des variantes). Du fait que j'ai pris en compte les possibles  valeurs négatives  de RGB la saturation peut dépasser 100 par calcul, ce qui se traduira par un mauvais rendu de couleur, applat,...

Cependant on constate visuellement une forte diminution de la saturation de l'image en passant de la transformation sRGB (la plus saturée), à AdobeRGB, jusqu'à Prophoto (la moins saturée). J'ai simulé cette transformation (en utilisant le scénario 4) [profil Ekta Prophoto, élaboré pour l'espace Prophoto] et par calcul en transformant les valeurs XYZ Lab (calcul) obtenues en 3 tableaux de valeurs RGB: 1) RGB / sRGB; 2) RGB / AdobeRGB; 3) RGB / Prophoto (à noter que les mesures à la pipette sur quelques couleurs confirment les résultats). De plus j'ai converti l'image scénario 4) dans l'espace PhotogamutRGB, cet espace n'étant pas géré de la même manière (LUT au lieu de matrice) je n'ai accès rapidement qu'aux valeurs RGB.

J'ai indiqué à titre informatif les valeurs RGB de la mire de base, aussi bien dans l'espace AdobeRGB que dans Prophoto

Dans le cas ici choisi on obtient les résultats suivants :

Tableau C)

Rappel : scénario 4 = travail dans l'espace Prophoto et application du profil "Ekta" élaboré pour espace Prophoto.

Saturations RGB en %

  0a- Mire originale 0s -Mire originale 0p- Mire originale 1- Scénario 4  calcul-

transformation Lab/RGB Prophoto

2- Scénario 4 calcul -

transformation Lab/RGB AdobeRGB

3- Scénario 4  calcul -

Transformation Lab/RGB sRGB

4- Scénario 4 mesure -

 Conversion au profil sRGB ( et transformation par calcul)

5 - Scénario 4 mesure-

Conversion au profil sRGB mesure

6- Scénario 4 mesure -

Conversion au profil PhotogamutRGB

Saturation RGB (288 mesures) en % (maxi 100) Saturation RGB Adobe Saturation RGB sRGB Saturation RGB ProPhoto saturation RGB - Prophoto saturation RGB - AdobeRGB saturation RGB - sRGB saturation RGB-sRGB saturation RGB sRGB saturation RGB - Photogamut
  • moyenne
50 58 43 42 (écart 1 / 3 : 22%) 49 (écart 2 / 3 : 11%) 55 54 58 52
  • écart type
29 35 24 25 30 33 33 33 27
  • maxi (et nombre de couleurs à saturation >= 100*)
100 (11) 100 (67) 88 89 100 (22) 100 (48) 100 (34) 100 (37) 96
  • mini
0 0 0 1

1

1 0 0 0
  • moyenne des valeurs RGB négatives (échelle / 255)
-25 -73 néant néant -27 -63 néant néant néant
  • maxi RGB** (théorie <=255)
  • moyenne RGB >=max
  • nombre >=max
 

239 / néant / 0

 

255 / 255/3 238 / néant /0 243/néant/0 249/néant/0 288 ?/269?/ 64 269 ?/ 265? /64 255 / néant /0

(mesure)

255/néant /0

(mesure)

(?) : probablement une erreur s'est glissée dans la formule sRGB.. qui est plus complexe que les autres, mais je ne la refais pas

 

Commentaires (afin de décrypter le contenu du tableau ci-dessus) :

  • les 3 premières colonnes "0a,0s,0p", correspondent à la traduction (transformation) RGB par calcul des valeurs Lab de la mire dans les 3 espaces AdobeRGB, sRGB, Prophoto
  • les 3 suivantes "1, 2, 3" correspondent après une mesure en RGB de la mire (en Prophoto avec profil Prophoto), passage en XYZ/Lab et  une transformation (pour ne pas utiliser le mot conversion car il ne s'agit pas ici de conversion au profil) par calcul dans les 3 espaces Prophoto, AdobeRGB, sRGB. Cette transformation est dans le gamut Prophoto, un peu au dehors mais acceptable en AdobeRGB et totalement "out" pour sRGB
  • la suivante "4" correspond à la mesure RGB de la mire (fichier converti au profil en sRGB - mode perceptuel) qui par définition se situe entre 0 et 255, transformation par calcul en Lab (confirmé à la pipette), puis transformation par calcul en sRGB... ce qui a l'air original, mais permet (?) de récupérer certaines valeurs hors mesure RGB et montre ainsi les "compressions RGB>255" que subissent les valeurs pour rentrer dans l'espace (ici sRGB)
  • la suivante "5" correspond strictement à la mesure RGB (et Lab) de la mire en conversion au profil en sRGB; l'écart 5 / 4 montre ce que le moteur de conversion fait pour faire rentrer les valeurs dans 0 - 255 ; l'écart 5 / 3 montre réellement ce qui a été perdu...
  • la colonne "6" n'est que mesure en automatique pour les valeurs RGB ,et à la pipette pour Lab, pour la conversion au profil PhotoGamutRGB; noter l'écart important avec l'ensemble des valeurs sRGB (je ne sais pas faire les calculs à partir des tables LUT, mais je pense que cela vaudrait le coup).. Cependant après divers essais en simulant par diverses manipulations et en prenant en compte les valeurs L*a*b* détaillées du tableau B) pour PhotoGamutRGB, il semble qu'en remplaçant la valeur Lab Prophoto, par la valeur Lab PhotoGamut, les valeurs RGB "modifiées" correspondent sensiblement aux valeurs RGB Photogamut. Ce qui revient à dire que le passage de l'espace Prophoto (ou AdobeRGB) à PhotoGamutRGB s'obtient par transformation (et un peu de perte) des valeurs Lab pour maintenir les valeurs RGB dans le gamut. Cette façon de faire élégante évite les saturations excessives, les valeurs négatives, etc. au détriment d'un accroissement (léger) des deltaE notamment sur les rouges  qui sont moins éclatant (on ne peut pas tout avoir!).
  • (*) : l'examen des valeurs "négatives" en RGB - possible lors du calcul théorique - permet de voir "l'excès de saturation due aux valeurs négatives" et donc la valeur de la compression forcée des données ou encore les couleurs hors gamut. A titre d'exemple dans la conversion sRGB, on atteint fréquemment des valeurs négatives de -90 à -100 ce qui correspond à une saturation de l'ordre de 160%...donc 60% de "perdu"...ou si on est optimiste des couleurs vraiment très saturées (mais plus du tout respectées). Le nombre et la valeur moyenne des valeurs négatives traduit l'excès de hors gamut pour ces valeurs.
  • (**): l'examen des valeurs RGB > max (255) - possible lors du calcul - traduit une partie des valeurs hors gamut et là encore ce qui est perdu...
  • à noter que par principe un système de mesure RGB (dont celui que j'utilise) ne peut donner que des valeurs comprises entre 0 et 255 et donc empêche de voir les valeurs hors gamut...

Complément dans la suite du fil sur le gamut des APN (septembre 2007)

Je n'ajoute aucun calcul ou mesure à mes essais précédents mais apporte, en les simplifiant, une synthèse sur le sujet du gamut de mon D200

  • tout d'abord, ma référence est la mire DT003 de C.Metairie, photographiée dans les conditions suivantes : D50, tout désactivé sur boîtier réglé en AdobeRGB, prise de photo en NEF : ceci à pour conséquence que les résultats sont au moins ceux des couleurs (en valeurs Lab) de la mire "interprétées" par le boîtier. Comme cette mire est proche de AdobeRGb, mais où certaines couleurs en sortent et ou d'autres sont à l'intérieur, il faut prendre les résultats avec "réserve" sachant que dans tous les cas le gamut du boîtier est supérieur à cette référence.
  • on peut voir sur le tableau ci-dessus (saturation RGB) :
    • en sRGB, 67 couleurs (sur 285) sont hors gamut : donc le gamut du boîtier est nettement supérieur à sRGB ;
    • en AdobeRGB, 11 couleurs (sur 285) sont hors gamut : donc pour certaines couleurs le gamut du boîtier est supérieur aux valeurs AdobeRGB de la mire
    • en Prophoto toutes les couleurs sont dans le gamut : donc le gamut du boîtier est inférieur à Prophoto.
    • je laisse à chacun interpréter les résultats, (notamment les valeurs négatives) mais on peut penser que si on fabriquait une mire spécifique (dans la mesure où on peut la fabriquer !) pour mesurer le gamut des APN (et non pour les étalonner), on devrait aboutir sans trop se tromper à un gamut supérieur à AdobeRGB

 

Tableau D)

J'ai refait les mêmes calculs (simplifiés) pour le scénario 1 (c'est à dire en partant de tout AdobeRGB - espace et profil) et en examinant les valeurs RGB ;  Prophoto, AdobeRGB et sRGB et PhotoGamutRGB

Rappel : scénario 1 = travail dans l'espace AdobeRGB et application du profil "Ekta" élaboré pour espace AdobeRGB.

Saturations RGB en %

  1- Scénario 1  calcul-

transformation Lab/RGB Prophoto

2- Scénario 1 calcul -

transformation Lab/RGB AdobeRGB

3- Scénario 1  calcul -

 Transformation Lab/RGB sRGB

4- Scénario 1 mesure -

Conversion au profil PhtoGamutRGB

Saturation RGB (288 mesures) en % (maxi 100) saturation RGB - Prophoto saturation RGB - AdobeRGB saturation RGB - sRGB  

saturation RGB- Photogamut

 

  • moyenne
37 (écart 1 / 3 : 31%) 48 (écart 2 / 3 : 11%) 54 52
  • écart type
22 29 32 27
  • maxi (et nombre de couleurs à saturation >= 100)
78 97 100 (43) 99
  • mini
1

0

0 0

 

Comment rétablir une sensation de saturation identique

L'ensemble des profils générés par cette méthodologie sont fondés sur des tableaux de calcul en valeur L*a*b* (ou LCH). On n'agit donc non pas sur la saturation RGB (ce qui serait très complexe dans ma méthodologie et de plus très limité en action), mais sur la valeur "C", chromaticité.

Dans l'exemple utilisé (ektachrome) le maximum de la valeur "C" est de 109 (valeur sensiblement identique pour les autres profils). On peut donc sans risque augmenter cette valeur jusque la limite théorique maximum de 180,9 (180,9 = 128*1,414)...sinon de voir les moteurs de conversion se trouver à leurs limites...J'ai élaboré ce profil, pour un usage quand même très spécifique et vérifié à nouveau (voir plus loin) la pertinence de la méthodologie et les qualités de Little CMS.

J'ai donc simulé plusieurs augmentations de la chromaticité et ceci pour les couleurs ternes, pastels et saturées pour arriver à une saturation RGB "équivalente" aux autres conversion (AdobeRGB, sRGB). On aboutit aux résultats suivants :

  • Pour conserver (scénario 4) une apparence semblable en passant de ProPhoto à sRGB ou PhotoGamutRGB, l'augmentation de chromaticité ressort à : couleurs ternes : 50%; couleurs pastel : 50%; couleurs saturées : 20%. A noter que la saturation maxi "Prophoto" ressort à 98,5...une fois cette manipulation faite.
  • Pour conserver une apparence semblable en passant de ProPhoto à AdobeRGB, l'augmentation de chromaticité ressort à : couleurs ternes : 30%; couleurs pastel : 30%; couleurs saturées : 20%

J'ai élaboré un profil spécifique Ektachrome avec les valeurs de chromaticité augmentées en valeur L*a*b* de 50% pour les teintes ternes et pastels et de 20% pour les teintes saturées. J'ai ensuite appliqué ce profil à la mire de base (en espace prophoto), puis converti au profil Prophoto. J'ai ensuite mesuré le résultat, en le comparant aux valeurs L*a*b* de références.

Résultats du profil avec chromaticité accrue de 50% par rapport à la référence Prophoto :

  • DeltaE94 moyen : 1,89; écart-type : 1,08; DL:0,75; DC: 1,08; DH:1,74
  • Moyenne saturation RGB Prophoto : 53% ; écart-type: 29%; maxi : 98%; mini :1%

Quatrième conclusion provisoire : Little CMS se marie très bien avec l'espace Prophoto, y compris aux limites du système. Le profil généré avec 50% de chromaticité en plus,  est correct... et fait ce qu'on lui demande...

Cinquième conclusion provisoire : il y a intérêt à utiliser l'espace Prophoto (en l'associant à une gestion Lab... qui n'est présente en termes de réglages que dans très peu de logiciels...), car il permet par son étendue une gestion des couleurs saine, sans risque d'aplats liés à un excédent de saturation. Cette manière de procéder est valable si on travaille et visualise à l'écran seulement.... car sauf précautions,  si on utilise par exemple le profil ICC avec une chromaticité accrue de 50% et qu'on opère ensuite une conversion par exemple vers sRGB le résultat sera particulièrement détonnant  avec une saturation résultante moyenne de 70% et 140 couleurs avec une saturation de 100%.

Sixième conclusion provisoire : il semble que la conversion au profil PhotoGamutRGB soit la plus performante même si c'est un compromis(après avoir traité la photo en espace Prophoto ou en AdobeRGB); en effet, les deltaE94 sur les valeurs L*a*b*  sont du même ordre de grandeur, légèrement plus élevés, qu'en conversion au profil AdobeRGB ou sRGB, mais avec une grande différence, la saturation moyenne RGB ressort de valeurs semblables à la conversion sRGB, mais où aucune couleur n'atteint 100 en saturation, (attention ces valeurs sont d'un côté obtenues par calcul et de l'autre pour PhotoGamut par mesure...)  donc les couleurs sont mieux rendues (ou devraient)  pour un tirage papier sans aplats. En synthèse, mais à vérifier par calcul (?), le passage de l'espace Prophoto (ou AdobeRGB) à PhotoGamutRGB s'obtient par transformation (et un peu de perte) des valeurs Lab pour maintenir les valeurs RGB dans le gamut. Cette façon de faire élégante évite les saturations excessives, les valeurs négatives, etc. au détriment d'un accroissement (léger) des deltaE notamment sur les rouges (on ne peut pas tout avoir!).

Synthèse provisoire

"L'idéal" serait, si les écrans avaient un gamut plus large de travailler en Prophoto lorsqu'on ne fait pas d'impression...

A ce jour, même si cela n'est pas parfait - notamment sur les rouges - la conversion finale Prophoto en PhotoGamut évite : a) le manque de saturation si on reste en Prophoto...; b)les saturations extrêmes, les valeurs RGB négatives ou supérieures à 255 lorsqu'on fait une conversion vers un espace plus petit; c) donne un rendu visuel (saturation) bon et meilleur que sRGB (en gros le gamut des écrans actuel)

Travailler aujourd'hui en Prophoto n'engage pas l'avenir. Lorsque des écrans de meilleure qualité sortiront avec un gamut plus important, il sera important de re-tester l'ensemble... et peut être d'ici là y aura-t-il d'autres espaces mieux adaptés...sachant que pour l'impression tout reste encore à améliorer notamment du fait de l'étroitesse des gamuts des terminaux d'impression.

 

Famille 2 : en cours - ..suite en 09/2007

(travail en cours...)

La feuille ici présentée (j'en possède de nombreuses variantes) présente à partir des valeurs Lab fournies avec la mire DT003 (C.Metairie) - il est possible de prendre n'importe quelles valeurs Lab - :

  • une transformation XYZ à partir du blanc de référence D50

  • une transformation xyY

  • puis pour chaque espace colorimétrique (AdobeRGB, Prophoto, sRGB) une éventuelle conversion d'illuminant (D50 vers D65), une transformation "rgb" avec le triplet matriciel adhoc, puis une transformation RGB avec le gamma adapté.

  • pour chacun des cas, il est extrait les saturations résultantes y compris > 100%, les valeurs négatives RGB, les valeurs RGB maximum

J'ai ensuite ajouté à titre de comparaison avec ouverture du fichier *.TIF dans l'espace PhotogamutRGB_av6c  qui n'a pas pu se faire par calcul, mais par mesure des 285 valeurs RGB (ce qui revient a priori sensiblement au même)

Je laisse chacun interpréter !

Feuille de calcul 2 Windows.xls

Pour cela, je me sers de la feuille de calcul précédente pour choisir quelques couleurs, en gros une douzaine sur les 285 qui permettront une représentation assez fidèle : a) des 4 espaces colorimétriques; b) de  l'efficacité des différentes intentions (perceptuelle, relative, saturation et absolue). J'ai donc choisi : 1 couleur hors AdobeRGB, 1 couleur en limite AdobeRGB, 2 couleurs ternes (qui seront dans tous les espaces), 2 couleurs pastels (qui devraient être dans tous les espaces), 1 couleur donnant en sRGB une forte valeur RGB négative, 1 couleur donnant en sRGB une valeur RGB supérieure à 255 et trois gris (un avec L < 16, un avec L > 90, un avec L proche de 50).

Tableau récapitulatif des couleurs choisies :

(les saturations supérieures à 100% sont obtenues par calcul, mais montrent l'incomplétude de certains espaces)

Lab Origine(L;a;b) Caractéristiques Prophoto RGB Pr. Satura% Adobe RGB Ad.Satur% sRGB RGB sR.satur% PhotoGamut RGB Ph.Satur%
      Calcul Calcul Calcul Calcul Calcul Calcul Lecture fichier TIF Calcul
A1 L:29,84  a:9,82 b: -68,22 Hors gamut Adobe R:53 G:54 B:153 65 R:-38 G:72 B:175 122 R:-56 G:70 B:179 131 R:27 G:81 B:210 87
Q1 L:24,15 a:23,26 b:-67,12 Limite gamut Adobe R:51 G:40 B:135 71 R:-2  G:53 B:158 101 R:-29 G:49 B:162 118 R:35 G:56 B:188 82
D11 L:81,38 a:17,57 b:4,88 Terne R:208 G:183 B:182 13 R:224 G:189 B:192 16 R:237 G:190 B:194 20 R:239 G:186 B:198 22
F2 L:14,12 a:3,66 b:-11,9 Terne R:28 G:26 B:38 30 R:39 G:39 B:55 29 R:34 G:35 B:53 35 R:39 G:32 B:57 43
E7 L:63,11 a:31,12 b:26,47 Pastel R:163 G:122 B:94 42 R:193 G:129 B:108 44 R:213 G:130 B:108 50 R:206 G:124 B:106 48
F10 L:84,54 a:-15,6 b:62,87 Pastel R:189 G:206 B:95 54 R:211 G:217 B:94 57 R:210 G:218 B:83 62 R:200 G:232 B:91 61
E11 L:54,85 a:-77,06 b:46,9 sRGB R=-90 (hors gamut sRGB) R:55 G:129 B:50 61 R:49 G:158 B:52 69 R:-90 G:159 B:34 156 R:67 G:232 B:46 80
H13 L:76,47 a:17,47 b:80,53 sRGB R=max R:195 G:166 B:54 72 R:226 G:174 B:35 84 R:243 G:175 G:-15 106 R:230 G:173 B:43 81
K8 L:15,55 a:0,11 b:-0,58 Gris R:29 G:29  B:30 2 R:43 G:43 B:44 2 R:39 G:39 B:40 2 R:40 G:40 B:42 4
J5 L:95,6 a:-1,36 b:2,79 Gris R:238 G:239 B:233 3 R:241 G:243 B:237 3 R:241 G:243 B:237 3 R:241 G:243 B:235 3
J10 L:43,73 a:-2,54 b:-0,96 Gris R:83 G:85 B:86 4 R:100 G:104 B:105 4 R:98 G:105 B:105 6 R:98 G:106 B:104 7
                     

Ce tableau est déjà intéressant par lui même en montrant pour des valeurs Lab, les différentes correspondances en Prophoto, Adobe, sRGB et Photogamut. Aucune conversion au profil n'a été faite, juste la transformation Lab et RGB.

On peut noter que seuls les deux espaces Prophoto et Photogamut permettent une lecture des valeurs Lab sans détérioration des valeurs RGB (valeurs négatives limitées de fait à zéro, mais de part la méthodologie utilisée pour PhotoGamut, c'est normal...)

 

Voici maintenant pour ces 11 "couleurs" l'incidence sur les valeurs Lab (ce qui correspond à une conversion au profil en perceptuel) - donc a priori sur le rendu des couleurs en admettant que Lab traduise correctement le rendu des couleurs)-  en (re)mettant notamment les valeurs négatives RGB à zéro

Lab Origine(L;a;b) Caractéristiques Prophoto Prophoto  Adobe RGB Adobe sRGB sRGB PhotoGamut PhotoGamut
      Mesure Lab DeltaE94 Mesure Lab DeltaE94 Mesure Lab DeltaE94 Mesure Lab DeltaE94
A1 L:29,84  a:9,82 b: -68,22 Hors gamut Adobe L:30  a:10 b: -68 0 L:31 a:14 b:-66 2,3 L:32 a:18 b:-64 4,6 L:30 a:10 b:-70 0,5
Q1 L:24,15 a:23,26 b:-67,12 Limite gamut Adobe L:24 a:23 b:-67 0 L:24 a:23 b:-67 0 L:25 a:25 b:-66 1,2 L:25 a:21 b:-70 1,6
D11 L:81,38 a:17,57 b:4,88 Terne L:81 a:18 b:5 0 L:82 a:18 b:5 0,5 L:82 a:18 b:5 0,5 L:81 a:18 b:5 0
F2 L:14,12 a:3,66 b:-11,9 Terne L:14 a:4 b:-12 0 L:14 a:4 b:-12 0 L:14 a:4 b:-12 0 L:14 a:4 b:-13 0,7
E7 L:63,11 a:31,12 b:26,47 Pastel L:63 a:31 b:26 0 L:63 a:31 b:26 0 L:63 a:31 b:26 0 L:63 a:31 b:26 0
F10 L:84,54 a:-15,6 b:62,87 Pastel L:85 a:-16 b:63 0 L:85 a:-16 b:63 0 L:85 a:-16 b:63 0 L:85 a:-16 b:63 0
E11 L:54,85 a:-77,06 b:46,9 sRGB R=-90 (hors gamut sRGB) L:55 a:-77 b:47 0 L:55 a:-77 b:47 0 L:57 a:-55 b:50 8,4 L:55 a:-78 b:48 0,3
H13 L:76,47 a:17,47 b:80,53 sRGB R=max L:76 a:77 b:81 0 L:76 a:17 b:81 0 L:76 a:17 b:79 0,4 L:77 a:17 b:82 0,6
K8 L:15,55 a:0,11 b:-0,58 Gris L:16 a:0 b:-1 0 L:16 a:0 b:-1 0 L:16 a:0 b:-1 0 L:16 a:0 b:-1 0
J5 L:95,6 a:-1,36 b:2,79 Gris L:96 a:-1 b:3 0 L:96 a:-1 b:3 0 L:96 a:-1 b:3 0 L:96 a:-1 b:3 0
J10 L:43,73 a:-2,54 b:-0,96 Gris L:44 a:-3 b:-1 0 L:44 a:-3 b:-1 0 L:44 a:-3 b:-1 0 L:44 a:-3 b:-1 0
      Moyenne 0 Moyenne 0,3 Moyenne 1,4 Moyenne 0,3

Synthèse de ce premier test et mes pratiques en photographie (17/11/2007) :

Photogamut est un très bon espace :

  • qui en deltaE94 donne de bons résultats, sensiblement identiques à celui de AdobeRGB98 et bien sûr inférieur à Prophoto qui lui est "parfait" (les dérives apparaissent sur certains bleus comme le ciel, ou rouges..)
  • qui donne une saturation :
    • supérieure évidemment à Prophoto,
    • supérieure à Adobe98,
    • du même ordre de grandeur que sRGB pour les valeurs pastel
    • supérieure à sRGB pour les valeurs ternes
    • qui ne dénature pas les valeurs très saturées comme le fait sRGB
  • qui accepte raisonnablement les valeurs aux limites du gamut Adobe98 : il faut mettre le paquet pour, dans la conversion Prophoto ==> PhotogamutRGB aboutir a un excès de saturation sous Photogamut (néanmoins cela arrive...)
  • dans certains cas, les résultats pourront être pour une couleur légèrement inférieurs à sRGB, mais globalement le gain pour les saturations est sans appael en faveur de PhotogamutRGB
  • En résumé PhotoGamutRGB est aujourd'hui (compromis dans l'état actuel des technologies d'écrans et d'imprimantes) un très bon complément à Prophoto dès lors qu'on veut imprimer  ou avoir un espace préparant à imprimer (espace qui semble optimal pour cela) ou mettre des images sur le Web

Bien sûr tous ces tests sont fonction des conditions et hypothèses que j'ai émises, notamment l'utilisation de la mire de C.Metairie; peut être (probablement ?) avec d'autres valeurs Lab les résultats pourraient être moins favorables ? Néanmoins ces valeurs correspondent sensiblement aux conditions maxi - en termes de couleurs - de mon D200.

A noter (vus les débats actuels sur certains forums) de la nécessité ou non du Raw face au JPG que :

  • si :

1) on dispose d'une scène à photographier possédant naturellement une amplitude de luminance L comprise entre 2 et 98 (pour ne pas utiliser 0 et 100) soit environ 7IL ,

2) si l'exposition par le boîtier est correcte (c'est quoi d'ailleurs ?)... ce qui revient pour 1) et 2) à ce que le diagramme est juste plein et équilibré (on peut en disserter à l'infini) , et

3) si les couleurs à photographier sont dans l'espace sRGB (comment le sait-on ?),

alors le traitement "industriel" JPG  (ou la conversion NEF ==> JPG) rendra sensiblement  le même résultat que le NEF

  • si un des points, notamment le 3) sort de l'espace sRGB (voir mes tests ci-dessus avec des valeurs RGB très fortement négatives [-90] ou supérieures à 255 [270]), alors le traitement en Raw (NEF) est quasi indispensable, en l'associant à un travail dans un espace large (Prophoto...) car sinon l'interpolation sur 256 nuances de plus de 256 + 90 + 15 soit environ 360 se traduira par des aplats ou autres dysfonctionnements.
  • tout ceci indépendamment des plus que peut (ou non) apporter un logiciel de traitement Raw tel Capture NX (qui est vraiment superbe en termes de qualité)
  • tout ceci indépendamment des points que ne contrôle pas mon ignorance...
  • ...

En photographie pratique, j'utilise après plusieurs tests comparatifs (dont celui-ci ci-dessus) :

  • travail en Raw (NEF fournis par mon D200 en AdobeRGB et traités avec Nikon Capture NX version actuelle 1.2) avec quasiment toutes les options désactivées ou mises au minimum (accentuation, saturation, bruit...), la BdB  du boîtier étant réglée sur "soleil 5200K".
  • "export" vers l'espace ProphotoRGB (certes certains le conteste... mais pourquoi alors un produit nouveau comme Lightroom travaille-t-il en espace Prophoto?)
  • correction éventuelle de la balance des blancs  pour une correction faible (+- 800K ou moins): (pour plus d'informations sur BdB) ou plus importante en prenant les précautions nécessaire (couches qui ne sortent pas du gamut, gris parfait...)
    • A noter que pour une majorité de logiciel la correction de la BdB doit être utilisée en connaissance de cause, en limitant à quelques centaines de degrés les corrections en évitant deux manipulations "habituelles" qui sont souvent destructrices - niveaux automatiques et point de contrôle neutre - en leur préférant "réglage de la température" ou (un peu moins fidèle) le point gris.
    •  Bien sûr ceci suppose de connaître l'ancien et le nouvel illuminant - ce qui ne va pas de soi... fait-on confiance  au boîtier, le fait-on au pif, utilise-t-on une mire ou une charte de gris - ; par exemple entre l'illuminant A (éclairage tungstène) et D50 on peut atteindre des deltaE de 1 à 3 entre la méthode spectrale (théoriquement quasi parfaite ??) et la méthode utilisée (qui est celle du constructeur!); à noter que naturellement les bleus et les rouges auront une perception différente selon l'illuminant.
    • On peut encore ajouter, voir mes essais que le capteur ne se comporte pas de la même manière à D50 et D75. Il n'y a pas besoin de savantes études pour se rendre compte que ce processus est entaché d'approximations... Donc moralité, l'idéal serait de prendre le cliché à la bonne température et avoir un capteur qui réagisse de manière identique selon la température ..cqfd...  De plus agir  a posteriori sur la BdB peut amener un accroissement du bruit. Il est à noter que ces écarts pour "importants" qu'ils soient, sont minimes par rapport notamment aux dérives des boîtiers qui ne sont pas étalonnés (deltaE de 5 ou 10) ou de paramètres qui donnent des rendus spécifiques (Velvia, Provia, Ekta,... et des DeltaE fantaisistes...),...mais là cela ne gêne personne!! (ce qui est assez paradoxal...).
    • Pour contourner ce problème j'utilise une méthodologie que l'on peut qualifier d'assez originale, pour les photos en lumière du jour (donc entre D40 et D75 environ) :
      • je cale le boîtier en "soleil 5200K" dans quasiment tous les cas (sauf quelques exceptions connues)
      • pour la majorité des prises de vues vers D50 pas de problèmes, je corrige la colorimétrie par deux profils d'étalonnage au choix (ces profils sont obtenus par mes soins en mode XYZ / Lab) :
        •  soit portrait avec contraste et saturation à zéro et la correction des deltaE est optimale (en gros ramenée de 4 ou 5 jusque  2)
        • soit un profil contrasté (courbe en S avec une pente maxi au centre de 15% et les parties début et fin en courbes paraboliques) et saturé de façon variable : +10 à 13% sur les teintes ternes et pastels et 15% pour les teintes saturées, avec bien sûr en amont la correction des deltaE
      • pour les prises de vue à l'ombre (vers 7000 - 7500K) ou en D41, j'ai pris une photo de la mire exposée à 7000K  (ou à 4100K pour D41) en réglant le boîtier sur 5200K ce qui évite de se poser des questions au moment de la prise de vue, puis j'utilise le profil ICC d'étalonnage (sans ajouter de contraste et de saturation) en modifiant avec Capture NX la balance des blancs pour la ramener à 7000K (ou 4100K). Ce profil fondé sur les valeurs Lab de la mire corrige à la fois la dérive du boîtier et celle des algorithmes de la BdB. Au moment de l'exploitation de la photo, et en amont de l'application du profil, je corrige la BdB pour la ramener elle aussi de 5200 à environ 7000K ou 4100K; pour cela soit je fais confiance empiriquement à la valeur de "l'ombre"... 7000 à 8000K, soit rarement parce que cela fait rigoler tout le monde j'utilise la "Refcard" de C.Metairie et utilise le point gris de Capture NX, soit le plus souvent je cherche un blanc repère sur la photo (par exemple le blanc de l'oeil de ma fille le jour de son mariage...la robe n'étant pas blanche, mais crème) en étant toutefois très prudent car on se fait facilemnt piéger par des faux blancs ou faux gris
      • En résumé j'utilise la BdB en travaillant sur la conversion de l'illuminant (D50 à D75; D50 à D41) en lumière du jour (car pour l'incandescent ou le fluorescent je fais confiance au réglage du boîtier..ce qui est peut être un tort!); cette manière de faire se trouve "confirmée" par les travaux S.Viggiano de http://www.acolyte-color.com/papers/EI_2004.pdf.
      • les résultats dans les deux cas sont bons....
      • Il est important de prendre en compte deux aspects essentiels et qui peuvent paraître de bon sens :

        • le gris (ou le blanc) qui doit (peut) servir à équilibrer la BdB doit être aussi pur que possible, c'est à dire des valeurs RGB très proches, ou pour parler en valeurs Lab, des composantes a et b proches de zéro. Dans ce sens j'ai chois la case I8 de la mire donnée en D50 pour L:31 a:-0,5 b:-0,4. Ce qui importe plus que le gris ou le blanc (autre débat..) ce sont les valeurs de a et de b les plus proches possible de zéro
        • utiliser un espace colorimétrique suffisamment grand pour que lors des éventuels réglage de la BdB, surtout pour des valeurs importantes, il n'y ait pas de valeurs RGB qui soit dépassent 255 ou deviennent négatives, nous avons vu que "naturellement" sRGB amenait des couleurs (pour une bonne exposition) dans ces conditions défavorables... alors que dire si on en ajoute...Lorsqu'on est supérieur à 255 ou inférieur à zéro, toute opération de multiplication de canaux n'a plus de sens. Donc encore un point en faveur des grands espaces

         

  • correction éventuelle de l'exposition (bonne exposition et/ou récupération des HL)
  • application d'un profil colorimétrique d'étalonnage du boîtier (mis au point par moi même) qui selon le cas :
    • portrait,... : corrige les couleurs en réduisant les deltaE, mais n'apporte pas de contraste ni de saturation supplémentaire
    • paysage, scènes générales,... : corrige les couleurs en réduisant les deltaE, mais apporte un contraste variable (courbe en S en valeurs Lab avec les extrémités paraboliques) de l'ordre de +15% au maximum, et une saturation variable, de l'ordre de +12% sur les teintes pastels et ternes et 15% ou moins sur les teintes saturées
  • vérification et éventuelle correction des points blancs et noirs
  • éditeur LST, essentiellement pour corriger la courbe "luminosité globale" et si je recherche des effets (photo par temps couvert, pluie, rattrapage de contre-jours, effets spéciaux,...) niveaux et courbes et niveaux automatiques en faisant très attention aux histogrammes car ces outils peuvent agir fortement sur les contrastes et saturations en "déplaçant" les couches
  • éventuels points de contrôle de couleurs (et contre points)
  • autres corrections éventuelles : D-lighting HQ, le plus souvent en sélection partielle, recadrage, etc.
  • application d'un "passe-haut" selon les principes définis par Michel-Lyon, ou si plus de 640ISO, application d'un "masque flou" (uniquement en luminance)
  • correction du bruit (en qualité supérieure)
  • puis en final conversion au profil en "PhotogamutRGB" (si Web ou impression, ou si le contraste et la saturation amenée par Photogamut le justifie). Cette conversion doit être examinée avec l'aide de l'histogramme et (éventuellement) amène à revenir en arrière sur les choix faits avec Prophoto (contraste, saturation, points noirs et blancs...), d'où d'éventuelle itérations
  • et éventuellement passage en JPG (si nécessité d'imprimer ou Web)
  • le Rex qui permet un apprentissage (je rappelle que tous mes essais, études,... servent avant tout pour moi à apprendre, comprendre et non à étaler ma science, qui est faible...) me conduit à revoir en continu mes pratiques - qui de plus sont perturbées par les bugs "agaçants" de NX notamment avec la gestion des couleurs [le bug le plus agaçant qui amène le plantage de NX et que j'ai signalé à Nikon : si on applique un profil et si derrière on ne convertit pas au profil de l'espace en cours...tout à l'air de se passer normalement, sauf que dès qu'on touche à une fonction LST, bruit,..les couleurs changent, les histogrammes déraillent ..et le rattrapage se traduit par un plantage - il serait bien que je retouche certaines de mes photos qui sont sur le Web...mais..il faut le faire...]. Maintenant lorsque je travaille, je fais tout le traitement sous Prophoto et convertit à la fin en Photogamut. Lorsque les itérations successives me conviennent, je décoche l'amélioration "Convertir au profil Photogamut" et sauvegarde le NEF, puis sauvegarde en JPG donc en Prophoto. Puis j'applique un traitement par lot; JPG Prophoto ==> JPG Photogamut...(ceci permet en plus de comparer ensuite à l'écran l'un à côté de l'autre, le même fichier avec 2 espaces différents). Cette manière de faire ménage l'avenir aussi bien en termes d'évolution des périphériques (écrans, imprimantes...) que des dématriceurs (NX,...), ou des espaces spécifiques (PhotogamutRGb, etc.)
  • chaque photo me prend entre 2 et 5 minutes (je demande quelquefois l'avis de mon épouse...) et je limite les batch (sinon pour des conversions en JPG...) au profit d'un traitement adapté à chaque photo.
  • Quelques précautions :
    • néanmoins l'utilisation de l'espace Prophoto (mais on peut dire pareil d'une certaine manière pour AdobE98 et aussi sRGB) nécessite des précautions. En effet vouloir dans cet espace avoir le même claquant qu'en sRGB est possible (tentant ?) mais dangereux. Car une fois cela fait, si on convertit dans un autre espace (vers Adobe98 ou sRGB), les contrastes et saturation imposés par Prophoto vont littéralement faire "exploser" les autres espaces (voir mes essais) et les photos converties risquent d'être pires que traitées en sRGB, avec des saturations excessives, des aplats, etc...(valeurs RGB > 255 ou négatives), donc voici ce que je fais :
      • dans "Préférence" /"Niveaux" : valeurs automatiques du contraste du blanc et du noir au minimum : 0,01%
      • toujours travailler avec une vue sur l'histogramme (celui de NX est remarquable, car il permet en plus de la séparation RGB de voir sur la photo les zones correspondantes à celles de l'histogramme)
      • n'utiliser "Niveaux auto" et "courbes - notamment contraste auto" qu'en examinant l'effet sur les histogrammes et/ou en les réservant aux effets à rechercher, mais pas pour rattraper des contrastes "normaux.." ou une BdB défaillante
      • privilégier l'éditeur LST à la fonction "courbes et niveaux" (sauf pour la recherche d'effets...) et encore plus à niveaux automatiques (qui peut faire des dégâts considérables). Lors de l'utilisation de LST faire attention aux valeurs extrêmes et ne pas trop chercher à "récupérer" par la fonction contraste automatique.. Corriger avec point blanc et point noir
      • éviter d'utiliser "Contraste" et "saturation" (du menu lumière et couleurs) qui sont des fonctions linéaires et qui agissent de manière identique pour les teintes ternes, pastels et saturées : préférer l'éditeur LST ou encore mieux mes profils ICC qui contiennent des courbes variables aussi bien pour le contraste que les saturations
      • utiliser quasiment chaque fois la fonction "double seuil" (points noirs et blancs") et ne pas hésiter à en mettre (mettre noirs et blancs à des valeurs plus grande qu'il est strictement nécessaire
      • utiliser les points de contrôle de couleur avec parcimonie; certes ils améliorent le rendu, les effets possibles (et je ne m'en prive pas, voir par exemple les photos prises en Asie Centrale au Kazakhstan ou la météo était plus que triste), mais on arrive très vite aux limites des espaces (même de Prophoto lorsqu'on y met le paquet)
      • vérifier avant de convertir au profil en final sur "l'épreuve écran" et/ou sur l'histogramme et ne pas hésiter à revenir en arrière.
      • en résumé travailler avec de la réserve sous le pied...
  • synthèse : au bout de toutes ces opérations ce qui compte c'est le résultat subjectif : cela plaît ou non... Il suffit pour s'en convaincre de faire examiner ses photos (écran ou papier) par un observateur neutre (qui souvent n'aura pas vu la scène, le paysage...)...Les résultats sont quelquefois surprenants : la photo trichée, où par exemple la commande "niveaux"  a été utilisée avec force, plaît beaucoup alors qu'on est très éloigné de la réalité. Il en va autrement pour les portraits ou scènes de la vie (mariage...), où là on recherche plus, soit la douceur, soit à marquer une façon de faire. Je pourrais résumer mes pratiques comme suit :
    • travailler en raw et en espace colorimétrique large, avec une BdB équilibrée pour les gris et en utilisant à bon escient des profils colorimétriques d'entrée (là où c'est nécessaire), les points noirs et blancs,...  : finalité avoir une image pour travailler qui soit le plus proche des réalités;
    • ensuite et ensuite seulement, intervenir pour "plaire" ou "se faire plaisir" sur les différents artifices qu'offre le numérique : retoucher  volontairement la BdB (plus chaud..), éditeur LST ou courbes, ou niveaux, points de contrôle de couleur , D-lighting, filtre passe-haut, dé bruitage, set Noir et Blanc, profil colorimétrique de type "Velvia".."Ekta",...etc.; ou encore pour imprimer de manière correcte en convertissant vers PhotoGamutRGB... en étant prudent lorsqu'on travaille en Prophoto (attention à ne pas vouloir sous cet espace obtenir des images qui claquent!)

Ce traitement me satisfait complètement (malgré certains bugs [très] agaçants de Capture NX et certaines lenteurs), les DeltaE sont préservés au mieux, les images sont bien saturées et sans excès, le rendu papier (quand j'en fais) est très satisfaisant.

Quelques histogrammes de comparaison "espaces" - "contrastes et saturations" : (maj 18 octobre 2007)

Ci-dessous quelques histogrammes de la mire DT003 dont certaines couleurs sont hors gamut sRGB et d'autres en limite de AdobeRGB. J'ai choisi de montrer :

  • l'influence de l'espace colorimétrique (Prophoto, AdobeRGb et sRGB et PhotoGamutRGB)
  • l'incidence du contraste et de la saturation, appliqués à l'image :
    • par un profil ICC "intelligent" (contrastes et saturations variables) qui en plus corrige les deltaE (certes beaucoup de personnes contestent...)
    • de manière linéaire par Capture NX : contraste =15%, saturation +10%
  • bien sûr il faut mettre des réserves : une mire même de qualité ne traduit que partiellement la réalité; les calculs, etc. etc. sont aussi entachés d'interprétations différentes selon les auteurs; etc.; etc. ; mais néanmoins les résultats même sont là... et on ne triture pas les images

    Commentaires :

    Premiers points généraux que l'on peut "voir" à l'examen de ces histogrammes:

  •  la réduction de la taille des espaces à "matrice" (Adobe, sRGB) déplace le diagramme des rouges vers les valeurs "zéro" (en réalité le calcul donne des valeurs négatives et même très fortement négatives : valeurs de R aux environ de -90). Ce qui veut dire pour les photos de M. Toutlemonde que ces couleurs qui existent bien sûr dans la nature ont leurs valeurs RGB "tronquées" ce qui se traduit par des saturations théoriques supérieures à 100, donc des aplats ou pire (?) des dérives de teintes...les bleus passant dans le cyan...tout cela rendu par nos (pauvres) écrans et nos (aussi pauvres... mais pas la même pauvreté) imprimantes
  • PhotoGamutRGB s'en sort très bien, mais, car il y a un mais, au détriment des DeltaE (on ne peut pas tout avoir). PhotogamutRGB améliore le rendu en saturation notamment pour les teintes pastels et les valeurs de luminance moyennes (en fait ce que l'on voit et que l'on imprime et qui fait partie des belles photos) au détriment des deltaE notamment de certains bleus et rouges (mais cela reste, pour moi, acceptable). A noter que pour des photos réelles et non la mire DT003, on peut dans certains cas arriver au constat inverse, cad que sRGB s'en sort mieux que PhotogamutRGB (cas rare, mais néanmoins qui existent par exemple le bleu "ciel" L:74 a:-9 b:-33 est mieux rendu en sRGB). Ceci m'incite à continuer comme je le fais même si cela peut paraître un peu lourd : conserver l'image en Prophoto (après avoir adapté contraste, saturation, etc. à PhotoGamutRGB par itérations successives), la sauvegarder pour Web et impression aujourd'hui en Photogamut, mais demain ??
  • l'application du profil ICC d'étalonnage (élaboration personnelle) qui applique de plus un contraste variable et une saturation variable, maintien les histogrammes dans les mêmes limites, mais bien sûr réduit les DeltaE et augmente le "claquant" (contraste et saturation de l'image) pour donner une belle image... Pour les "opposants" aux profils d'étalonnage, celui-ci même s'il n'apporterait pas grand chose en deltaE (? c'est ce que disent certains) apporte a minima un contrôle sur les contrastes et saturations et rien que cela est considérable...Cela ressemble à une courbe de contraste qu'on charge dans le boîtier, mais où on joue également sur les saturations.
  • l'application de contrastes (+15%) et saturations (+10%) "raisonnables" (sur une image dont l'histogramme est relativement plein), place les histogrammes de Prophoto proches des limites. Le passage en Adobe et a fortiori en sRGB amène des histogrammes supérieurs à ce qu'ils peuvent être, d'abord sur l'histo des rouges, puis sur celui des bleus
  • le travail en Prophoto, puis application du profil ICC "contraste et saturation", puis la conversion en PhotogamutRGB, donne des histogrammes pleins "sans débordement" et une qualité d'image différente de celle en Prophoto, avec quelques dérives de DeltaE, mais acceptables (pour moi). A noter que a priori Nikon se sert du moteur LCMS pour gérer sa colorimétrie.

Deuxième point : quelles sont les couleurs qui dérivent ?

  • soit j'examine les calculs...(voir les tableaux), soit je me sers de la fonction de Capture NX sur les histogrammes, en sélectionnant la zone proche des valeurs zéro...et que voit-on apparaître, alors que c'est l'histo rouge qui déborde pour l'essentiel : des bleus surtout, quelques jaunes...Ces bleus ont des valeurs Lab de l'ordre de L:20 à 30 a:10 b=-70 soit en RGB (Prophoto) aux environ de 50,50,150 et pour les jaunes de l'ordre de L:60 à 70 a: -10, b:60 soit des valeurs RGB aux environ de 120,140,50.
  • bien sûr ces couleurs sont fonction de celles de la mire (qui je le rappelle est une mire papier donc qui provient d'une imprimante) ? que se passerait-il pour d'autres couleurs si notamment les verts et les rouges sortaient eux aussi de l'épure ? l'histo ne donne pas de réponse et pour cause, mais les calculs disent qu'il se passerait la même chose
  • si maintenant on s'intéresse à ce qui déborde au-dessus de 255 qui sont sur les histo des rouges et (un peu) les verts, on obtient les couleurs rouges et vertes avec des valeurs Lab pour les rouges de l'ordre de L:40 à 50 a:60, b:50 ou en RGB (Prophoto) 140,60,40 et pour les verts L:50 à 60 a:-70 b:40 et en RGB 55,130,50
  • A titre d'exemples :
    • la couleur "bleue" L:55 a=-47 b=-27 ou RGB 72,125,156 en Prophoto devient en sRGB L:57 a=-28 b=-23 ou RGB 0,153,176 ce qui se traduit par un deltaE94 de 6...
    • la couleur "verte" L:25 a=-45 b=35 ou RGB 22,51,13 en Prophoto devient en sRGB L:26 a=-32 b=33 ou RGB 0,73,0 ce qui se traduit par un deltaE94 de 5
    • la couleur "bleue" L:15 a=30 b=-86 ou RGB 33,25,138 en Prophoto devient en sRGB L:21 a=39 b=-75 ou RGB 0,29,167 avec un deltaE94 de 6,5
    • Certes on rétorquera que l'écran ne passe que le sRGB..ce qui est vrai, mais même dans ces conditions cela se voit.

 

Il y a autant intérêt à s'intéresser aux parties basses des histogrammes (vers les valeurs RGB proches de zéro), qu'aux parties hautes (proches de 255) pour lesquelles les débats sur la dynamique sont nombreux ; les débats sur les espaces colorimétriques  semblent réservés à une "secte..." peut être parce que nos écrans actuels ne permettent pas de tout voir (comme une surexposition...). Pour les parties hautes se servir d'un espace plus grand permettra de mieux percevoir les rattrapages et leur nature . Néanmoins il y a beaucoup à faire aussi bien en traitement des photos que pour nos périphériques... et je reviens à cet exemple réel - pourquoi Adobe pour son dernier logiciel Lightroom a-t-il été choisir l'espace Prophoto (avec un gamma passé de 1,8 à 2,2) qui rappelons le a été créé par Kodak ? (cqfd!)

Mire DT003 - D50

RGB

R G B

Prophoto

AdobeRGB

sRGB

PhotoGamutRGB

Prophoto +

profil ICC

contraste (#15%) et saturation (#13%) variables

Prophoto

Saturation +10%

Contraste +15%

AdobeRGB

Saturation +10%

Contraste +15%

 

 

sRGB

Saturation +10%

Contraste +15%

 

Prophoto +

profil ICC contraste et saturation

+ PhotoGamutRGB

 

Chacun interprète selon ses convictions, ses besoins... et en déduit ce qui lui convient!

Quelques histogrammes issus de photos réelles : ils montrent qu'on ne peut déduire facilement le passage d'un histogramme sous Prophoto à un histogramme sous PhotogamutRGB

  Prophoto Conversion PhotogamutRGB

Photo N°1

Photo N°2

Photo N°3

Les deux premiers exemples  montrent dans le premier cas, un tassement vers la gauche de l'histogramme et dans le second vers la droite...Les "réglages" des valeurs en Prophoto ont été obtenu après itérations en PhotogamutRGB jusqu'à obtention d'un résultat satisfaisant. Ceci veut dire que les valeurs en Prophoto sont dans le gamut Prophoto et celles en Photogamut dans le gamut PhotogamutRGB... Donc pas d'excès de saturation, pas de valeurs RGB > 255 ou de valeurs RGB <0 ; les valeurs Lab sont identiques. Pour certaines photos ont obtient sans précautions un débordement des 2 côtés..

Le troisième exemple, montre qu'à partir d'un histogramme (peut être pas très bon) mais correct sous Prophoto, il y a de la marge à gauche et à droite, devient complètement "mauvais" en PhotogamutRGB..la seule opération effectuée est une conversion au profil Prophoto ==> PhotogamutRGB (perceptuel)...Donc attention aux histogrammes a priori "bons".. la conversion ne va pas toujours de soi. A gauche on arrive à de fortes valeurs négatives pour la couche bleue qui va se traduire par des aplats liés aux saturations et des écarts de DeltaE, à droite (ce qui est plus "classique") on a un dépassement au delà de 255 pour la couche rouge et bien sûr aussi des deltaE : il est indispensable de retoucher cette photo en amont de la conversion vers PhotogamutRGB.

 


 

 Représentation graphique des profils

Exemple de représentation du profil "Kodak Portra jdc" (traits pleins), comparé à "NikonAdobeRGB" (pointillés) - je me suis servi de la version d'évaluation de Gamutvision (N.Koren); ne pas tenir compte des facteurs "input" et "output" qui bien sûr sont à inverser.

                

et de celle de LCMS

Portra(vers 6) : Media white (XYZ): 89.84, 92.85, 78.03  --   Primaries: R:0.71, 0.29   G:0.26, 0.59   B:0.069, 0.0004    --  Estimated gamma: R:2.01, G:2.04 B:2.03

(Portra_sat (vers 7) : Media white (XYZ): 91.59, 94.65, 80.37 -- Primaries: R:0.69, 0.31   G:0.26, 0.57   B:0.12, 0.07  -- Estimated gamma: R:2.34, G:2.31 B:2.27)

 

 

Intérêt de l'étalonnage du boîtier (mise à jour 16/05/2008 - en cours)

A partir du 12 novembre 2007, j'ai apporté un complément suite aux essais faits sur la balance des blancs. Je mets volontairement ces 2 synthèses "avant novembre 2007" et "à partir de novembre 2007" qui montrent l'avancement de ma compréhension de la colorimétrie et du fonctionnement des boîtiers, car -rappel- je ne cherche pas à étaler ma science (qui est faible), mais à comprendre et faire partager l'avancement de ma démarche (REX)

 

Introduction

(dont incidence de l'objectif de prise de vue et de la sensibilité)

Peut-on étalonner sous Capture NX ?  (maj 10/12/2007)

Tableau étalonnage (maj 13/12/2007)

Incidence de l'éclairage de la scène (illuminant);

Incidence du boîtier et des diversités d'illuminants (dont un illuminant fluorescent)

Le profil ICC a-t-il une incidence sur la dynamique et l'inverse?

Que se passe-t-il pour des couleurs qui ne sont pas dans la charte (ici mire DT003) ? (maj 07/03/2008)

Quelle est l'incidence des options du profiler , des intentions (perceptuel, absolu) et des caractéristiques du boîtier et intérêt de Prophoto par rapport à AdobeRGB et sRGB? (10/01/2008)?

Peut-on intégrer les éléments psycho-visuels de la perception de la scène ?

Comparaison rapide avec "optimisation image NX1.3" et quelques clichés (maj 24/11/2007)

Application extrême d'un profil ICC généré pour un autre illuminant

Pourquoi cela marche (maj 25/03/2008)

Quelles sont les écarts entre deux boîtiers différents de même type (8 février 2008)

Synthèse générale

Caractéristiques des 3 profils optimisés pour NX (D50, D60..et D75BdB) (09/01/2008)

Processus de traitement (26 mars 2008)

Synthèse au 26 mars 2008

Une nouvelle mire (maj 16mai 2008)...en cours de mise à jour!

 

 

Introduction

Les paragraphes qui suivent n'expliquent pas comment étalonner un boîtier (le site de C.Metairie le fait très bien). Ces paragraphes montrent

En avant-propos, j'ai tenu à évaluer le comportement  du système face aux incidences d'autres paramètres : la nature et le type de l'objectif monté sur le boîtier et la sensibilité du boîtier.

De plus j'ai volontairement choisi, l'espace colorimétrique le plus grand (Prophoto), car certaines valeurs des couleurs des mires que j'utilise sont aux limites de l'espace AdobeRGB (valeurs RGB à zéro). Le boîtier étant réglé sur AdobeRGB et tous les paramètres à zéro ou au plus bas (contraste, saturation,...).

 

Étalonner oui ou non

Bien sûr certains peuvent dire qu'ils se passent depuis toujours du "calibrage du boîtier"  et que l'on fait avec, ou que cela ne sert qu'à la reproduction en studio et lumière contrôlée. Alors pourquoi étalonner l'écran, le scanner, l'imprimante ? Pourquoi comparer les logiciels entre eux et affirmer qu'un tel à un meilleur  rendu de couleur que l'autre (que les bleus sont mieux rendus, ou les rouges.. pour tel logiciel au lieu de tel autre...)? J'ai le sentiment que cet aspect de la photo numérique ressort de nombreux a priori, qui à l'origine se fondent sur un raisonnement juste, mais où les vrais résultats ne sont pas étayés par des mesures réelles ; j'ai un  peu l'impression, par ce que M.Machin (spécialiste es... même s'il est de grande renommée!) l'a dit, que tout le monde  le dit...(la rumeur)..rappelons nous les procès à propos de la terre qui tourne autour du soleil (Galilée) qui n'ont été amnistié qu'en 1992! ... alors que déjà Al-Bîrunî (973-1048) savant perse vivant dans l'actuel Ouzbékistan  émet l'hypothèse que la terre tourne sur son axe..

Mais qu'est-ce qui permet d'affirmer si oui ou non c'est utile ?

L'étalonnage du boîtier est à ne pas confondre, mais peut (doit) se conjuguer, avec une balance des blancs. Les paragraphes qui suivent donnent une première explication sur l'efficacité de l'étalonnage au delà de l'intérêt  subjectif en termes de rendus de photo (qui je le rappelle est très très bon -on a vraiment l'impression d'avoir d'autres photos.... voir aussi le comparatif DxO-NX), et une deuxième sur "est-ce utile autrement qu'en lumière contrôlée de laboratoire / studio ?" (y a -t-il des rats dans ces labos ??? puisque je me suis vu affublé de ce surnom gentil...), qui est l'argument développé par beaucoup. Car effectivement à quoi sert de corriger une dérive de boîtier, si la dérive de couleur de la scène photographiée, due à l'illuminant est supérieure à celle du boîtier qui lui même dérive...?

A lire les commentaires de certains acteurs (je ne me classe pas dans les spécialistes de la photo), une école domine... l'étalonnage (le calibrage en franglais) ne marche qu'en studio... et encore à condition de maîtriser l'éclairage. Effectivement en théorie, si on admet qu'une photo est faite sous un illuminant "X" (D50, D65, A, C, F, etc.), que cet illuminant est constant, l'étalonnage du boîtier dans ces conditions sera parfait (aux incertitudes près: a) des algorithmes du logiciel de création de profil, b) des mesures, ...) et imparfait dès qu'on en sort un peu... (Monsieur de La Palice n'aurait pas dit mieux),  alors que dire si ce sont des photos  prises en extérieur avec un éclairage qu'on ne contrôle pas.. ou peu.

La lecture de l'article de G.Volker (30/10/2007) me séduit beaucoup, car voilà un spécialiste (rappel je n'en suis pas un) qui entre dans le camp de l'étalonnage du boîtier en émettant certes des réserves, en gros les mêmes que moi dont la difficulté à prendre la photo de la mire, mais qui globalement apporte un avis positif.

 

Peut-on étalonner sous Capture NX ?  (maj 10/12/2007)

G.Volker dans son article "Calibrage et format Raw du 30/10/2007" émet une réserve "Certains autres interdisent l’accès aux profils (Canon DPP, Nikon Capture NX), rendant l’application d’un “vrai” profil personnalisé – basé sur l’étendue des couleurs d’un fichier brut dématriçé, mais non défini dans un espace de sortie – impossible…"...

Depuis que j'utilise Capture NX je me suis rendu compte que NX chargeait un profil ICC"maison" pour adapter NX au matériel; pour mon D200, ces profils ICC se trouvent dans les fichiers temporaires et sont du type NKx_D200_2_1455_00-xxxx.icm"...

Ce profil lorsqu'on l'examine est plus grand que AdobeRGB, mais quelle est son incidence ? J'ai pour cela testé ce profil sur UFraw (qui préconise d'utiliser les profils Nikon) et en gros le profil maison amène :

Couleur Valeurs Lab origine UFraw normal Ufraw profil Nikon D200 mode 2 Capture NX Capture NX profil "jdc" DeltaE94 (Capture NX profil jdc / Lab orig)
Bleu hors AdobeRGB 31 9 -69 30 21 -69 42 14 - 58 42 8 -60 30 5 -69 2
Rouge limite AdobeRGB 54 60 54 67 74 56 58 59 41 56 47 41 55 60 51 1,3
Vert limite AdobeRGB 59 -73 47 60 -93 46 56 -89 50 57 -63 45 59 -70 44 1
Blanc  / gris 95 -1 2 95 -2 6 88 -1 5 90 -2 3 95 - 1 3

0,7

Remarque : UFRAW est une des interfaces possibles de DCRAW (comme d'ailleurs ACR, Bibble...), Ufraw modifie très peu les paramètres de DCRAW. J'ai utilisé comme réglages de DCRAW :

  • interpolation de la matrice de Bayer : AHD
  • gamma : 0,46
  • linéarité : 0
  • utiliser la matrice de couleurs dans le mode normal et ne pas l'utiliser dans le mode "profil Nikon maison D200"

Mon point de vue:

Donc, certes ce serait peut être mieux si on pouvait désactiver le profil maison, on obtiendrait de fait un "vrai" profil personnalisé, mais les résultats sont là, et sont très bons... et je fais avec... car a priori au moins pour les couleurs proches de AdobeRGB on ne voit pas l'incidence néfaste du profil maison. Peut-être y aurait-il un gain ? ce n'est pas évident... mais ce gain, si gain il y a, ne toucherait que les couleurs qui se trouvent entre AdobeRGB et Prophoto. Peut être la critique importante (?) concerne le traitement des hautes lumières où le profil maison Nikon apporte une baisse de luminance (mais n'est-ce pas souvent ce que l'on recherche ?), mais qui est compensée par le profil ICC.

 

Complément avec Raw Therappee:

J'ai tenu à comparer les résultats avec un dématriceur "pur" qui n'ajoute pas de profil "maison" j'ai choisi Raw Therappe, appliqué le même processus d'élaboration, avec la même photo de la mire, même fichier...

Voici les résultats sommaires pour chaque profil ICC :

  DeltaE94 moyen Écart type Maximum
Nikon Capture NX (avec profil "maison") 1,04 0,58 3,7
Raw Therappe (perceptuel) 1,01 0,59 4,33

Donc au moins pour ces couleurs (les 288 de la mire), dont un paquet hors AdobeRGB, les écarts sont très faibles et les résultats semblables

 

 

 

Tableau "étalonnage" : efficacité de l'étalonnage (maj 13/12/2007)

Nota : tous les profils et calculs ont été élaborés dans l'espace Prophoto

Exemple de valeurs de DeltaE94 de la mire DT003 (C.Metairie) photographiée avec un Nikon D200 (illuminant D50) et "dématricée" par Nikon Capture NX (qui a pourtant "bonne réputation"), et de valeurs de DeltaE94 de la même mire après application d'une variante (adaptation par moi même  - notamment avec mon tableau de commande - et LittleCMS et une mire 288 couleurs)  d'un profil  ICC neutre de C.Metairie en espace Prophoto.

On fait un peu mieux en élaborant un profil "reproduction" spécifique NX... et en utilisant au moment de la conversion au profil Prophoto, le mode colorimétrie absolue (les autres intentions - relative, perceptuel, saturation - n'amènent pas de très bons résultats, car LittleCMS fait sortir quelques données de l'espace Prophoto !.

A noter qu'à ma connaissance seul Nikon Capture NX permet sur des fichiers NEF de modifier les valeurs "boîtiers" et "raw" comme au moment de la prise de vue, notamment l'exposition, la saturation, le contraste, la BdB (avec réserves) , c'est à dire sans artificiellement corriger  les valeurs... comme le font les autres dématriceurs.

On peut facilement remarquer  : a) les deltaE94 sont en baisse notable; b) l'écart sur les bleus est important - ce qui se voit immédiatement sur les ciels...(ce que certains reprochent à NX).

J'ai volontairement laissé deux décimales aux résultats des calculs (les feuilles Excel en donnent beaucoup plus), même si la somme des incertitudes (processus, mesure, conversion, etc.) est nettement supérieure à cet ordre de grandeur, par exemple la valeur 4,56 est probablement plus réellement de l'ordre de 4,3 à 4,7. Ce qui est important, au delà des détails numériques, des éventuelles erreurs, c'est l'ordre de grandeur des DeltaE94 qui sont sensiblement partout divisés par deux... trois, ou plus.

Mire DT003 prise avec un D200 en illuminant D50 (D46)

DeltaE 94

1.Mire DT003 - Capture NX (tout à zéro) - 288 couleurs et gris

2.Correction avec profil ICC - C.Metairie (non optimisé* NX)

 3.Correction avec profil ICC - Optimisé NX -(Prophoto et conversion "Perceptuel")

4. Correction Optimale NX (Prophoto et conversion  intention "Absolue")

Moyenne 4,24 2,21 1,04 1,10
Ecart-type 2,37 1,06 0,58 0,64
Maxi 12,38 (Bleu L=28,6 a=7,1 b=-68,8) 7,47 (Gris** L =17,1 a=-1,28 b=4,16) 3,67 (Gris L=15 a=-0,5 b=1,2) 4,39  (Gris 15 a=-0,5 b=1,2)
mini 0,95 0,31 0,06  
Delta L (Luminance) 3,72 1,73 0,79  
Delta C (chromaticité) 2,96 1,32 0,65  
Delta H (teinte) 1,63 1,13 0,62  
Cyans 4,96 2,17 1,16  
Verts 4,33 2,49 1,15  
Jaunes 3,52 1,96 0,82  
Rouges 3,87 1,62 0,93  
Magentas 3,97 2,46 1,01  
Bleus 6,27 2,14 0,84  

(*) non optimisé : ne veut pas dire que le travail de C.Metairie n'est pas bon, bien au contraire, mais ce profil est une adaptation d'un profil ICC qui n'a pas à l'origine été élaboré pour Capture NX.

(**) valeur sensiblement identique avant correction par le profil.

Ci-dessous deux images (ou malheureusement le format web fait disparaître beaucoup de nuances) :

Comparaison : référence et origine

Comparaison : référence et profil ICC

 

Examinons  la démarche en 8 paragraphes :  (rappel les objectifs de prise de vue - au moins pour ceux que je possède - n'ont que très peu d'incidence, ainsi que la sensibilité ISO)

Les paragraphes qui suivent montrent le raisonnement (et son évolution dans le temps) que j'ai mis en œuvre. Je reste modeste et donne ces éléments à titre d'information, chacun tirant les conclusions qu'il veut bien prendre. Pour ma part, ce dossier m'a permis : a) de comprendre comment (au moins en première approche) marche l'étalonnage ; b) en déduire des principes de prise de vue et d'utilisation des profils ICC.

A) incidence de l'éclairage de la scène (illuminant);

B) incidence du boîtier et des diversités d'illuminants (dont un illuminant fluorescent)

C) le profil ICC a-t-il une incidence sur la dynamique, et l'inverse ?

D) Que se passe-t-il pour des couleurs qui ne sont pas dans la charte (ici mire DT003) ?

E) Quelle est l'incidence des options du profiler, des intentions (perceptuel, absolu) et des caractéristiques du boîtier ? (14/12/2007)

F)Peut-on intégrer les éléments psycho-visuels de la perception de la scène ?

G) Comparaison rapide avec "optimisation image NX13"

H) application extrême d'un profil ICC généré pour un autre illuminant

I) synthèse générale

 

 

A) Incidence de l'éclairage de la scène (illuminant) :

Essayons d'aborder ce sujet sans a priori en 3 étapes:

I) Regardons d'abord l'aspect des illuminants ((origine :N.Pousset - http://poucet.club.fr)). Sur le graphique ci-dessous, en abscisse les longueurs d'ondes des couleurs visibles et en ordonnée la répartition spectrale de ces illuminants.

J'ai choisi 4 illuminants pour ne pas trop embrouiller l'illustration, les 2 plus courants en éclairage lumière du jour D50 et D65 (qui grosso modo correspondent à des températures moyennes de couleur de 5000K et 6500K) et "A" qui correspond à l'illuminant d'un corps noir à 2850K, plus F11 qui est un des 12 illuminants lampes fluorescentes.  A noter que ces illuminants ressortent d'une norme et sont rarement tels quels dans la nature, suivant l'heure, l'ensoleillement, etc. Dans la réalité, en lumière du jour, vous serez probablement dans un mixe de D50 et D65...(Il existe d'autres illuminants standards A, B, C, E, D50, D55, D65, D75,  et sources lumineuses "fluorescent" de F1 à F12, "tungstène", etc.)

Comme il fallait s'y attendre, mais là on le voit à l'aide de diagrammes, les illuminants "D50" et  "D65" sont assez proches  et le "A" très éloigné beaucoup plus marqué dans les rouges et faible dans les bleus (ce que dit le bon sens); quand au F11 rien à voir!

Comparatif D50 - D65 - D41

On peut constater facilement que les deux illuminants les plus classiques (et le D41 qui l'est moins) , ont un point commun à 560µm, mais que leur répartition est seulement grosso-modo linéaire. C'est à dire passer de l'un à l'autre par une simple loi linéaire ne traduit pas correctement la transformation.

Fréq

340

350

360

370

380

390

400

410

420

430

440

450

460

470

480

490

500

510

520

530

540

550

560

570

580

D50

17,92

20,98

23,91

25,89

24,45

29,83

49,25

56,45

59,97

57,76

74,77

87,19

90,56

91,32

95,07

91,93

95,70

96,59

97,11

102,09

100,75

102,31

100,00

97,74

98,92

D65

39,90

44,86

46,59

51,74

49,92

54,60

82,69

91,42

93,37

86,63

104,81

116,96

117,76

114,82

115,89

108,78

109,33

107,78

104,78

107,68

104,40

104,04

100,00

96,34

95,79

D41

17,02

17,35

18,88

20,24

14,39

17,48

28,52

35,75

39,87

39,50

53,74

65,88

70,86

74,03

79,31

79,63

85,68

88,27

90,95

97,40

97,92

100,88

100,00

98,84

101,46

Fréq

590

600

610

620

630

640

650

660

670

680

690

700

710

720

730

740

750

760

770

780

790

800

810

820

830

D50

93,51

97,71

99,29

99,07

95,75

98,90

95,71

98,24

103,06

99,19

87,43

91,66

92,94

76,89

86,56

92,63

78,27

57,72

82,97

78,31

79,59

73,44

63,95

70,81

74,48

D65

88,69

90,02

89,61

87,71

83,30

83,72

80,05

80,24

82,30

78,31

69,74

71,63

74,37

61,62

69,91

75,11

63,61

46,43

66,83

63,40

64,32

59,47

51,97

57,46

60,33

D41

99,39

106,87

110,94

112,56

110,47

117,55

115,54

121,34

129,52

126,32

109,90

117,40

116,21

96,05

107,39

114,56

96,63

71,92

103,21

96,97

98,75

90,96

78,99

87,53

92,25

Pour connaître les valeurs d'autres illuminants que les classiques D50, D65...j'utilise les formules fournies par B.Lindbloom (C)  :

Sd(lamda)=So(lamda) + M1S1(lamda)+M2S2(lamda)

avec :

M1=(-1,3515- 1,7703 xd + 5,9114 yd)/M

M2 = (0,03 - 31,4424 xd + 30,0717 yd)/M

M = 0,0241 + 0,2562 xd - 0,7341 yd

Xd et Yd étant deux variables fonctions inverse de la température de l'illuminant.

On peut aussi trouver ces calculs sur mon site.

 

Nota sur l'illuminant F11 : c'est un

 des douze illuminants normalisés pour lampes fluorescentes. J'ai tenu à tester les illuminants fluorescent en condition réelle, c'est à dire l'éclairage du salon de mon domicile réalisé avec des lampes fluorescentes basse consommation, car j'avais noté que les photos réalisées sans flash en intérieur le soir, étaient particulièrement fades...(pour ne pas dire dég....sses). Après plusieurs essais itératifs, sur les 12 illuminants, 3 étaient acceptables F2, F11 et F12 et c'est le F11 qui se rapproche le plus des conditions de prises de vue de la mire, sans pour cela être "parfait", donc les résultats pour l'illuminant F11 sont  pessimistes (ordre de grandeur des deltaE94 à diminuer empiriquement d'environ 1 ou 2 ou plus)... néanmoins lorsqu'on compare l'un à côté de l'autre l'écran (prise de vue sans correction) et la mire, l'écart est très important. Après correction avec le profil ICC, certes il y a encore des différences, mais il faut vraiment y regarder assez attentivement pour noter les écarts (surtout sur les verts).

Ci-dessous à titre d'information, la répartition spectrale des illuminants D50 et F11 (origine :N.Pousset - http://poucet.club.fr)

Fréq 340 350 360 370 380 390 400 410 420 430 440 450 460 470 480 490 500 510 520 530 540 550 560 570 580
D50 17,92 20,98 23,91 25,89 24,45 29,83 49,25 56,45 59,97 57,76 74,77 87,19 90,56 91,32 95,07 91,93 95,7 96,59 97,11 102,09 100,75 102,31 100 97,74 98,92
F11 0 0 0 0 0,91 0,46 1,29 1,59 2,46 4,49 12,13 7,19 6,72 5,46 5,66 14,96 4,72 1,47 0,89 1,18 39,59 32,61 2,83 1,67 11,28
Fréq 590 600 610 620 630 640 650 660 670 680 690 700 710 720 730 740 750 760 770 780 790 800 810 820 830
D50 93,51 97,71 99,29 99,07 95,75 98,9 95,71 98,24 103,06 99,19 87,43 91,66 92,94 76,89 86,56 92,63 78,27 57,72 82,97 78,31 79,59 73,44 63,95 70,81 74,48
F11 12,73 7,33 55,27 13,18 12,26 2,07 3,58 2,48 1,54 1,46 2 1,35 5,58 0,57 0,23 0,24 0,2 0,32 0,16 0,09 0 0 0 0 0

Cette répartition, montre l'importante différence entre ces deux types d'illuminants et donc la quasi impossibilité d'utiliser un profil ICC généré pour l'un sur l'autre.

 

II) Examinons maintenant l'incidence du changement d'illuminant pour un profil ICC moyen que j'ai créé (Portrait2  ... on peut en prendre un autre...). Ceci suppose: 1) le même boîtier; 2) le même logiciel de dématricage ! (ce qui peut sembler évident, mais il est bon de le rappeler).

Pour cela, dans les formules de conversion (RGB=>XYZ=>Lab) qui utilisent pour l'adaptation chromatique : a) la méthode de Bradford (je n'explicite pas ici les matrices "Bradford" pour ne pas alourdir, mais si quelqu'un le souhaite...) , et b) le point blanc... comparons les DeltaE94 sur 288 couleurs. Bien sûr on pourra me faire remarquer :

Méthode de Bradford ou calcul spectral

(**) plus on s'éloigne de l'illuminant de base plus la formule de Bradford présente des anomalies. Celles-ci sont faibles par exemple entre D50 et D55 et plus importantes entre D50 et D65...Si on examine les résultats avec les tables Excel "SpectralCalculator" de B.Lindbloom  (copyright) en partant des données spectrales on aboutit à de petits écarts pour les données D50 - D65 (les données spectrales sont obtenues à l'aide de ColorLab).

Exemple avec une valeur :

Valeur Origine D50 Valeur D65 par méthode de Bradford Valeur D65 à partir des valeurs spectrales DeltaE94 correspondant (D65)
L = 88,95 L=88,51 L=88,53 0,33
a= -13,71 a=-19,11 a=-19,96  
b= 88,38 b=89,46 b=90,09  

Sur 288 valeurs, les écarts entre obtenir les valeurs Lab D65 extrapolées par la méthode Bradford à partir de D50, et celles obtenus par déduction calcul spectro, sont : DeltaE94 : 1,02 ;  Écart -type : 0,55

Sur 288 valeurs, les écarts entre obtenir les valeurs Lab D55 extrapolées par la méthode Bradford à partir de D50, et celles obtenus par déduction calcul spectro, sont : DeltaE94 : 0,70 ;  Écart -type : 0,50

 

Néanmoins... au delà de ces récriminations prévisibles, les résultats "mathématiques des formules" sont là :

Tableau "comparaison illuminants" sur une mire 288 couleurs

Comparaison  D50 - D65 -Brad (288 couleurs)

Comparaison D50 - D55-Brad (288 couleurs)

Comparaison D55-D65 -Brad(288 couleurs)

Comparaison  A - D50 -Brad(288 couleurs)

DeltaE94 1,46 DeltaE94 0,57 DeltaE94 0,93 DeltaE94 3,65
Écart -type 1,39 Écart -type 0,62 Écart -type 0,97 Écart -type 2,78
Écart sur luminance 0,61 Écart sur luminance 0,37 Écart sur luminance 0,41 Écart sur luminance 1,61
Écart sur chromaticité 0,52 Écart sur chromaticité 0,20 Écart sur chromaticité 0,32 Écart sur chromaticité 1,45
Écart sur teinte 1,85 Écart sur teinte 0,74 Écart sur teinte 1,24 Écart sur teinte 4,03
Écart le plus important 7,4 (bleu* L=28 a=4 b=-62,7 ) Écart le plus important 4,68 (bleu* L=23 a=10 b=-65) Écart le plus important 5,6 (Bleu* L=28 a=7 b=-62) Écart le plus important 13,20 (bleu* L=18,3 a =20,7 b=-65)
Couleurs Cyan:1,38 - Vert:0,84 - Jaune:1,86 - Rouge:1,07 - Magenta:0,79 - Bleu:3,16 Couleurs Cyan:0,57 - Vert:0,41 - Jaune:0,74 - Rouge:0,38 - Magenta:0,37 - Bleu:1,07 Couleurs Cyan:0,85 - Vert:0,54 - Jaune:1,17 - Rouge:0,7 - Magenta: 0,44 - Bleus:2,17 Couleurs Cyan:2,3 - Vert:2,86 - Jaune:6,00 Rouge:2,52 - Magenta:2,72 - Bleu:6,07
    Comparaison D50 -D55 (calcul spectral - 288 couleurs)     Comparaison A (spectral) - D50 (288 couleurs)
    DeltaE94 0,65     DeltaE94 3,98
    Écart -type 0,30     Écart -type 1,92
    Couleurs Cyan:0,62 - Vert:0,63 - Jaune:0,7 - Rouge:0,62 - Magenta: 0,78 - Bleu:0,7     Couleurs Cyan:3,7 - Vert : 4,08 - Jaune:3,09 - Rouge:3,44 - Magenta: 5,71 - Bleu:3,74

(*) couleurs hors gamut AdobeRGB


Synthèse provisoire (avant novembre 2007) et nouvelle synthèse (novembre 2007)

Je mets volontairement ces 2 synthèses qui montrent l'avancement de ma compréhension de la colorimétrie et du fonctionnement des boîtiers, car -rappel- je ne cherche pas à étaler ma science (qui est faible), mais à comprendre et faire partager l'avancement de ma démarche (REX)

Avant novembre 2007

A partir de novembre 2007

Les travaux faits sur la balance des blancs, notamment le "décryptage" de DCRAW m'ont permis de voir que le boîtier devait certes avoir une dérive rattrapable par un profil ICC d'étalonnage, dérive de l'ordre de 4 à 6 DeltaE94, mais que cette dérive venait en complément d'un système où le boîtier (pour chaque type et chaque marque), possède des caractéristiques logicielles qui lui permet de prendre en compte avec une quasi exactitude les différents illuminants que ce soit l'incandescent, le lumière du jour à 4100K, à 5500K ou à 9000K, etc. Le constructeur (Nikon, Canon, Fuji, etc.) doit (je le pense) envoyer une série de lumière spectrales correspondants aux rouges, verts et bleus dont la répartition est celle de l'illuminant en cause et mesurer la réponse du boîtier... Ceci amène pour chaque température 2500K... 3000K, soleil, ombre, incandescent, 8000K à appliquer à une matrice caractéristique de ce boîtier une série de coefficient multiplicateurs de canaux. Donc les écarts, si écarts il y a proviennent des différences entre les caractéristiques des illuminants choisis par le constructeur et les illuminants types (D50, D65, A,...) donc des différences très faibles.

Ceci revient à dire qu'il n'y a pas ou peu - sinon la différence entre le boîtier à étalonner et la moyenne de la série - que la dérive du boîtier dus aux illuminants n'existe pas


 

B) Incidence du boîtier sous divers illuminants

Avant novembre 2007

Cependant, ceci suppose que la réponse du boîtier soit holomorphe vis-à-vis des règles des illuminants; dit autrement ceci suppose que l'écart entre la réponse du boîtier en illuminant D50 (avec photographie de la mire en D50), et la réponse du boîtier en illuminant D70 (avec photographie en D70) et la réponse théorique en extrapolant le D50 en D70  (formule spectrale) soit sensiblement identique. Certains pourront dire que j'enc..le les mouches, mais je rappelle que mes travaux sont avant tout un défi, pour comprendre.

1) Dérive du boîtier lors de prises de vues sous différents illuminants

Des essais que j'ai pu faire, qui bien sûr sont limités à (ou par) :

En comparant :

On aboutit à un écart qui doit traduire (aux réserves près ci-dessus), l'écart de comportement du boîtier par rapport à une réponse "exacte" en fonction de la variation des lois des illuminants.

2) Toutes les valeurs de la photo de la mire sont à l'intérieur de l'espace AdobeRGB, alors que la mire possède quelques  couleurs (une dizaine) en limite de AdobeRGB; par contre la photo de la mire n'est pas à l'intérieur de sRGB, plusieurs couleurs sortent...

Synthèse provisoire

Il semble que le boîtier (ici le D200) amène une dérive des couleurs sensiblement constante (par rapport à la référence) entre 4500 et 6000, puis cette dérive augmente pour atteindre des valeurs encore élevées vers D70... qu'en serait-il à D80??. Ainsi les DeltaE94 obtenus (voir tableau étalonnage) par le boîtier sans correction, vers D50 se situent vers : moyenne 4,5 ; écart-type 2, maximum 12 et aboutissent à D70 à : moyenne 6,4 ; écart-type 3,3, maximum 20 et à D60 (j'ai refait les essais car j'avais des doutes...) : moyenne 5,15; écart type 2,37; maximum 13,5. A noter qu'une fois le profil appliqué la réduction des deltaE94 est toujours d'environ 50% et les DeltaE94  "D70 avec profil" deviennent : moyenne 3,4 ; écart -type 2 ; maximum 10...et celles"D60" vers 1,6.

Moralité, avec un D200 (en fonction des réserves ci-dessus) soit il faut éviter l'ombre ou les ciels nuageux (dès D60), soit admettre (ou rechercher) des dérives de couleurs assez  importantes, soit appliquer un profil pour limiter les dérives... (ces remarques sont elles vraies pour d'autres boîtiers ?..probablement, mais à vérifier!)

Synthèse des "dérives" des couleurs à D50, D60, D70 et à F11 :

Remarques sur la prise de vue au flash (D54) : Je n'ai pu faire d'essais sérieux au flash, car je n'en dispose que d'un. Avec un seul flash, il ne m'a pas été possible de réaliser une prise de vue correcte de la mire, soit il y a des reflets et c'est inutilisable, soit (ce que j'ai fait) j'ai pris la mire avec un peu de biais; il n'y a plus de reflets, mais l'exposition de la mire s'en trouve modifiée avec une partie surexposée et l'autre sous exposée. Ceci m' a amené à ne faire que des évaluations plus sommaires en ne mesurant qu'une vingtaine de couleurs de la mire par mesure des deltaE94. On peut dire (pour la partie centrale de la mire correctement exposée) que les résultats sont semblables - quasi identiques - à la prise de vue en D50, et l'application du profil ICC pour D50 convient très bien (les deltaE94 sur la partie correctement exposée et corrigée par le profil sont de l'ordre de 2,5). De plus l'aspect visuel subjectif de la mire corrigée (à l'exposition près) est très bon.

En italique les données provisoires que j'ai réévalué- 1er mai 2007, (voir la remarque (2) ci-dessous), le processus étant faussé par un bug (a priori mineur en usage normal) de Nikon Capture NX (pertinence des mesures Lab).

 Je tiens à laisser une trace du raisonnement, car cet exemple montre bien la difficulté à évaluer l'intérêt de l'étalonnage notamment les problèmes de méthode....

DeltaE94 Prise de vue en D50 Prise de vue(1) (2)(3)en D60 Prise de vue en D70 Prise de vue en F11
Uniformité* éclairage mire

excellente (écart L < 1)

bonne** (écarts L < 3)

moyenne** (écarts L < 7)

assez bonne** (écarts L < 6)

moyenne 4,44 5,15 [7,82 (8,4)] 6,87 8,25
écart type 2,09 2,37 [2,93 (3,39)] 3,18 4,16
maximum 11,86 13,5 [16,4 (17,49)] 17,82 22,66

Moyenne après application profil adapté à l'illuminant

2,2

(profil optimisé NX et colorimétrie absolue:

  • moyenne 1,23
  • écart type : 1,18
  • maxi : 7,99)
2,5 (2,6)

(profil optimisé NX et colorimétrie absolue :

  • moyenne : 1,72
  • écart type : 0,89
  • maxi : 4,68)
3,4

(profil non optimisé)

5,11

(profil non optimisé)

(écart type:2,3 max: 12,5)

(1) Deux clichés de la mire ont été pris à quelques semaines d'intervalles car j'avais des doutes sur le résultat.

(2) Ayant toujours des doutes (1er mai 2007), notamment de l'effet de seuil du capteur, j'ai réexaminé l'ensemble du processus à partir de la base: 1) prise de vue en NEF; 2) examen sous Nikon Capture NX des valeurs Lab des cases J10, L10 pour évaluer l'exposition; 3) conversion en TIF par Capture NX; 4) évaluation RGB des valeurs de la mire et conversion en valeurs Lab. Il apparaît que sur les 2 clichés pris à 6000K , les valeurs Lab affichées par Capture NX soient fantaisistes et erronées... après vérification les autres valeurs notamment le processus  D50 est bon.

(3) mesure faite le 2 mai 2007, les écarts de DeltaE94 se rapprochent nettement de ceux en D50, les valeurs en écriture droite : moyenne 5,15; écart type 2,37 et maxi 13,5 correspondent aux valeurs mesurées à cette date et le profil ICC créé amène après correction un DeltaE94 de 1,57

(*) exprimée en écart de luminance sur les pourtours noirs de la mire. L'incidence est plus sur la qualité du profil résultant que sur les mesures ci-dessus (en rétablissant artificiellement la luminance en D70, les deltaE94 baissent de 0,3 environ). Les profils "optimisés" tiennent compte, entre autres, de cette correction de luminance L, avec bien sûr re-calcul des valeurs XYZ.

(**) devient excellente après correction des luminances (écart L <1)

Deuxième et troisième exemple de dérives à D60 et F11

Ci-dessous, à gauche la référence en valeurs Lab (recalculées pour D60 - calcul spectral) et à droite la prise de vue originale en D60....les valeurs une fois la correction par profil faite sont semblables à l'image en D50 au-dessus (DeltaE94 aux environs de 1,7 pour un profil optimisé NX).   Ci-dessous, à gauche la prise de vue originale en valeurs Lab (recalculées pour F11 - calcul spectral) et à droite la prise de vue originale en F11... Après correction avec profil ICC adapté F11 les deltaE94 sont ramenés (moyenne) à 5,11. Noter que F11 est le moins "mauvais" illuminant...
 

 

Un effet de seuil ?

Ci-dessous à titre d'illustration, la comparaison de deux prises de vues de la mire (sans correction), prises à D50 (ramené aux valeurs D60 par adaptation chromatique) et D60. Les écarts sont assez faibles, mais néanmoins significatifs. Cette comparaison de deux "originaux" de la mire montrent les variations du boîtier et de son électronique, mais aussi peut être celle du dématriceur, ou encore d'autres paramètres

Cette "dérive" concerne l'ensemble des couleurs : ==> bleus:3,42, magentas:1,72, jaunes:1,52, rouges:2, verts:2,3, cyans:2,3

La "dérive" par type est : Luminance :1,48 ; Chromaticité:0,96 ; Teinte: 1,84

Cette dérive "s'ajoute" (certainement pas arithmétiquement) à celle de l'illuminant

A partir de novembre 2007

Il semble - hypothèse toutefois à vérifier - que les écarts que j'obtiens pour D50, D60 et D70 - qui sont relativement faibles soient dus non pas aux dérives du boîtier (autre qu'une dérive entre mon boîtier et la moyenne de la série), pas plus qu'aux dérives d'illuminants du fait de la méthode que j'utilise qui est mathématiquement exacte (conversion d'illuminant et non méthode de Bradford qui elle amène un écart), mais simplement à la somme des erreurs et approximations lors de la prise de vues des mires sous divers illuminants qui je le rappelle n'est pas évidente. Comme la meilleure prise de vue au sens critères nécessaires pour obtenir une bonne exposition de la mire cad (écarts entre les bords, reflets, BdB, etc.) et la D50, c'est donc celle-ci qui me servira de référence dorénavant.

De plus l'examen des profils (points blancs, forme...) montrent qu'ils sont quasi similaires...


 

C) le profil ICC a-t-il une incidence sur la dynamique ?
Une citation de Bruce Fraser à propos de l'étalonnage du boîtier (extraite du forum CI en septembre 2007) utilise les termes suivants "le verrouillage de la réponse du périphérique
est inutile; il faut en effet absolument que l'appareil puisse réagir différemment à des scènes  différentes afin qu'il puisse s'accommoder de conditions d'éclairage qui  varient tant au niveau de la plage dynamique que de la température de couleur"., m'amène les remarques suivantes (en les limitant à mon D200) :

Maintenant reprenons les points évoqués :

C1) et l'inverse la dynamique, notamment son insuffisance a-t-elle une incidence sur la photo et quelle est l'incidence du profil ICC ?


 

D) que se passe-t-il pour des couleurs qui ne sont pas dans la charte (ici DT003)? - (maj 27/12/2007, puis 10/01/2008, puis 7/03/2008)

Il est évidemment difficile de répondre à cette question, car on ne peut qu'extrapoler ...

Néanmoins j'ai tenu à faire plusieurs essais, en ajoutant artificiellement des couleurs sur les bords du fichier TIF qui provient du cliché de la mire (cas D50 pour simplifier), puis en appliquant un profil ICC d'étalonnage. J'ai choisi le profil "repro" qui sert notamment aux portraits pour ne pas apporter de corrections supplémentaires, plus on le verra un essai avec le profil contrasté et saturé. Pour cela je compare la variation de couleur en mode Lab (valeurs L, valeurs a, valeurs b) des couleurs ajoutées avant et après application du profil, aux variations réelles des couleurs de la mire photographiée avant et après  application du profil

1) pour les couleurs qui sont à l'intérieur de sRGB et qui sont entre les couleurs de la mire (un rouge entre 2 rouges, un vert entre 2 verts,etc. ...) les variations de L, de a et de b sont similaires, notamment toutes les teintes "chair" qui sont d'ailleurs nombreuses sur la mire DT003

2) pour les couleurs qui sont à l'intérieur de AdobeRGB et à l'intérieur du profil et là encore pour des rouges, des verts,etc. ...les variations de L, de a et de b sont similaires, avec des amplitudes un peu plus grandes aux limites du profil

3) pour les couleurs qui sont à l'extérieur de AdobeRGB et/ou à l'extérieur du profil :

  • j'ai notamment testé un rouge L:50 a:100 b:50, le système après application du profil ramène les valeurs à l'extérieur de AdobeRGB (L:49 a:86 b:61) mais sur le profil;
  • également un vert L:75 a:-100 b:100, le système après application du profil ramène les valeurs à l'intérieur de AdobeRGB (L:80 a:-83 b:67) mais sur le profil
  • j'ai aussi fait un essai avec le profil "general" contrasté et saturé (qui est plus large que le profil "repro") dans ce cas les valeurs Lab pour le vert passent à L:84 a: -95 b:77 valeurs intermédiaires entre la couleur origine et celle obtenue avec le profil "repro" et le rouge  devient L:50 a:97 b:70; deux couleurs hors AdobeRGB (aux limites de NikonWide...), mais qui restent globalement assez proches. Donc le profil intervient encore sur ces couleurs, hautement improbables dans la nature et encore plus sur les écrans et imprimante

ce cas est le plus difficile à interpréter, car on ne sait pas ce qu'aurait fait le boîtier, ces couleurs étant extrêmement sorties de AdobeRGB...(aux limites de NikonWide). Néanmoins : a) la couleur n'est pas perdue; b) la dérive reste acceptable....et relativement logique et prévisible. De toute façon ces couleurs ne sont ni visibles en écran, ni a fortiori imprimables....

Bien sûr on me rétorquera que mes essais sont simplistes, qu'ils ne tiennent pas la route, etc., etc. Néanmoins... que c'est bien d'utiliser ces profils - pourquoi s'en priver sous prétexte que M.X et M.Y disent que cela ne marche pas!!!

Maj 3/12/2007

Récemment j'ai eu l'occasion d'élaborer un autre profil ICC  pour un autre boîtier (de marque concurrente) et de le tester sur une photo (sous Prophoto) où un rouge avait comme valeur L72 a72 b40 soit une couleur totalement hors sRGB et hors AdobeRGB (et très nettement) - ce rouge traduit en sRGB donnerait comme valeur R300 G107 et B109 et en Prophoto R230 G125 B97. Cette couleur n'est pas dans la mire.

Donc :

Après application du profil "repro"  et conversion, les valeurs sont devenuesL68 a86 b41 soit en sRGB R305 G65 B99 et R230 G103 B85 en Prophoto, le profil a fait une transformation "homothétique" de couleurs assez voisines (d'autres rouges), et peut probablement être considérée comme assez fidèle (bien sûr c'e n'est qu'une hypothèse).

Pour l'anecdote, cette couleur était tellement marquée (R300 en sRGB) que le moniteur saturait... et donnait l'impression d'un défaut soit du profil, soit du logiciel. En fait ces couleurs sont quand même assez rares et sont difficiles à observer car en général une seule couche déborde et en l'occurrence n'est pas visible en Prophoto sur l'histogramme, mais clairement en sRGB (en gros les capacités du moniteur)

 

Maj 27/12/2007 et 8/01/2008 et 07/03/2008

Intrigué par les différences entre les profils de deux boîtiers, j'ai tenu à vérifier avec plusieurs mires de Granger (Prophoto, WideRGB, BetaRGB, AdobeRGB... par ordre décroissant de performance) , les résultats des 2 boîtiers...

Il apparaît que pour le Nikon, quasiment tout le spectre de la mire est couvert en AdobeRGB, et une "lacune" apparaît en Prophoto autour du bleu. Ceci veut dire que pour des valeurs Lab comprises entre L=2 et L=0 pour des valeurs a et b telles qu'elles sont en dehors de AdobeRGB (en gros des valeurs de a et b supérieurs à 50) les bleus disparaissent et sont remplacés par du noir.

Pour le boîtier Canon, on a une dérive pour les valeurs Lab inférieures à 4 et ceci dès qu'on est en AdobeRGB et encore plus en Prophoto. Donc ici on cumule, une détérioration ("mauvais" rendu des BL), plus des lacunes dans le cas où le boîtier capterait des valeurs comprises entre AdobeRGB et Prophoto.

Afin d'y remédier, car je pense que la mire (de qualité) fournie par C.Metairie ne doit pas être appropriée pour LCMS : il n'y a pas de valeurs basses en luminance (L sur la mire est toujours supérieure à 10 ou inférieur à L=95 pour les HL. Ces valeurs tiennet pour l'essentiel aux perfotrmances de l'imprimante qui a généré la mire) - j'ai volontairement supprimé quelques couleurs (une dizaine) de la mire artificielle et les ai empiriquement remplacées par des valeurs basses en luminance dont certaines vont "guider" le profil et d'autres lui fournir des valeurs... de référence en choisissant des valeurs proches des limites de Prophoto, voir au delà.

maj 8/01/2008

Le résultat, après divers tâtonnements  donne pour mon D200 de très bons résultats, fidélité des valeurs basses et réduction des lacunes qui n'apparaissent plus dans "BetaRGB" (espace créé par B.Lindbloom) dont la taille est supérieure à AdobeRGB et un peu inférieure à Prophoto, pas plus que dans WideGamutRGB (une légère lacune subsiste au delà de Prophoto pour des valeurs L entre 0 et 0,5 et a>50 et b de l'ordre de -100 à -120). Quant au boîtier Canon l'amélioration est également conséquente (de mon point de vue).

J'ai également vérifié sur une mire étalon complémentaire, les variations de:

Aucune lacune n'apparaît, aucune dérive visible n'apparaît... Donc en Adobe ou en sRGB !!!

Mais, le moteur CMM de NX (a priori LCMS) se comporte mal pour les valeurs L inférieures ou égales à 1, notamment pour ce qui est hors AdobeRGB, il interprète mal ces couleurs situées en WideRGB ou Prophoto (ex: L=1 a=22 b=-88 est rendue par NX en L=1 a=-1 b=-26), ceci peut paraître secondaire, mais lorsqu'on regarde le même fichier TIF ou JPG sous divers logiciels (NX, CS, Gimp, XNView, DxO), seuls NX et Gimp présentent cette carence.

J'en ai profité pour débuter l'application de ces modifications aux profils "films couleurs"

Maj 07/03/2008

Il semble à ce jour (mars 2008) que LCMS (ou LProf) gère mal voir très mal les BL si on n'apporte pas un guide du profil dans les BL (et également les HL).

En effet les mires sont des supports physiques imprimés et comme dirait Monsieur de La Palisse, elles sortent d'une imprimante... Actuellement nous (un photimien  et moi même) sommes en train d'élaborer une mire pour étalonner les boîtiers en tenant compte de ces limites qui sont bien sûr différentes de celles de C.Metairie. Bien sûr nous sommes obligés de tenir compte des performances de l'imprimante qui sont les limites physiques pour la reproduction :

Selon le profiler, celui-ci traite mal ou assez bien ces limites. Des essais sommaires que j'ai pu faire :

 

 

 


E) Quelle est l'incidence des options du profiler, des intentions (perceptuel, absolu) et des caractéristiques du boîtier (Nikon, Canon, ?) et intérêt de Prophoto par rapport à AdobeRGB (et sRGB)? (22/12/2007)

L'élaboration d'un profil ICC d'étalonnage pour une autre marque de boîtier m'a amené, avec la collaboration du propriétaire du boîtier, à une évolution d'une part de la mire "artificielle" que j'aie crée, et d'autre part à surveiller les 2 options du profiler (LCMS) qui sont la régression et la dureté du profil, en association avec l'intention de la conversion après application du profil, perceptuel ou absolu.

Tout d'abord pourquoi avoir élaboré une "mire artificielle"? La raison est simple, la mire DT003 de C.Metairie est rectangulaire (19 colonnes par 15 lignes), et les mires supportées par LCMS sont (à la date d'aujourd'hui) au format IT8 (12 lignes de 22 colonnes + 1 ligne de 24 gris. J'ai donc avec l'aide d'un tableur, et de Colorlab (utilitaire gratuit - très buggé - fourni par GretaMacBeth sur son site)..construit une image de la mire DT003 qui copie les valeurs RGB existantes, et de plus en profite pour équilibrer les petits écarts d'exposition de la mire.

Les essais faits en parallèle avec le boîtier Canon et mon D200 avec Capture NX ont en première étape fait découvrir que pour les très basses lumières (L entre 0 et 6, ou RGB entre 0 et 15), il se produisait des dérives de couleurs dans ces basses lumières - surtout sur le profil Canon. Après de nombreux essais il est apparu que la mire DT003 (ou son adaptation LCMS) présentait une lacune pour son exploitation avec LCMS. J'ai été amené à mieux guider le profil dans les BL en ajoutant artificiellement quelques gris/noir à la mire dans les basses valeurs (l'opération est facilement possible car la mire rectangulaire comprend 285 couleurs et la IT8 288, donc 3 couleurs non attribuées). Bien sûr en faisant cela, et en n'ayant pas la vraie réponse des boîtiers , je bloque la réponse pour les valeurs comprises entre L=0 et L=6 en lui préférant une réponse linéaire, mais au moins sur les photos prises avec mon D200, il est quasi impossible de voir un écart (dans les très basses lumières) entre l'original (sans profil ICC) et avec le profil ICC. Bien sûr pour les valeurs supérieures le profil reprend son action normale et corrige les couleurs.

Il est ensuite apparu un deuxième phénomène, les profils Nikon D200, étaient toujours plus stables (sans aucune dérive) que ceux pour le boîtier Canon, qui dans certains cas pouvaient amener des écarts sur certaines couleurs (HL, BL..). Après examen, il s'est avéré que l'efficacité des profils surtout pour le Canon étaient très liés à deux (trois) paramètres :

Rappel:

Dans le cas que j'ai choisi, c'est à dire d'élaborer les profils dans l'espace Prophoto, prendre l'option "absolue" n'a quasiment aucune conséquence, car mal traiter les couleurs au delà de Prophoto ne me semble pas du tout contraignant. Ceci ne serait pas identique si les profils étaient élaborés en AdobeRGB (voir un peu plus loin le paragraphe correspondant), ce qui peut expliquer les différences de point de vue sur l'utilité des profils ICC et les couleurs qui dérivent.

Pour mon boîtier Nikon D200 j'ai fait plusieurs essais des réglages du profiler et du rendu (perceptuel ou absolu), il s'avère que selon le profil (repro, general, profil très saturé et contrasté...) l'optimisation ne va pas toujours dans le même sens. Quelque fois il faut mettre les options du profiler quasiment au minimum et se servir du rendu perceptuel (on passe de DeltaE94=1,04 à 1,10 pour absolu), quelquefois, il faut mettre les options sur minimum ou un autre réglage et se servir du rendu absolu (DeltaE94 moyen par rapport à la cible contrastée et saturée passant de 2,8 en perceptuel à 0,7 en absolu). Les essais faits ensuite sur une série de photos "normales", très sous-exposées, très sur exposées, avec une très forte dynamique, ou mal équilibrées en BdB, montrent que ces profils optimisés se comportent toujours très bien, sans dérive de couleur...

Pour le boîtier Canon, la problématique est à la fois plus simple et plus complexe...Il s'est avéré que les tests faits par l'utilisateur et par moi sur des images tests, pouvaient amener des dérives dans certains cas. Les résultats en cherchant à optimiser sont toujours bons, mais un peu moins que pour mon D200, et il est nécessaire d'utiliser quasi systématiquement le rendu absolu (exemple le profil repro passe de DeltaE94 =3 à 1,25 en passant de perceptuel à absolu).

 

Incidences des intentions et du moteur CMM sur les deltaE94:

Intention - moteur CMM -

(Espace Prophoto)

DeltaE94 moyen Écart type Max Classement
Perceptuel ACE 2,80 1,14 5,32 *
Perceptuel ICM 2,66 1,12 5,03 *
Perceptuel NX 2,70 1,14 5,34 *
Absolu ACE 0,71 0,46 3,63 ***
Absolu ICM 2,60 1,01 4,95 *
Absolu NX 0,90 0,60 4,60 ***
  • pour le profil : étalonnage reproduction
Intention - moteur CMM -

(Espace Prophoto)

DeltaE94 moyen Écart type Max Classement
Perceptuel ACE 1,04 0,58 3,67 ***
Perceptuel ICM 1,11 0,58 4,22 ***
Perceptuel NX 1,15 0,69 4,46 ***
Absolu ACE 1,09 0,63 4,24 ***
Absolu ICM 2,69 1,07 6,32 *
Absolu NX 0,91 0,6 4,77 ***
  • pour le profil étalonnage très saturé et très contrasté
Intention - moteur CMM-

(Espace Prophoto)

DeltaE94 moyen Écart type Max Classement
Perceptuel ACE 1,10 0,62 4,92 ***
Perceptuel ICM 1,23 0,66 4,82 ***
Perceptuel NX 1,20 0,66 4,87 ***
Absolu ACE 1,44 0,84 7,28 **
Absolu NX 1,06 0,65 4,87 ***
  • pour le profil : étalonnage portrait
Intention - moteur CMM-

(Espace Prophoto)

DeltaE94 moyen Écart type Max Classement
Perceptuel ACE 2,90 1,24 5,61 *
Perceptuel NX 2,82 1,28 5,85 *
Absolu ACE 0,88 0,54 3,37 ***
Absolu NX 1,07 0,64 4,18 ***

Comme on peut le voir, le choix ne va pas de soi a priori et doit (ce que j'ai fait) faire l'objet de mesures  avant de trancher. a) entre perceptuel et absolu, cela dépend du profil sans pouvoir prédire à l'avance le résultat; b) pour le moteur CMM, Adobe ACE  est supérieur à Microsoft ICM en intention "absolu" et équivalent en "perceptuel", le moteur de NX (LCMS ?) quand à lui est mieux que ICM et proche de ACE en perceptuel et absolu.

Remarque : il ne faut surtout pas extrapoler ces résultats lorsqu'on se trouve à l'autre bout du processus de traitement d'images (cad vers l'impression). Dans le cas de l'étalonnage on est avec des profils d'entrée et on a intérêt à utiliser de grands espaces pour permettre de récupérer les valeurs maximum du capteur, puis de permettre au profil ICC de jouer correctement son rôle avec l'aide (variable) des moteurs et intentions. A l'impression utiliser le rendu absolu serait assez catastrophique car l'espace des imprimantes est considérablement plus petit que Prophoto...et toutes les couleurs au delà du profil de l'imprimante serait abîmées par cette méthode. Donc, je pense que aussi bien pour le choix des espaces (grands ou petits), et des intentions (perceptuel, relatif, absolu) tout dépend d'où on se trouve dans le processus :

 

Profils étalonnage élaborés en AdobeRGB

et pour information que se passe-t-il lorsque les profils sont élaborés en AdobeRGB

Je n'ai pas repris tous les profils (travail inutile), mais seulement quelques combinaisons

Intention - moteur CMM -

(Espace AdobeRGB)

DeltaE94 moyen Écart type Max Classement
étalonnage reproduction        
Perceptuel ACE 1,11 0,58 4,22 ***
Perceptuel NX 1,13 0,72 4,33 ***
Absolu ICM 4,73 2,81 15,58 - -
Absolu NX 5,15 2,64 15,66 - -
étalonnage portrait        
Perceptuel NX 2,87 1,27 6,22 *
Absolu NX 5,3 2,76 16,22 - -

Sur ces 2 profils, en cherchant à nouveau l'optimisation, par les réglages du profiler et ceux des moteurs CMM :

Profils étalonnage élaborés en sRGB

et pour information que se passe-t-il lorsque les profils sont élaborés en sRGB?

Je n'ai pas repris tous les profils (travail inutile), mais seulement  encore moins de combinaisons

Intention - moteur CMM -

(Espace sRGB)

DeltaE94 moyen Écart type Max Classement
étalonnage reproduction        
Perceptuel NX 1,94 2,21 10,1 **
         
étalonnage portrait        
Perceptuel NX 3,41 2,14 10,90 0
Absolu NX 5,62 2,92 16,48 - -

Sur ces 2 profils, en cherchant à nouveau l'optimisation, par les réglages du profiler et ceux des moteurs CMM :

Bien sûr a posteriori tout ceci peut paraître évident car beaucoup de couleurs de la mire sont (un peu) hors AdobeRGB et beaucoup hors sRGB

 

Synthèse:

Il semble donc en résumé, si j'extrapole ce travail sur 2 boîtiers :

Optimisation des résultats pour mon D200 et dématricage avec Nikon Capture NX -meilleurs résultats pour 288 couleurs (Prophoto):

Profil ICC DeltaE94 moyen /selon intention Écart type/selon intention Maximum / selon intention

Intention

Reproduction 1,04 / 0,91 0,58/0,6 3,67/4,77 Perceptuel ACE / Absolu NX
Portrait* 0,88 / 1,07 0,54/0,64 3,37/4,18 Absolu ACE / Absolu NX
Saturé et contrasté* (général) 0,71 / 0,90 0,46/0,60 3,63/4,60 Absolu ACE / Absolu NX
Très saturé et très contrasté* (hyper) 1,06 / 1,10 0,65/0,62 4,87/4,92 Absolu NX/ Absolu ACE

* = les DeltaE sont donnés en rapport avec les objectifs. Chacun de ces profils amène un écart volontaire en contraste, saturation, luminance par rapport à "reproduction"; les écarts sont mesurés d'une part en tenant compte de l'étalonnage, puis de cet écart volontaire.

Ce qui en synthèse peut se traduire, quelque soit le profil d'étalonnage (reproduction, portrait, saturé et contrasté, très saturé et très contrasté), à condition de travailler sous Prophoto et d'optimiser le processus (options du profiler, moteur (pour NX limité à un choix) et intention de rendu.. ) à un DeltaE94 moyen de 1 et un écart type de 0,5

Bien sûr il peut toujours y avoir des sceptiques!

maj  10/01/2008

A noter que sur les très basses valeurs de L (inférieures à 1), le gestionnaire de couleur LCMS est pris de "défaillances" en donnant des rendus beaucoup plus sombres que le gestionnaire Adobe...Il suffit pour s'en rendre compte de prendre le même fichier TIFF qui me sert d'étalon (ce fichier n'a subi aucune manipulation ICC ou conversion) et de l'ouvrir avec CaptureNX, DxO, XNView, CS, Gimp... Les images ouvertes avec CaptureNX et Gimp sont nettement plus sombres pour les valeurs L<1 qui dans les autres cas sont bleues très sombre :

Je joins un extrait de ma mire étalon (élaboré avec ColorLab), j'ai choisi la valeur L=0,5 arbitrairement (je l'ai élaboré également pour L=0,25 et L=1) . Il suffit d'ouvrir ce fichier JPG sous divers logiciels (dont NX) pour voir les différences, aussi bien visuellement que par les valeurs RGB:

RGB-L05.jpg

Valeurs RGB de cet étalon en espace Prophoto :

BEGIN_DATA
1 A1 1,87 4,57 20,02
2 A2 2,37 4,47 3,96
3 A3 0,40 4,73 67,94
4 A4 7,65 0,59 106,51
5 A5 6,35 2,32 138,13
END_DATA

Valeurs Lab de l'étalon :

1  L=0,5 a=0 b=-15

2 L=0,5 a=-1 b=0

3 L=0,5 a=10 b=-62

4 L=0,5 a=30 b=-90

5 L=0,5 a=43 b=-110

Qui sont des valeurs aux limites de Prophoto.

Et après conversion en AdobeRGB :

RGB :

1 A1 0 8 33

2 A2 2 8 5

3 A3 0 6 91

4 A4 0 0 131

5 A5 0 0 163

Lab

1 L=1 a=3 b=-14

2 L=0,3 a=-0,7 b=0,2

3 L=6 a=31 b=-52

4 L=12 a=42 b=-69

5 L=17 a=49 b=-82

 

 

Valeurs RGB lues par NX (sur mon poste de travail):

* ouvert en Prophoto

1 A1 4 4 9

2 A2 4 4 4

3 A3 3 4 28

4 A4 4 4 43

5 A5 4 3 47

 

* ouvert en AdobeRGB

1 A1 0 3 10

2 A2 2 3 2

3 A3 0 2 42

4 A4 0 1 61

5 A5 0 1 68

En gros on peut constater numériquement, les valeurs "bleues" s'écroulent...(bien sûr uniquement dans les très basses lumières), ce qui confirme l'impression visuelle et explique (en partie) les écarts de perception entre le boîtier Canon (examiné sous Ligthroom ou CS) et mon D200 (examiné sous NX) !

 

A partir de L=2 il n'y a plus de problèmes... Et pour les valeurs de L supérieures à 2, par exemple 50, NX lit toutes les valeurs aux limites de Prophoto...

 

 

 

 


F) Peut-on pas intégrer les éléments psycho visuels de la perception de la scène ? (maj 3/12/2007)

C'est probablement cet aspect qui est le plus en retrait dans l'élaboration d'un profil ICC. Ceci ne veut pas dire que le profil ne sert à rien , il corrige bien les couleurs comme il se faut, mais il ne permet pas par un seul profil de prendre en compte les corrections qu'on apporte ultérieurement à l'image, comme la saturation, le contraste, la luminosité, voire des points de couleurs qui le plus souvent tiennent à des critères personnels ou de mémoire de la scène vue.

Bien sûr un profil n'est pas intelligent et c'est à l'opérateur qui se sert du logiciel de prendre en compte ces aspects.

Néanmoins j'ai élaboré 3 (4) profils, mais je pourrais en faire d'autres. Ces 3 (4) profils prennent en compte 3 types de situations courantes :

Dans beaucoup de cas le choix du profil est évident et les post corrections ne touchent plus (ou très rarement) à la colorimétrie....sinon quelques points de couleurs pour accentuer ou abaisser s'il le faut un rendu.


G) Comparaison rapide avec "optimisation image NX13" et quelques clichés (maj 24/11/2007)

Depuis la version 1.3, Capture NX est doté dans le menu "réglage de base" (en Raw) d'une optimisation d'image...

J'ai choisi un réglage de base, mais semble-t-il assez extrême "Saturée" et je l'ai comparé à la même image avec application du profil ICC le plus saturé et contrasté (contraste +20%, chromaticité + 25%)

Je n'ai mesuré que 4 couleurs de la mire volontairement extrêmes et plus qu'aux limites de AdobeRGB98, ainsi qu'un gris moyen et les ai comparées aux originales non modifiées.

  Bleu Jaune Rouge Vert Gris moyen
Référence L=30 a=5,6 b=-67 L=89 a=-13,9 b=88,6 L=54,8 a=61 b=52 L=58 a=-73 b=47 L=47,5 a=-3 b=0
Optimisation image "Saturée" et DeltaE94 L=35 a=44 b=-97    DeltaE94=17,6 L=96 a=-17 b=89  DeltaE94=4 L=68 a=74 b=75 DeltaE94=8,8 L=74 a=-94 b=64  DeltaE94=9,5 L=58 a=-5 b=3 deltaE94=5,6
Profil ICC très saturé et DeltaE94 L=29 a=4 b=-82  DeltaE94=4 L=96 a=-15,5 b=109  DeltaE94=5,3 L=59 a=76 b=65 DeltaE94=6,0 L=63 a=-89 b=55 DeltaE94=7,8 L=49,5 a=-2 b=1 deltaE94=1,5

Les résultats parlent d'eux mêmes... En fait bien sûr tous les deltaE ont bougé, c'est normal puisqu'on recherche un contraste (écart entre les noirs et les blancs) et une saturation (accroissement de la pureté des couleurs), mais ce qui compte c'est la régularité des changements (dans la mesure où les conventions Lab respectent les rendus des couleurs!) et le maintien au mieux des neutres

J'ai tenu, à donner la possibilité de montrer 4 images de la mire :

  1. Référence : image correspondant aux couleurs Lab de référence
  2. Original : image correspondant à la prise de vue, uniquement dématricée avec Capture NX
  3. Profil ICC contrasté et saturé : image correspondant au fichier original (2) avec "application" du profil ICC qui: a) étalonne le boîtier et b) applique un contraste en "S" de +20% et une saturation (chromaticité) de +25%
  4. Optimisation image NX1.3 saturé : image correspondant au traitement Raw "optimisation image" de Capture NX1.3

Pour information ci-après, les 4 fichiers JPG dans l'espace de sortie Prophoto; c'est la comparaison de ces 4 fichiers avec un logiciel gérant les couleurs qui permettra d'apporter les bons arguments :

Reference-Pro

Origine_pro

ICC_contrast_satu_Pro

Optimisatio_imageNX13_Pro

 

Essai sur une photo

Quant à l'essai sur des photos... c'est le cas de le dire il n'y a pas photo! Le résultat obtenu avec le profil ICC très saturé et contrasté est nettement plus beau, plus naturel (même si il faut le reconnaître, les 2 cas sont à mon goût trop saturés et que cette comparaison est subjective), notamment les ciels, les tons pierre, les détails dans les ombres et les hautes lumières, etc.

Je joins 3 photos de la même scène, avec les trois traitements. Cette scène ne comporte pas de très hautes lumières... J'ai pour le web, convertit les images en PhotoGamutRGB et compressé fortement en jpg:

1) original (+conversion PhotoGamutRGB + jpg 30%)

2) Optimisation image NX13 saturée (+ conversion PhotoGamutRGB + jpg30%)

3) Profil ICC saturé (chromaticité) +25%, contrasté +20% (+ conversion PhotogamutRGB + jpg 30%)

Bien sûr il est possible d'améliorer l'image avec notamment le passe-haut, mais j'ai tenu à laisser tel quel "brut de boîtier" (où tout est désactivé) pour montrer les différences.

 

1) Original

Fichier : "Orig _ASC3210_689.JPG"

2) Optimisation NX13 saturée

Fichier : "OptimSat_ASC3210_691.JPG"

3) Profil ICC saturé (chromaticité) +25%, contrasté +20%

Fichier :"ICC_ASC3210_690.JPG"

 


 

H) Universalité du profil généré ?

Avant novembre 2007

Pour boucler cette analyse, j'ai tenu à essayer l'incidence d'un profil généré pour l'illuminant D50 - avec prise de vue de la mire correspondante - appliqué à la photo de la mire prise en illuminant D70. Ce test "extrême" mais souvent proche d'une réalité pragmatique (tout le monde n'élabore pas plusieurs profils d'étalonnage)  va dire si oui ou non l'étalonnage apporte quelque chose, en dehors bien sûr des proximités évidentes entre étalonnage sous illuminant X et prise de vue sous illuminant X. Ce test cumule à la fois, les dérives du boîtier et les variations d'illuminants (ici importants). Attention, ne sont ici "mélangés" que des illuminants de type "D" (lumière du jour); l'utilisation d'un profil ICC "D" sur un cliché de type "A" ou "F11" n'apporte rien ou pire dégrade...

 

1) Prise de vue en D70 - boîtier D200 sans correction

2)Prise de vue en D70 - Profil ICC généré pour D70

3) Prise de vue en D70 - Profil ICC généré pour D50
DeltaE94      
moyenne 6,87 3,45 4,07
écart type 3,18 2,1 2,16
maximum 17,82 10,3 14,5

Je laisse chacun interpréter...

Après novembre 2007 (maj 28 janvier 2008)

La similitude des résultats entre les colonnes 2) et 3) confirme bien l'universalité du profil qui au moins pour les illuminants lumière du jour (de D41 à D80 dans mes essais, mais probablement au delà jusque D100) dus:

Donc en résumé, et ceci va complètement à l'inverse de ce que disent les opposants aux profils d'étalonnage, un profil ICC si il est bien fait en termes d'exactitude de pose, de balance des blancs, d'uniformité de l'éclairage, etc. sera quasi universel quelque soit la qualité de l'illuminant (à partir du moment où il est homogène et non un mélange D50, Fluorescent par exemple). Dit autrement un même profil ICC de qualité, qu'il soit élaboré pour la reproduction ou sur mesure pour en plus de l'étalonnage, modifier saturation et contraste, pourra corriger des prises de vues à 4000K, 5000K, Flash, ombre, nuageux, 9000K,...

Cependant si on souhaite se rapprocher de la "perfection", et si on dispose d'excellents clichés de la mire sous d'autres illuminants que le classique "D50", les résultats seront légèrement meilleurs pour ces illuminants extrêmes.

 

Maj 13 mars 2008 : Pourquoi cela marche

Alors en fait pourquoi cela marche... je vais essayer d'être le plus simple possible pour répondre à l'affirmation d'un intervenant sur le forum CI
"Un profil sur illuminant est juste pour l'illuminant, et doit être refait si l'illuminant change. Le reste est de l'invention pure et simple."

Si quelqu'un lit complètement mon site il se rendra compte que jusque octobre / novembre 2007 c'est ce à quoi je croyais, c'est à dire qu'un profil dépendait d'un illuminant et qu'il devait être refait si on changeait de conditions, bien sûr dans des limites et tolérances acceptables... d'où mes travaux sur ce qu'amène un écart d'illuminant (Méthode de Bradford, méthode spectrale...).

Mais, à partir de septembre 2007, j'ai cherché à comprendre comment fonctionne la Balance des blancs et en parallèle, comment fonctionne un boîtier notamment la matrice de Bayer et les réglages de température. Je me suis rapidement rendu compte que chaque fabriquant de boîtier (Canon, Nikon, Pentax, Leica,...) et pour chacun de ses boîtiers (D200, D80, D70, D2x...) fournissait aux développeurs de logiciels, des tableaux de réponse du boîtier en fonction de la température (ces tableaux sont directement lisibles dans le code c de UFraw / DcRaw) sous forme de 4 coefficients variables pour le rouge, le bleu et le vert. De plus, comme c'est bien fait, les réglages de la prise de vue sont repris dans les Exifs sous la forme de ces 4 coefficients (un logiciel comme PhotoME permet de voir leurs valeurs : Tad-ID 000C pour un D200).

Donc quand on étalonne un boîtier que fait-on ?

Alors pourquoi ce profil est à mon avis quasi universel ?

Alors pourquoi cela marche. En fait c'est très simple, le profil corrige l'écart entre la réponse théorique du boîtier et la réponse réelle. Le profil ne corrige donc pas l'illuminant mais une dérive électronique. Or la réponse théorique du boîtier est variable selon le boîtier et est prise en compte par le boîtier et les logiciels de dématricage (Capture NX, UFraw, ACR,...). Lorsqu'on utilise un autre illuminant que celui de le prise de vue de la mire, le boîtier et/ou le logiciel (qui utilisent les mêmes algorithmes) va(ont) corriger la réponse pour tenir compte de cette variation d'illuminant. C'est quasi transparent dans UFRaw (on voit varier les 3 coefficients qui sont repris pour l'ensemble des boîtiers supportés dans le code de UFRAW), un peu moins dans Capture NX et difficile à percevoir dans ACR ou Lightroom, mais néanmoins tous ces logiciels agissent sensiblement de la même manière. C'est aussi ce qui permet aux fabricants de logiciels (Capture NX, Capture One, ACR, etc.) de fournir des profils génériques de correction (plus ou moins visibles). Néanmoins, j'émets une réserve car ceci suppose que ces coefficients multiplicateurs de canaux décrits par les constructeurs soient constants d'un boîtier à l'autre.

Une autre manière de le démontrer :

Rappelons que l'apparence de la couleur dépend de 3 paramètres :

Calcul des valeurs de référence

Les valeurs RGB (pour un espace colorimétrique donné : Prophoto, AdobeRGB,…) ne changent pas si on change d’illuminant. Par exemple pour une même donnée spectrale de 380nm à 730nm, les valeurs Lab et XYZ vont changer :

 Valeurs spectrales d'une cellule:

1          A1        0.0670 0.0709 0.1483 0.2700 0.3564 0.4071 0.4495 0.4627 0.4416 0.4056 0.3538 0.2979 0.2456 0.1905 0.1249 0.0735 0.0470 0.0298 0.0161 0.0105 0.0100 0.0104 0.0104 0.0103 0.0107 0.0109 0.0116 0.0130 0.0148 0.0159 0.0151 0.0135 0.0121 0.0121 0.0140 0.0210

 

Mais les valeurs RGB (ici Prophoto) : 53, 55, 153; restent constantes quel que soit l'illuminant. Ce sont les couleurs du sujet.

 

Ce qui n'est pas le cas des valeurs XYZ Lab qui elles en dépendent ainsi que de l'observateur (ici 2°).

 

Valeurs XYZ Lab - calculées par la méthode spectrale (donc a priori exacte - dans la mesure où on est "sûr" de l'illuminant) :

Illuminant

X

Y

Z

L

a

b

Incandescent

0,0369

0,0431

0,1368

24,66

-13,92

-75,57

Incand + CAM02 0,0630 0,0562 0,3106 28,44 9,82 -67,84
3900K 0,0520 0,0545 0,2313 27,97 -3 -70,85
3900K + CAM02 0,0664 0,0610 0,3226 29,67 8,06 -67,55

4100K

0,0552

0,0560

0,2499

28,37

-0,39

-70,32

4900K 0,0673 0,0611 0,3206 29,7 8,78 -68,43
4900K+CAM02 0,0686 0,0617 0,3286 29,84 9,63 -68,17

5000K

0,0688

0,0617

0,3289

29,84

9,77

-68,22

6300K 0,0855 0,0679 0,4243 31,32 20,05 -65,96
6300K+CAM02 0,0704 0,0616 0,3323 29,81 11,51 -68,76
7000K 0,0930 0,0705 0,4665 31,91 23,98 -65,03
7500K 0,0978 0,0721 0,4933 32,27 26,3 -64,46
7800K 0,1004 0,0729 0,5081 32,46 27,53 -64,15

8000K

0,1021

0,0735

0,5174

32,58

28,29

-63,95

 

Valeurs RGB de la mire après photographie

Si maintenant on prend plusieurs prises de vues de la mire par exemple sous 3900K, 4900K, 7800K (ce que j'ai fait) et qu'on examine les valeurs RGB de la mire photographiée dans des conditions d'illuminants différents. On obtient comme valeurs RGB (avec une erreur de lecture à la pipette de Capture NX de l'ordre de +-3) :

Illuminant R G B
3900K 80 78 179
4900K 79 81 174
7800K 82 82 165

Soit sensiblement 3 jeux de valeurs identiques, dont les (petits) écarts sont probablement (?) dus :

 

Valeurs RGB de la mire après application du profil et conversion

Si maintenant on applique le profil élaboré pour 4900K (profil de reproduction) et qu'on convertit vers Prophoto (intention absolue), on obtient les valeurs RGB suivantes (avec bien sûr les mêmes tolérances):

Illuminant R G B
3900K 59 54 154
4900K 55 56 152
7800K 59 59 147

à comparer aux valeurs RGB de base de la mire d'origine (avant d'être photographiée) : R:53, G : 55 , B: 153.

Cela se passe de commentaires.

Bien sûr si on veut pinailler on pourrait faire les essais de laboratoire que j'évoque, mais là on sort de l'épure... Certes c'est le profil adapté à l'illuminant qui est le meilleur (DeltaE94 = 0,22), mais les 2 valeurs extrêmes de mes essais à 3900K et 7800K sont plus qu'acceptables (DeltaE94 de l'ordre de 1) et à comparer aux deltaE94 sans profil ICC soit 6,4 !!

Si je fais l'évaluation sur la mire entière (288 couleurs) alors que les conditions de prises de vue de la mire étaient très moyennes (écart d'exposition, expo pas correcte, BdB incertaine.... donc cas défavorable en théorie pour les "opposants" à l'utilisation des profils ICC) j'obtiens :

Mire brute exposée à 3900K (lumière du jour):

Mire brute avec application du profil ICC élaboré pour 4900K (lumière du jour)

A noter que ce même profil fait passer la mire prise à 4900K de (ordre de grandeur) de deltaE94 moyen environ à 4,5 (sans correction) à un peu plus de 1.

Certes, en (re)faisant un profil adapté pour cet illuminant (les conditions de prises de vues vers 3900K sont très difficiles à maîtriser....) ce serait mieux (on doit pouvoir espérer diviser par 3 les valeurs initiales au lieu en gros ici de 7 / 4,4 = 1,6), mais est-ce que le jeu en vaut la chandelle ??

Nouvel essai à 7500K

J'ai tenu, toujours en quête d'objectivité à tester sur une nouvelle prise de vue...Celle-ci a été faite à 7500K (avec une légère dérive du canal vert), là encore l'exposition n'est pas parfaite (écarts sensibles entre les bords de la mire) et ai réalisé un profil adapté pour 7500K qui donc n'est pas aussi "fin" que celui élaboré pour 4900K.

Je n'ai volontairement pour simplifier la présentation retenu que 3 couleurs - un bleu, un rouge et un vert en ne s'attachant qu'aux valeurs RGB

  Prise de vue à 7500K Mire originale Profil ICC 7500K Profil ICC 4900K (profil de base)  
Cellule Bleue R = 74 R = 53 R = 63 R = 56 Meilleur résultat = profil 4900K
  G = 74 G = 55 G = 50 G = 56
  B = 154 B = 153 B = 148 B = 143
Cellule Rouge R= 134 R = 154 R = 142 R = 143 Résultats similaires
  G = 75 G = 71 G = 71 G = 69
  B = 48 B = 34 B = 39 B = 37
Cellule Verte R = 70 R = 67 R = 72 R = 71 Meilleur résultat = profil 7500K
  G = 121 G = 141 G = 145 G = 134
  B = 48 B = 58 B = 57 B = 53

Comme on peut le voir les 2 profils amènent des corrections semblables...et aucune dérive pour le 4900K!

Essai avec illuminant incandescent

J'ai tenu à vérifier l'efficacité des profils ICC d'étalonnage en prenant un cas (presque) extrême. Comparer à partir d'une prise de vue "incandescent" que j'aie essayé de "pinailler" comme celle à 4900K.

Conditions de prises de vues :

  Prise de vue à 2700K Mire originale Profil ICC 2700K Profil ICC 4900K (profil de base)  
Cellule Bleue R = 74 R = 53 R = 52 R = 53 Résultats similaires
  G = 73 G = 55 G = 55 G = 50
  B = 167 B = 153 B = 149 B = 147
Cellule Rouge R= 142 R = 154 R = 163 R = 145 Résultat légèrement meilleur pour le profil 2700K
  G = 79 G = 71 G = 74 G = 66
  B = 52 B = 34 B = 39 B = 36
Cellule Verte R = 81 R = 67 R = 58 R = 74 Meilleur résultat = profil 2700K
  G = 123 G = 141 G = 132 G = 126
  B = 74 B = 58 B = 68 B = 70

Bien sûr je pourrais faire des compte rendus plus détaillés et je ne manquerais pas de me servir de ce profil si nécessaire...Néanmoins à l'examen visuel des 2 images l'une à côté de l'autre (avec profil 2700K et avec profil 4900K) montre peu d'écarts visibles, sinon dans les verts qui sont mieux rendus par le profil 2700K.

Donc en synthèse (on pouvait quand même si attendre), le profil dédié incandescent rend mieux que le profil "universel", mais celui-ci ne démérite pas, l'amélioration de l'image originale est dans les deux cas très nettement visible.

Dernier contrôle = application du profil 2700K (incandescent) sur la prise de vue à 7500K

Ce contrôle "pour voir" va permettre de valider si un profil élaboré en conditions limites (incandescent 2700K) amène ou non des dérives par rapport à la prise de vue originale.

  Prise de vue à 7500K Mire originale Profil ICC 2700K Profil ICC 4900K (profil de base)  
Cellule Bleue R = 74 R = 53 R = 58 R = 56 Meilleur résultat = profil 4900K, mais résultat plus qu'acceptable avec le 2700K
  G = 74 G = 55 G = 59 G = 56
  B = 154 B = 153 B = 144 B = 143
Cellule Rouge R= 134 R = 154 R = 147 R = 143 Résultats similaires
  G = 75 G = 71 G = 67 G = 69
  B = 48 B = 34 B = 35 B = 37
Cellule Verte R = 70 R = 67 R = 47 R = 71 Meilleur résultat = profil 4900K, avec le profil 2700K, les verts sont un peu plus saturés
  G = 121 G = 141 G = 123 G = 134
  B = 52 B = 58 B = 47 B = 53

En synthèse, on est ici aux limites du raisonnable... mais néanmoins l'image "prise de vue à 7500K" avec profil "incandescent" est nettement meilleure que l'originale.

 

Recommandations

De plus si on souhaite être prudent sur le deuxième type possible de variations (celles liées aux coefficients multiplicateurs de canaux; on peut penser que plus on s'éloigne des conditions de prises de vue qui ont servi à faire le profil, plus le risque serait (?) grand.

Dans ce cas (qui n'est pas le mien), on pourrait en plus du profil D50 qui en gros est très très correct de 4000K à 8000K, assurer les résultats par un profil incandescent (2875K)  , un vers 9000K, et aussi et là c'est quasi indispensable un fluorescent pour l'illuminant de référence correspondant (F2, F7, F11,...) et bien sûr si on est sûr de la qualité des prises de vues sous des illuminants spécifiques (3900K, 7000K...) et à condition de maîtriser la prise de vue, on peut bien sûr faire des profils spécifiques pour affiner la chose.

Depuis (mars 2008) j'ai essayé de réaliser des photographies de la mire dans les conditions les plus extrêmes possibles, tout en garantissant la qualité de la prise de vue (BdB, égalité d'exposition, etc.). J'ai donc réalisé 4 profils :

Mais en aucun cas, le profil "généraliste" donne un résultat moins bon que l'original...

 

 

Le seul point de doute qui me reste est : (en dehors de celui évoqué ci-dessus)

Pourquoi dis-je quasi universel et non universel ?

Pour deux raisons :

  1. je n'ai pas pu matériellement tester sérieusement les réponses au delà de 3900K et 8000K, donc je suis prudent... notamment pour le fluorescent (mais essais vers 3900K  lumière du jour, ou incandescent sont faits dans des conditions "moyennes" et donc sujets à cautions...néanmoins l'application du profil 4900K améliore notablement les images)  ;
  2.  les illuminants autres que lumière du jour (incandescent et surtout fluorescent) sont sujets à de nombreuses normes... et Nikon (pas plus que les autres fabricants) n'évoque dans les réglages boîtiers et logiciels à quel illuminant il est fait référence notamment les fluorescent (F2, F11,...)

Donc "pourquoi cela marche" en synthèse :

Le profil ne corrige pas l'illuminant mais une dérive électronique! Mais pour arriver à évaluer cette dérive électronique, il est indispensable d'utiliser les conditions de prise de vue (illuminant de la prise de vue et cible en référence) les plus précises possibles (sinon on introduit des erreurs).

Certes il y a bien une influence de l'illuminant (via notamment les imperfections des correctifs boîtiers...), car si tout était parfait on serait dans un autre monde...mais cette influence dans les conditions habituelles de prises de vues en lumière du jour est relativement faible par rapport aux dérives du boîtier elle même.

Donc en résumé on peut (ce que disent tous ceux qui s'en servent) se servir d'un profil généré sous un illuminant D50 (qui est le plus commode à élaborer - soit au flash soit en situation ensoleillée) dans une plage étendue (D40 à D80). Si on souhaite travailler en incandescent ou fluorescent, il vaut mieux refaire un profil (surtout pour le fluorescent); de même si on est adepte des photos prises dans des conditions limites (3900K, 10000K...) en s'assurant que les conditions de prises de vues permettront de faire mieux que le profil élaboré pour D50 - ce qui ne va pas de soi.


Différences entre deux boîtiers de même type (D200) (10 février 2008)

Cette question aurait du être la première à se poser et qui en finalité traduit la nécessité ou non d'étalonner un boîtier et non se contenter de profils généraux fournis par les fabricants de logiciels...

Je viens d'avoir l'occasion de tester un autre boîtier D200 et en attendant l'avis de l'utilisateur sur les profils que je lui fournis, voici le résultat des mesures de la photographie de la mire.

Dans les deux cas plusieurs photos ont été prises pour optimiser la prise de vue (reflets, écarts d'exposition, BdB, etc.) et les deux vues choisies sont bien sûr les meilleures (parmi des séries homogènes). Les (faibles) écarts d'illuminants à la prise de vue ont été compensés en valeurs Lab par calcul.

Bien sûr ces écarts sont avant correction par un profil ICC d'étalonnage

Écarts entre deux D200

  Prise en compte illuminants vrais et écarts de  variations d'exposition
Moyenne DeltaE94 2,8
Écart type 1,73
Maxi 8,7
Mini 0,1
Écart sur Luminance 2,9
Ecart sur Chromaticité 1,40
Ecart sur Teinte 0,80
Cyans 2,7
Verts 2,7
Jaunes 1,8
Rouges 1,8
Magentas 3,4
Bleus 3,3

J'ai tenu à ajuster au mieux les calculs pour prendre en compte plus ou moins la réalité (cette manière de calculer amène une légère baisse des DeltaE94 par rapport aux méthodes habituelles utilisées par exemple par Photoshop) :

 

Comparaison des histogrammes (Capture NX)

JDC 3771- Hist

P 3700 -Hist

Conclusion

A chacun de juger... Mais ces écarts sont de l'ordre de grandeur de la dérive de chaque boîtier par rapport à l'illuminant de référence quoique un peu inférieur après calcul de correction de l'illuminant. Bien sûr les sceptiques qui par ailleurs étalonnent leurs écrans (presque tous les jours) avec des DeltaE94 inférieurs à 1, diront que cela n'a pas beaucoup d'importance...

A noter que le profiler (ici LCMS) a "vu" la différence et qu'il a été nécessaire de changer les options de réglage pour élaborer le profil. Sans rien faire dans le premier cas on traite mal les BL et dans l'autre cas on traite mal les HL.

Cet essai confirme un petit test que j'avais pu faire lors de comparatifs faits sur le web (comparaison D3, D300, D200) où une mire GretaMacbeth (24 couleurs) avait été photographiée. J'ai téléchargé le NEF D200, fait la balance des blancs grâce à la mire, et appliqué le profil repro de mon boîtier...les résultats sont...mauvais, avec des couleurs moins bonnes avec le profil que sans (cqfd).

 

Bien sûr on ne peut faire de statistiques avec 2 valeurs. A ce stade il est impossible de dire si l'écart entre ces 2 boîtiers est moyen, faible ou important par rapport à la série.

 

 

I) Synthèse générale

Avant novembre 2007

Élaborer si c'est possible le profil sous un illuminant D55 - qui de plus correspond sensiblement à la lumière du flash- permettra d'avoir une réponse quasi linéaire d'un peu moins de 5000K à un peu moins de 6000K, donc la quasi totalité des conditions de prises de vue habituelles en situation "ensoleillée" ou "flash", c'est à dire dans les variations raisonnables du même type d'illuminant "D". Ou mieux élaborer deux profils lumière du jour "D50 ensoleillé" et D60 nuageux" en forçant le boîtier sur les réglages "soleil" et "nuageux" pour éviter les dérives (qui sont plus faibles que je ne le pensais) sur ces réglages, le premier servant dans les situations ensoleillée ou flash quelque soit l'heure et le second dans les situations de temps nuageux ou couvert.

Dans le cas du D200, les dérives cumulées du boîtier et de l'illuminant peuvent amener des deltaE94 élevés. Soit on l'admet, y compris en lumière du jour, soit on fait (ou fait faire) un (ou plusieurs profils) en calant le réglage BdB du boîtier au plus proche de l'illuminant de construction du profil ICC.

Les essais sommaires que j'aie pu faire sur deux de mes optiques, Nikkor 50mm F1,8 et Nikkor 18-200VR ne montrent que des incidences non mesurables de l'objectif. Il en est de même pour les réglages de sensibilité du boîtier (100 à 400ISO).

Par contre utiliser ces profils sous un illuminant "A" (lumière artificielle) amène de gros écarts (deltaE94 aux environ de 4  et plus uniquement pour l'illuminant et probablement - non vérifié pour "tungstène" - autant pour le boîtier); ce n'est pas spécifiquement le profil qui est en cause... mais la variation d'illuminant et les dérives du boîtier. De plus les dérives du boîtier (ici un D200, associé à Capture NX) sont importantes notamment lors d'utilisation de conditions d'éclairage spécifiques (éclairage fluorescent de mon salon..) et peuvent atteindre des valeurs de deltaE élevées. Si vous souhaitez faire de la reproduction en lumière "tungstène' ou 'fluorescent', il y a intérêt, si vous souhaitez le respect des couleurs, à faire étalonner le boîtier (une fois pour toutes) pour cet usage et dans les conditions d'éclairage les plus proches de la réalité. De plus en option,  prendre une photo avec la mire, permettra d'affiner les choses (équilibrer le balance des blancs par exemple, ou corriger d'éventuels écarts...).

Pour les sceptiques, qui avancent qu'un étalonnage n'est bon que dans des conditions d'éclairage donné, c'est vrai bien sûr (cf. M. de La Palice), mais les écarts sont très limités en lumière du jour, de l'ordre de Delta E de 1,2 ou 3, donc très acceptables... et visibles en examinant côte à côte deux photos de la mire. Ces valeurs sont à comparer à des delta E94 de boîtiers non étalonnés de 5 à 6 ou plus (...voir tableau "étalonnage" et synthèse des dérives D50, D60, D70 et F11), ou des deltaE94 de "rendus" (saturation contraste, etc.) de l'ordre de 6 à 10 ou plus qui, a priori, ne choquent pas beaucoup de monde. .. ou que cet étalonnage freine la dynamique... je n'ai rien pu constater sur ce sujet.

Par contre le profil n'est vraiment utile que si la dynamique de l'image prise en photo est sensiblement comparable à celle de la prise de vue de la mire qui a servi à élaborer le profil ICC... Ce qui ne veut pas dire que le profil élaboré pour une dynamique plus grande détériore l'image, mais il ne l'améliore pas ou peu...C'est peut être dans ce sens (??) que certains  parlent que cela ne marche qu'en studio pour qu'on puisse contrôler l'éclairage (ici la dynamique trop faible).

Dans les conditions extrêmes (écarts maxi d'illuminants), et à condition de rester dans l'illuminant de type D (lumière du jour), l'application d'un unique profil ICC d'étalonnage, n'amènera pas une très grande réduction des DeltaE (sur des photos la différence est cependant très visible, notamment les ciels), mais c'est mieux que rien.

Donc, en conclusion l'étalonnage du boîtier est utile, très utile au moins autant que celui d'un écran, les tests subjectifs faits sur des photos montrent un accroissement très net de la qualité perçue, pour les tests objectifs (?) voir ci-dessus!. Pour cela, à mon point de vue et après de multiples essais, la mire doit avoir assez de couleurs (250 ou plus) dont certaines en limite de gamut. Dans l'absolu les conditions de prises de vue de la mire (illuminant) devraient être celles des photos sur lesquelles  on "applique" le profil ICC, mais la latitude est grande, très grande même... (en lumière du jour) et même dans des conditions extrêmes c'est mieux que rien. Attention à ne pas confondre "étalonnage de boîtier" et balance des blancs avec une charte, même si ces opérations sont souvent complémentaires.

A titre personnel j'ai tenu à élaborer plusieurs profils plus ou moins dérivés du profil de référence en D50 (il "suffit"  de "recalculer la mire" et notamment de changer la matrice de conversion illuminant X vers illuminant Y et le point blanc, et/ou de convertir à partir des données spectrales, puis élaborer le profil ICC) dont : D41 BdB ; D50 ensoleillé - cas classique le plus fréquent, D60 nuageuxD75 ombre BdB: pour ce cas, ainsi que D41 j'ai élaboré un deuxième profil en faisant la prise de vue sous l'illuminant 7500K  (ou à 4100K) en réglant le boîtier à 5200K et en élaborant un profil ICC qui "corrige" à la fois la dérive du boîtier et celle de la BdB. Ces divers profils que je choisis au cas par cas permettent de limiter totalement les deltaE94 à environ le tiers de ceux d'origine du boîtier. Cependant  (sauf pour l'illuminant F11, car là l'application d'un profil standard n'amène pas de gain, au contraire même...) c'est plus par soucis intellectuel que par réelle nécessité...

Mes recommandations

Dans la pratique, le boîtier (D200)  ne doit pas être pas réglé en BdB automatique, mais soit en ensoleillé (5200K) ou nuageux (6000K) ou ombre (8000K)  qui sont les valeurs "Nikon" de ces réglages. Ceci permet d'optimiser les dérives du boîtier, en forçant celui-ci sur trois réglages de base; ensuite je corrige par 4 profils ICC optimisés (D41*, D50, D60 ou D75*), puis j'apporte une éventuelle nuance selon le goût par la commande "chaleur" (ou BdB si on a une charte...). A noter que la valeur de la BdB automatique du boîtier (ici mon D200) est très fantaisiste, pour une prise de vue (contrôle visuel apparent et point gris), faites à 7500K, le boîtier a "choisi" environ 5500K.. donc à éviter (au moins sur mon D200).

De plus pour éviter les dérives - qui ne sont importantes que pour des variations de températures sensibles (+ de 500K) , j'ai élaboré un profil D75 spécial  (qui en fait est plutôt un D71 ou D72)qui corrige à la fois la dérive boîtier et la BdB...Je donne les résultats ci-après.

(*) à noter que les conditions "réelles" lors de la prise de vue, amènent un cliché à 7500K un peu moins vers 7200... (mesure de la BdB avec l'incertitude...) ou à 4100K (D41)

 

Caractéristiques des 3 profils "optimisés NX" pour mon D200 : illuminants D50, D60 et D70b spécial BdB

En synthèse ce tableau traduit les caractéristiques des dérives du boîtier lors des prises de vue en lumière du jour (soleil, nuage, ombre), ainsi que ces mêmes caractéristiques une fois le profil ICC "optimisé pour Nikon Capture NX" et pour mon D200. La dérive moyenne des deltaE94 est en gros divisée par 2 ou 4...Les photos sont "transformées"...avec des couleurs très belles et naturelles.

Résultats sur 285 couleurs (mire de contrôle de C.Metairie)..je n'ai pas copié les valeurs pour D41... qui sont du même ordre...

  Novembre 2007   Pour mémoire (avant novembre 2007)

DeltaE94

D46 cliché original D46 + profil ICC optimisé NX   D60 cliché original D60 + profil ICC optimisé NX   D70b cliché original

"7000"

D70 profil ICC"BdB"
Moyenne 4,24 1,04   5,15 1,72   6,23 2,11
écart-type 2,37 0,58   2,37 0,89   3,21 1,52
maxi 12,38 3,67 (Gris L=15 a=-1 b=4,1)   13,5 4,68   14,07 7,82
mini 0,95 0,06   1,48 0,1   1,19 0,16
Delta Luminance 3,72 0,79   4,13 0,75   4,71 2,1
Delta Chromaticité 2,96 0,65   2,79 1,12   3,94 1,06
Delta H (T) teinte 1,63 0,62   2,9 1,44   3,37 1,12
Cyans 4,96 1,16   4,41 1,28   7,61 2,52
Verts 4,33 1,15   5,42 2,07   5,52 2,02
Jaunes 3,52 0,82   3,61 2,12   5,27 1,66
Rouges 3,87 0,93   4,36 1,05   5,35 1,71
Magentas 3,97 1,01   4,73 1,03   7,59 2,62
Bleus 6,27 0,84   7,89 2,71   6,82 2,13

Chacun pense ce qu'il veut, chacun interprète comme il le souhaite... mais pour moi, c'est le cas de le dire.."il n'y a pas photo"


Processus de traitement (26 mars 2008)

Ci-après je détaille (de façon simplifiée) le processus d'élaboration du profil ICC d'étalonnage (cas de Nikon Capture NX - ce serait très légèrement différent avec d'autres produits tels RawTherappe, CaptureOne...)

  1. Prise de vue de la mire (je rappelle que c'est "LA" condition de réussite), si possible en BdB "manuelle". A ce jour je me sers de la DT003 de C.Metairie, mais toute autre mire dont on a les valeurs spectrales peut convenir (il faut néanmoins refaire les "utilitaires" de transfert mire de prise de vue ==> format IT8; ce qui ne se fait pas en 5 minutes !)
  2. Ouverture du NEF sous Capture NX
    • correction éventuelle de l'exposition moyenne
    • balance des blancs "aux petits oignons", en utilisant le point gris, et en corrigeant les coefficients multiplicateurs de canaux pour tenir compte de la neutralité de la cellule qui a servi à la bdb (canal vert).
    • relevé des valeurs RGB sur le pourtour de la mire. Ces valeurs permettront ensuite de corriger le fichier RGB qui sert au profiler
    • contrôle des valeurs extrêmes des blancs et des noirs
    • Reprise de 1) si nécessaire
    • élaboration du fichier TIFF correspondant
  3. Lecture des valeurs RGB de la mire de prise de vue
  4. Ouverture du tableur et du fichier adhoc pour :
    • assurer la transposition mire de prise de vue vers format IT8
    • corriger les écarts d'expositions éventuels mesurés sur les bords de mire
    • incorporer le "patch LCMS" : il s'agit d'une quinzaine de couleurs qui ne sont pas dans la mire DT003 et qui vont guider le profiler dans les BL et les HL et éviter ainsi les lacunes et dérives dans ces conditions. Ce "patch" que j'ai élaboré a été réalisé empiriquement après de nombreux essais. Sans ce "patch", LCMS se comporte mal, surtout dans les BL
    • élaborer le fichier RGB de la mire artificielle IT8 qui servira à LCMS
  5. Ouverture de ColorLab (utilitaire gratuit de GretaMacBeth) et du fichier RGB élaboré précédemment et production d'un fichier PDF au format IT8
  6. Conversion du PDF en TIF
  7. Ouverture du tableur et du fichier adhoc pour :
    • en fonction des valeurs spectrales de la mire de prise de vue
    • élaborer les valeurs XYZ et Lab pour l'illuminant de la prise de vue. Les illuminants suivants sont disponibles :
      • D50, D65, A, B, C, E
      • illuminant lumière du jour "D" pour toutes les températures (ex: 3940, 4000K, 4900K, 6300K, 7800K, 9000K, etc.)
      • illuminant incandescent pour toutes les températures (ex: 2550K, 2700K, 3000K, 3400K, etc.)
      • illuminant lampes HMI 4800K
      • illuminant lampes GTI D50
      • tous les illuminants F dont F2 (4200K), F7 (6500K), F8 (5000K), F11 (4000K), F12 (3000K)
      • Solux 4700K, 4100K, 3500K
    • tenir compte des corrections d'adaptation chromatiques et ceci avec deux méthodes :
      • Bradford (méthode utilisée par Photoshop) afin de vérifier les mesures
      • CAM02 (CIECAM02 20002), pour optimiser les données cibles nécessaires au profiler
      • Prise en compte du "Patch LCMS" pour guider le profil dans les données des fichiers cibles
      • élaboration de 4 fichiers XYZ-Lab (prenant en compte l'illuminant et CAM02) -et éventuellement de la correction du canal vert- qui permettront d'élaborer 4 profils ICC:
        • reproduction
        • portrait
        • general : ajoute une saturation et un contraste variables faibles
        • hyper : ajoute une saturation et un contraste variables forts
  8. Ouverture de Lprof (LCMS) et chargement du fichier RGB et du fichier cible XYZ_Lab (repro) :
    • préréglage du profiler de base :
      • "CLUT - 33"
      • "Linear Bradford"
      • "Avg deviation: 0,0004"; "smoothness : 0,7"
    • élaboration du profil
      • vérification des valeurs deltaE94 du profiler
      • action sur "avg deviation" et "smoothness"
      • réélaboration du profil jusqu'à obtenir des minimas en termes de deltaE de profilage (qui ne sont pas les deltaE d'application du profil ICC)
  9. Ouverture du NEF de la mire, application du profil et conversion vers Prophoto afin d'assurer un premier contrôle visuel
  10. si tout va bien :
    • ouverture de Photoshop et d'une mire de Granger élaborée pour l'espace Prophoto
    • application du profil ICC généré avec LCMS
    • observation des lacunes et éventuelles déviations
    • corrections du "Patch LCMS" et des options "avg deviation" et "smoothness" par itérations successives (donc rélélaboration du profil ICC) pour diminuer voire quasi supprimer les lacunes et déviations
    • contrôle de l'absence totale de lacunes sous WideGamut (mire de Granger)
    • vérification sur 20 couleurs non présentes dans la mire, qui sont aux limites de :
      • AdobeRGB
      • WideGamut
      • Prophoto
      • pour les basses lumières : L=0,2 ; L=0,5; L=1; L=2; L=4
      • pour les hautes lumières: L=96 ; L=99
    • reprise éventuelle du "patch" et des options du profiler...et réélaboration du profil ICC "repro"
  11. Élaboration des 3 autres profils : portrait, general, hyper et contrôle dans les mêmes conditions que le "repro" (mires de Granger, 20 couleurs supplémentaires,...)
  12. Vérification du deltaE94 sur la mire de prise de vue (fichier NEF ou TIF)
    • avec plusieurs essais qui tiennent compte de l'intention de conversion (perceptuelle, absolue,...)
    • application du profil ICC; conversion (+intention) vers Prophoto
    • mesure des valeurs RGB
    • ouverture du tableur et du fichier adhoc
    • mesure des valeurs DeltaE94 et recherche de la meilleure intention (c'est quasiment toujours avec LCMS, l'intention "absolue" qui permet des deltaE94 moyens aux environs de 1 ou 1,5 et des maxi vers 4)
  13. Essais sur des photos réelles :
    • fortement sous exposées
    • fortement sur exposées
    • avec bdb défectueuse
    • avec très forte dynamique
    • et bien sûr aussi sur des prise de vues correctes : paysage (gammes de bleus et de verts...); portait (gamme de tons chairs...); intérieur....
  14. Validation et utilisation du profil...
  15. Ouf!

 

Synthèse au 23 décembre 2007 (maj 26 mars 2008)
 

Il est important d'exposer la mire dans de bonnes conditions, c'est même LA qualité nécessaire (exactitude de l'exposition, balance des blancs, égalité de l'illuminant, égalité de l'exposition, etc.). Une fois cette prise de vue réalisée, il est hautement souhaitable de déterminer la cible par une élaboration par conversion d'illuminant (méthode spectrale) et prise en compte de l'adaptation chromatique (CAM02), si par exemple la prise de vue a été faite à 4600K, il faut tenir compte de cet illuminant pour élaborer le fichier cible (XYZ Lab) -(voire retoucher le vert) et non se "contenter" du D50...Ces conditions sont nécessaires pour être absolument sûr de mesurer les dérives électroniques du boîtier, et non en finalité de rattraper un illuminant.

L'exposition avec deux flash et des essais successifs est une bonne méthode, moins "énervante" qu'en lumière du jour, néanmoins cette dernière est quand même opérationnelle. Néanmoins des essais récents faits avec 2 flash SB-600 ont montré la difficulté à obtenir une égalité d'exposition et l'absence de reflets...

Attention : un étalonnage de boîtier n'est opératoire qu'avec un dématriceur donné...

Sous ces conditions le profil élaboré sera quasi universel, si on n'est pas trop tatillon...

Donc en résumé, et ceci va complètement à l'inverse de ce que disent les opposants aux profils d'étalonnage, un profil ICC si il est bien fait en termes d'exactitude de pose, de balance des blancs, d'uniformité de l'éclairage, etc. sera "quasi universel" quelque soit la qualité de l'illuminant (à partir du moment où il est homogène, de type lumière du jour,  et non un mélange D50, Fluorescent par exemple). Dit autrement un même profil ICC de qualité, qu'il soit élaboré pour la reproduction ou sur mesure pour en plus de l'étalonnage modifier saturation et contraste, pourra corriger des prises de vues à 4000K, 5000K, Flash, ombre, nuageux, 9000K,...à condition que cette source soit homogène et une autre condition (souhaitable) est que la balance des blancs soit correcte ou au plus proche (car le profil va accentuer ... les qualités, mais aussi les défauts d'exposition notamment la BdB).

Le profil ne corrige pas l'illuminant mais une dérive électronique.

Cependant si on souhaite se rapprocher de la "perfection", et si on dispose d'excellents clichés de la mire sous d'autres illuminants que le classique "D50", les résultats seront légèrement meilleurs pour ces illuminants extrêmes.

Ce profil n'est certainement (voir ci dessous) pas "parfait" et valable dans tous les cas (surtout les extrêmes), mais a minima il fera toujours mieux que la réponse du boîtier seul

Je ne m'aventure pas à dire qu'il est utilisable (ce qui ne veut pas dire optimisé) de 3000K à 10000K car je n'ai pas pu le vérifier par essais, néanmoins c'est très probablement vrai...ou du moins dans des proportions notables. Des essais de laboratoires seraient nécessaires pour s'assurer que les coefficients multiplicateurs de canaux (données fournies par les constructeurs et spécifiques à chaque type de boîtier et pour chaque réglage) si ils varient, le font dans des proportions nettement moindre (3 à 5 fois) que la dérive générale RGB qui elle est constante et a priori (sur les boîtiers que j'ai testés) importante.

L'espace colorimétrique dans lequel on élabore le profil (et a priori celui dans lequel on travaille), est un élément primordial de qualité :
  • travailler en Prophoto, permet d'obtenir des résultats exceptionnels (DeltaE94 de l'ordre de 1 ou moins)
  • AdobeRGB présente des résultats moins bons mais cependant acceptables
  • sRGB est à éviter, le profil au mieux n'apporte rien

Rien n'interdit, une fois la colorimétrie traitée, de convertir vers un espace plus petit (sRGB ou mieux PhotoGamutRGB)

 

Le moteur de conversion ainsi que l'intention ont un impact très important sur le résultat :
  • dans l'espace Prophoto :
    • le rendu "absolu" avec comme moteur ACE ou NX donnera quasiment tout le temps des rendus exceptionnels
    • le rendu "perceptuel" pourra donner des résultats équivalents, mais souvent inférieurs au rendu absolu
    • il faut éviter le moteur ICM
  • dans l'espace AdobeRGB :
    • le rendu "perceptuel", avec comme moteur ACE ou NX donnera de bons rendus ou moyens, souvent inférieurs à ceux obtenus en Prophoto
    • ne jamais utiliser le rendu "absolu" qui donne de très mauvais résultats

Cette approche va un peu à l'encontre de ce qui se dit habituellement pour le rendu "absolu"...En effet utiliser ce rendu en "input" pour l'espace Prophoto, ne va tronquer que les couleurs au delà de Prophoto ! A l'inverse utiliser cette option en "sortie" est catastrophique, car on retire ou déforme les couleurs au delà de l'espace de l'imprimante.

 

J'ai à ce jour pu étalonner trois boîtiers, mon Nikon D200 en utilisant comme dématriceur Capture NX, un autre D200, et un boîtier Canon (merci à leurs utilisateurs qui m'ont permis de progresser dans la connaissance et la mise au point des profils):
  • ces 3 étalonnages ont été conduits avec les possibilités des dématriceurs qui ici imposent leurs "profils maison" et de fait obligent à réaliser le profil dans un espace colorimétrique donné (ici Prophoto)
  • dans les 3 cas l'étalonnage a été réalisé sous Prophoto et de manière artisanale en utilisant comme profiler "LCMS"
    • les résultats obtenus avec les couples D200 + Capture NX sont dans tous les cas exceptionnels (DeltaE94 inférieurs à 1 sur 288 couleurs) et ceci sur 4 profils (reproduction, portrait, saturé et contrasté, très saturé et très contrasté). Des tests sur plus de 400 photos dont certaines extrêmement surexposées, ou sousexposées, etc. n'amènent aucune dérive...et aucune lacune (une attente de validation du 2ème lot de profil pour le deuxième D200 est néanmoins nécessaire)
    • L'écart entre deux boîtiers d'un même série (ici D200) est assez important, un peu plus faible que l'ordre de grandeur que la dérive de chaque boîtier (bien sûr je ne peux faire de statistique avec 2 essais!) et justifie l'étalonnage individuel, ce que ne peut évidemment pas faire un profil générique.
      • J'ai voulu comparer avec un "vrai" profil obtenu avec des dématriceurs qui n'ajoutent pas un profil "maison" (RawTherappe, Raw Shooter,...): les résultats sont très bon du même ordre que avec Capture NX lorsqu'on travaille sur les fichiers TIF exportés. Par contre (et je me l'explique mal), lorsqu'on se sert de ces produits comme prévu, c'est à dire en réalisant le profil comme un profil d'entrée (ce que permettent ces produits), les résultats sont moins bons tout en étant "acceptables".
    • les résultats obtenus avec le boîtier Canon, sont un peu plus mitigés : très bons en rendu Absolu (DeltaE94 de l'ordre de 1,5), moyens en "perceptuel" avec des possibilités de dérives de couleurs (au moins au début de la démarche...), qui de mon point de vue, après évolution de la méthodologie, sont maintenant inexistantes avec des résultats comparables à ceux des D200 et un peu moins constants que pour mon D200

    Ce qui amène à penser que les caractéristiques des couleurs de la mire et le dématricage du boîtier ont l'air liés... De plus le profil "maison Nikon" au lieu d'être un handicap semble être un atout en lissant le travail intermédiaire. Et a priori travailler avec un "profil maison" et un "espace dédié" semble plus performant (au moins au niveau des essais que j'ai pu faire) que ce que recommande du bout des lèvres l'ICC.

 

Il me semble très important de signaler qu'on ne peut se contenter d'une élaboration rapide. Il est nécessaire :
  • d'essayer les options du profiler et les modes de rendus (absolu, perceptuel..). Ces essais sur 288 couleurs permettent d'objectiver les résultats.
  • d'optimiser le processus au fur et à mesure des essais en grandeur réelle faits par l'utilisateur (présence éventuelle de lacunes, rendu médiocre des BL ou des HL,...). Cette phase d'optimisation manuelle ne peut à mon point de vue être automatisée sans pertes d'efficacité. Elle aboutit pour chaque famille de profil a une adaptation de la méthodologie (modification des données de référence, modification en bas et haut de courbes, identification des paramètres du profiler, etc.).

De ce fait ma démarche est lente...L'élaboration d'une série de profils de base pour un boîtier X demande environ une journée de travail...et la mise au point se déroule sur plusieurs jours, par essais - erreurs successifs.

Une nouvelle mire (5..16 mai 2008)

Élaboration de la mire d'étalonnage APN - « JDC - Rouli » N°5

Premiers résultats  (1..16 mai 2008)

Pourquoi une « nouvelle » mire ?

  1. Tout d’abord un défi personnel dans la ligne de l’élaboration de profils ICC personnalisés que je m'étais fixée il y a plus d'un an.
  2. Ensuite, bien que la mire DT003 de C.Metairie soit très bonne, elle est mal adaptée à LCMS notamment dans les basses lumières, là où LCMS réclame des patch vers L=5 ou moins pour éviter des "lacunes", ainsi que dans les HL.
  3. A terme, LCMS pourra traiter des mires avec plus de patch que le simple IT8 (288 patchs), d’où le souhait d’avoir une mire entre 450 et 550 couleurs.
  4. Aujourd'hui, Rouli dispose des outils, dont ProfileMaker5, ce qui me permettra de tester mes méthodes et développement avec un vrai produit professionnel.
  5. Enfin, la collaboration avec (des) un autre passionné(s) des techniques photographiques est quelque chose de particulièrement bénéfique; la proposition de "Rouli" qui possède et maîtrise les matériels d'impression et de mesure m'a particulièrement intéressé.

Voici à ce jour le résultat de notre collaboration

Aperçu de la mire

Attention au rendu des couleurs avec les navigateurs Web !!

(ce ne sont pas tout à fait les vraies couleurs!)

 

 Quelques principes d'élaboration

  1. Retour d'expériences d'autres mires du marché

 

 

(**) les "primaires" se référent à une teinte  qui caractérise l'espace colorimétrique - avec : Teinte = arctang(b/a)  - avec  sensiblement (Prophoto) - Rouge : b/a = 0,75 ; bleu : b/a =-1,9 ; vert : b/a=-0,8 ; jaune : b/a =-31; magenta : b/a =-0,47  ; cyan : b/a = 0,13 ; chair  : b/a # 1 à 1,2 vers L=45 à 65. A noter que ces primaires changent modérément avec l'espace de travail selon le choix de Prophoto, CIERGB ou Adobe98,...

 

 

 

 

 

  1. Enseignements pour la mire N°5 « JDC Rouli »

 

 

 

 3. Premiers résultats (en cours 16 mai 2008)

Je présenterais les résultats sous le forme : 2 mires, 2 dématriceurs, 2 profilers

Introduction

Prise de vue - incidences des réglages du boîtier

Incidences du dématriceur (Nikon Capture NX ou ACR ou DCRAW)

Application des profils reproduction (ProfilMaker5)

Incidences de la mire - "JDC Rouli" ou "DT003"

Quelques profils en coupe (14 mai 2008)

Comparaison avec LCMS (Lprof - travaux anciens et nouveaux 1/05/2008 - provisoire !)

Peut-on arriver aux mêmes résultats sans profil ICC ?

Incidences d'un décalage de la balance des blancs ?

Que se passe-t-il si on applique le profil élaboré pour T à une image à T+1200K?

Un profil ICC - est-ce utile ?Synthèse

---------------------------------------------------------------------------

Introduction

Tous les essais ont été faits avec Nikon Capture NX, ACR, un D200 et en se servant des profils réalisés par Rouli avec ProfileMaker et par moi même avec Lprof (LCMS). Tout le travail est réalisé dans l'espace colorimétrique Prophoto.

Les calculs d'illuminants et toutes les données chiffrée et donc les comparaisons proviennent des algorithmes que j'ai mis au point pour jusqu'à des mires de 500 couleurs (ou plus)

Ces calculs peuvent être entachés d'erreurs ...

 

Essai réalisé en lumière du jour à 5300K.

Je ne reviens pas sur ce qui se trouve par ailleurs sur mon site :

 

Incidences des réglages du boîtier et du dématriceur : prise de vue

Réglages boîtier (et/ou Capture NX)

 

Prise de vue "ensoleillée 5300K" : Contraste normal - saturation moyenne (sans profil ICC "JDC Rouli")

Moyenne
 
5,38
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Ecart-type
 
2,62
 
Delta L 4,43
 
gris 4,35
 
neutres 4,87
 
Hors Adobe 7,16
Max
 
14,9
 
Delta C 3,6
 
gris HC 1,23
 

 

 

 
IN Adobe 4,93
Min
 
0,61
 
Delta H 1,78
 
GRIS <85 4,16
 
chair 3,75
 
Hors Wide 11,96

Prise de vue "ensoleillée 5300K" : Neutre (optimisation image NX) - en ayant revu l'exposition à la baisse (-0,5 IL) (sans profil ICC "JDC Rouli")

Moyenne
 
4,79
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Ecart-type
 
2,77
 
Delta L 4,48
 
gris 3,57
 
neutres 3,9
 
Hors Adobe 7,71
Max
 
14,99
 
Delta C 2,36
 
gris HC 1,12
 

 

 

 
IN Adobe 4,08
Min
 
0,29
 
Delta H 2,23
 
GRIS <85 2,95
 
chair 2,81
 
Hors Wide 12,88

 

Le premier rectangle verdâtre  donne le DetaE94 moyen, les écarts type, maxi et mini et les valeurs respectives des écarts en termes de luminance, chromaticité et teinte
Le gris donne les DE pour les teintes achromatiques - il y en a 65 (où j'ai fixé la valeur limite de chromaticité = racine(a2=b2) = 5); HC veut dire sans tenir compte de la luminance ; < 85 pour les gris dont L est < à 85
Neutres = DE des teintes neutres ou j'ai fixé la limite de chromaticité à 15 ; il y en a 62
Chair = DE des teintes chairs que j'ai limitée par chromaticité <50 et les teintes H > 0,3 et <1,5 (en radians); il y en a 56.
Le rectangle vert donne les DE des teintes Hors Adobe98; à l'intérieur de Adobe98 et Hors WideGamut
Puis le carré bleu, donne les DE par teinte.

 

Il s'avère que le meilleur choix est bien celui "tout à zéro", notamment pour préserver  les gris neutres et chair... Le choix de "neutre"...est acceptable.

De plus en examinant les 468 couleurs de la mire après la prise de vue :

  •  contraste faible et saturation moyenne:
    • aucune n'est hors WideGamut
    • aucune n'est hors AdobeRGB
    • au mieux les couleurs sont aux limites de sRGB
  • neutre
    • aucune n'est hors Widegamut
    • aucune n'est hors AdobeRGB
    • au mieux les couleurs sont aux limites de sRGB

Incidence du dématriceur : ACR au lieu de Capture NX, ainsi que DCRAW (maj 3/05/2008)

ACR

Prise de vue "ensoleillée 5300K"(sans profil ICC "JDC Rouli") :

En plus de Nikon Capture NX, j'ai choisi ACR (Adobe Camera Raw) qui rappelons le, se sert de DCRAW. Cette configuration ne prend pas en compte les réglages du boîtier (seul NX le fait), j'ai seulement mis les réglages ACR "tout à zéro". Bien sûr il s'agit du même NEF.

Moyenne
 
4,28
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Ecart-type
 
1,63
 
Delta L 3,84
 
gris 3,36
 
neutres 3,55
 
Hors Adobe 4,37
Max
 
8,25
 
Delta C 1,88
 
gris HC 0,84
 

 

 

 
IN Adobe 4,25
Min
 
0,44
 
Delta H 1,64
 
GRIS <85 3,54
 
chair 4,28
 
Hors Wide 3,5
Cyan 3,62
Vert 4,81
Jaunes 3,61
Rouges 5,38
Magenta 4,47
Bleus 3,76

 

En examinant les 468 couleurs de la mire après la prise de vue :

  • les couleurs Hors Widegamut sont présentes
  • les couleurs hors AdobeRGB sont présentes
  • et sensiblement dans le même nombre que la vue originale.. Ceci est confirmé par les DeltaE94 des couleurs hors AdobeRGB et hors WideGamut.

En simplifiant on peut dire - avant application d'un profil ICC :

  • NX ramène par logiciel les données du capteur vers un gamut proche de sRGB
  • ACR conserve le gamut de la prise de vue, en maintenant (aux écarts près) les valeurs hors WideGamut et hors AdobeRGB
  • les DeltaE moyens "prise de vue"  (NX et ACR)  sont sensiblement identiques
  • NX privilégie les tons chairs - gris et neutres qui sont plus élevés avec ACR
  • NX écrase plus les HL que ACR : une référence L=96 devient 90 sous NX et 92 sous ACR...

DCRAW - mise à jour 5 mai 2008

Prise de vue "ensoleillée 5300K" (sans profil ICC "JDC Rouli") :

Afin de vraiment savoir quel est le "contenu" du capteur, j'ai choisi de dématricer avec DCRAW qui rappelons le est à la base de nombreux dématriceurs du marché (ACR, Ligtroom, UFRAW, Bibble, RawShooter, etc.). L'avantage de traiter directement avec DCRAW c'est qu'il n'y a aucun profil maison (on peut en ajouter un si on le souhaite) et ainsi de recevoir directement les informations du capteur. L'inconvénient de DCRAW c'est sa rusticité, on ne peut travailler qu'en ligne de commande... d'où un dématricage long et peu "productif" . Commande de type - "DCRAW -r 1.83 1.002 1.36 1.0 +M -o 4 -T xxxx.NEF"... qui produit un TIF sous ProphotoD65.

Je donne uniquement le résultat avec l'option de DCRAW "+M" = utilisation de la matrice de couleur spécifique au boîtier. J'ai essayé les options "-M" (ne pas tenir compte des données boîtier), ainsi que d'autres options notamment sur la balance des blancs, les résultats sont très très proches notamment pour les données hors AdobeRGB, hors WideGamut, ainsi que pour les deltaE94 correspondants (écarts de l'ordre de 0,1 à 0,2 DE).

Moyenne
 
2,78
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Ecart-type
 
1,36
 
Delta L 2,04
 
gris 1,65
 
neutres 1,77
 
Hors Adobe 3,57
Max
 
7,92
 
Delta C 1,79
 
gris HC 0,85
 

 

 

 
IN Adobe 2,6
Min
 
0,13
 
Delta H 1,5
 
GRIS <85 1,33
 
chair 2,35
 
Hors Wide 2,54
Cyan 2,25
Vert 3,33
Jaunes 2,21
Rouges 3,37
Magenta 3,3
Bleus 2,31

En examinant les 468 couleurs présentes, qu'a fait le dématriceur DCRAW :

Ce sont les plus faibles DeltaE94, moins que Capture NX, moins que ACR et ceci pour tous les secteurs (par teinte, chair, hors Wide, etc.)

Les HL sont quasi conservées, pour L=96 (mire) on aboutit à L=93,5

Les BL sont conservées, pour L=3,5 (mire), on aboutit à L=3,4.

Je ne réaliserais pas de profil pour DCRAW, car ce produit par lui même n'est pas opérationnel; il permet de percevoir les informations présentes sur le capteur.

Quelques exemples de couleurs hors WideGamutRGB - j'en ai extrait 5 sur 30 (valeurs à 5300K) :

Couleurs / patch mire Lab de la mire Lab lues par DCRAW RGB Prophoto lues RGB WideGamutRGB lues RGB AdobeRGB lues DeltaE94  
Bleu sombre - A4 L=22,6 a=4,8 b=-55,9 L=21 a=6 b=-59,8 R=35 G=39 B=114 R= -29 G=60 B=135 R= -41 G=55 B=138 2,1  
Bleu très sombre - D3 L=9,6 a=30 b=-51 L=6,2 a=28,2 b=-52,6 R=24 G=12 B=68 R=-12 G=28 B=89 R=-15 G=13 B=91 3,8  
Bleu dense - D12 L=25 a=16,5 b=-70 L=22 a=16,7 b=-75 R=41 G=39 B=142 R=-42 G=63 B=162 R=-52 G=54 B=165 3,2  
Cyan moyen - G5 L=43,3 a=-22 b=-67 L=43,9 a=-17,7 b=-66,9 R=64 G=92 B=195 R=-28 G=116 B=209 R=-64 G=116 B=212 2,1  
Bleu - H10 L=30 a=5 b=-71 L=28,6 a=6,1 b=-74,8 R=47 G=53 B=161 R=-44 G=79 B=179 R=-59 G=72 B=182 2,2  

Valeurs arrondies pour simplifier la présentation.

Prise de vue "ensoleillée" - option Dcraw - dématricage linéaire (6 mai 2008) (sans profil ICC "JDC Rouli")

Par curiosité, j'ai tenu à utiliser l'option "linéaire" de Dcraw qui met un gamma de 1 au moment du dématricage. Cette image n'a eu aucune correction de gamma, aucune courbe, aucun"niveaux", juste un ajustement de l'exposition.

Voici la ligne de commande : DCRAW -r 1.83 1.002 1.36 1.0 -v -o 4  -4 +M -T 4029-1.NEF (-r = balance des blancs et ses multiplicateurs de canaux ; -o 4 = Prophoto65 ; -b correction luminosité ; -4 = linéaire au lieu de gamma 1.8 ; -T sortie en TIF). Les 4 paramètres -r (1.83 1.002 1.36 1.00 correspondent à T=5350K pour un D200)

Évidemment, l'image est moins contrastée...

Moyenne
 
4,16
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Ecart-type
 
1,61
 
Delta L 3,05
 
gris 3,48
 
neutres 3,82
 
Hors Adobe 4,64
Max
 
9,12
 
Delta C 2,93
 
gris HC 0,77
 

 

 

 
IN Adobe 4,04
Min
 
0,26
 
Delta H 1,4
 
GRIS <85 2,98
 
chair 2,77
 
Hors Wide 3,44
DeltaE couleurs
 
Cyan 4,04
Vert 4,84
Jaunes 3,47
Rouges 3,46
Magenta 4,79
Bleus 4,48

et 24 couleurs hors AdobeRGB, et 10 hors WideGamutRGB... et toujours à noter les faibles deltaE94 par rapports aux couleurs de la mire qui sont hors AdobeRGB et hors WideGamutRGB.

 

Prise de vue à l'ombre - 6500K (sans profil ICC "JDC Rouli")

Moyenne
 
4,51
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Ecart-type
 
2,29
 
Delta L 3,45
 
gris 4,81
 
neutres 4,64
 
Hors Adobe 4,85
Max
 
13,44
 
Delta C 2,89
 
gris HC 2,65
 

 

 

 
IN Adobe 4,43
Min
 
0,37
 
Delta H 2,3
 
GRIS <85 4,31
 
chair 2,55
 
Hors Wide 3,97
Cyan 5,12
Vert 5,93
Jaunes 3,93
Rouges 3,6
Magenta 4,64
Bleus 4,69

(voir à titre de comparaison le même NEF dématricé avec Nikon Capture NX)

En examinant les 468 couleurs présentes, qu'a fait le dématriceur DCRAW :

Dans la réalité ce qui bouge beaucoup ce sont les valeurs extrêmes de luminance pour les HL et les BL (dès que l'on sort de la zone L=40 à 60)

Les HL sont baissées, pour L=96 (mire) on aboutit à L=88

Les BL sont relevées, pour L=3,5 (mire), on aboutit à L=7.

C'est pour l'essentiel ce manque de contraste qui amène une baisse assez importante des deltaE94. En agissant sur le contraste de l'image (9% sous Nikon Capture NX), on ramène "sensiblement" l'image à la même apparence que la prise de vue à 5300K, ainsi que les valeurs hors WideGamut et hors AdobeRGB qui "reviennent"  respectivement à  70 et 42 (attention toutefois on ne peut utiliser cet artifice pour élaborer un profil ICC; cette manipulation a juste pour objectif de montrer ce que le bon sens ressent).

 

Premières conclusions générales :

  • ceci veut donc dire que comme le dématriceur ne peut pas jouer aux devinettes, les informations présentes sur le capteur à la prise de vue englobent des données (au moins celles de la mire) au delà de WideGamutRGB, ou au moins supérieure à AdobeRGB ?
  • Profitant des caractéristiques de DCRAW, Lightroom exploite de fait (?) toutes les possibilités des données en travaillant en espace proche de Prophoto (Melissa).
  • si on souhaite étalonner son boîtier il est souhaitable de percevoir ces données donc d'avoir une mire au gamut le plus large (l'idéal serait d'avoir une mire qui englobe l'ensemble de Prophoto !!, mais à ce jour les imprimantes haut de gamme ont des limites qui sont proches de WideGamut dans les bleus / cyans et jaunes; proches de AdobeRGB dans les rouges et inférieurs à sRGB pour certains verts...)
  • Comme il fallait s'y attendre, les conditions d'exposition à l'ombre (et par temps couvert) réduisent le contraste et un peu la saturation. On s'en aperçoit surtout sur les blancs et les noirs qui voient leurs luminances respectivement baisser et croître d'environ L = 5. DE ce fait ces clichés ne sont pas vraiment corrects pour faire un profil ICC; par contre ils donnent de précieuses  informations sur le comportement du capteur dans ces conditions.

 

Application de profil ICC "reproduction" - ProfileMaker5 et mire "JDC Rouli" - 468 couleurs

Après ICC et Conversion vers Prophoto (perceptuel)

Nikon Capture NX

"Ensoleillé" (AVEC profil ICC "JDC Rouli")

Moyenne
 
2
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Ecart-type
 
1,49
 
Delta L 1,85
 
gris 2,2
 
neutres 2,54
 
Hors Adobe 2,3
Max
 
8,75
 
Delta C 1,13
 
gris HC 0,89
 

 

 

 
IN Adobe 1,94
Min
 
0,05
 
Delta H 1,23
 
GRIS <85 1,21
 
chair 1,36
 
Hors Wide 3,29

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
L< 85 – sauf gris 1,92
 
L <15 2,27
 
Sat 40-60 1,9

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
L >80 4,51
 
L < 75 1,67
Cyan 3,81
Vert 2,15
Jaunes 1,39
Rouges 1,34
Magenta 1,57
Bleus 2,03

En plus des données "prise de vue", j'ai ajouté, 3 séries de données :

  • valeur des Deltae94 pour une luminance L < 85 en éliminant les gris achromatiques
  • valeurs pour les luminances inférieures à L=15
  • valeurs pour les luminances supérieures à L=80
  • valeurs pour les luminances inférieures à l+75 en incluant les gris
  • valeurs pour les saturations pastels (saturation entre 40 et 60%)

Pour NX on peut ajouter que le profil "récupère" la quasi totalité des couleurs hors AdobeRGB et hors WideGamut en les rendant quasi semblables aux originaux.

ACR

"Ensoleillé" (AVEC profil ICC "JDC Rouli")

Moyenne
 
1,9
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Ecart-type
 
0,97
 
Delta L 1,33
 
gris 1,78
 
neutres 1,83
 
Hors Adobe 2,18
Max
 
5,92
 
Delta C 1,06
 
gris HC 0,84
 

 

 

 
IN Adobe 1,84
Min
 
0,23
 
Delta H 1,28
 
GRIS <85 1,44
 
chair 1,41
 
Hors Wide 2,72

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
L< 85 sauf gris 1,92
 
L<15 2,26
 
Sat 40 60 1,83

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
L>80 2,54
 
L< 75 1,83
Cyan 2,59
Vert 2,16
Jaunes 1,38
Rouges 1,79
Magenta 1,96
Bleus 1,74

 

Synthèse ACR NX avec profil(s) ICC reproduction PM5

Comme on peut le constater les résultats sont très semblables, la différence provient pour l'essentiel de l'écrasement supérieur des HL par NX que le profil ne rattrape que partiellement.

Ces résultats sont très bons, aussi bien de manière générale que pour les tons gris - neutres et chairs et pour "rattraper" toutes les couleurs hors sRGB pour NX en les ramenant sensiblement aux valeurs de la mire (c'est à dire hors AdobeRGB et hors WideGamut).

On obtient sensiblement la même apparence en comparant la mire originale et la photo de la prise de vue + application du profil ICC

 

Incidence de la mire "JDC Rouli" ou "DT003" (avec Nikon Capture NX)

mire DT003 (C.Metairie)

"Ensoleillé" (AVEC profil ICC "CMP")

Moyenne
 
2,55
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Ecart-type
 
1,47
 
Delta L 2,18
 
gris 2,66
 
neutres 3,14
 
Hors Adobe 3,01
Max
 
8,75
 
Delta C 1,43
 
gris HC 1,18
 

 

 

 
IN Adobe 2,44
Min
 
0,37
 
Delta H 1,37
 
GRIS <85 1,82
 
chair 1,96
 
Hors Wide 3,3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
L< 85 – sauf gris 2,54
 
L<15 3,32
 
Sat 40 60 1,98

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
L >80 4,66
 
L < 75 2,26
Cyan 3,66
Vert 2,61
Jaunes 2,05
Rouges 2,01
Magenta 2,13
Bleus 2,81

 

Rappel mire "JDC Rouli"

"Ensoleillé" (AVEC profil ICC "JDC Rouli")

Moyenne
 
2
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Ecart-type
 
1,49
 
Delta L 1,85
 
gris 2,2
 
neutres 2,54
 
Hors Adobe 2,3
Max
 
8,75
 
Delta C 1,13
 
gris HC 0,89
 

 

 

 
IN Adobe 1,94
Min
 
0,05
 
Delta H 1,23
 
GRIS <85 1,21
 
chair 1,36
 
Hors Wide 3,29

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
L< 85 – sauf gris 1,92
 
L <15 2,27
 
Sat 40-60 1,9

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
L >80 4,51
 
L < 75 1,67
Cyan 3,81
Vert 2,15
Jaunes 1,39
Rouges 1,34
Magenta 1,57
Bleus 2,03

 

Synthèse

Il est aisé de constater que pour la majorité des rubriques, les deltaE94 obtenus avec la mire "JDC Rouli" sont en baisse de 0,5 par rapport à la DT003. C'est à la fois peu et beaucoup, peu en valeur absolue, beaucoup en relatif.

Dans les basses lumières la baisse est plus conséquente, environ 1 DE.

Seules les couleurs cyans sont un peu mieux rendues par la mire DT003.

 

 

Conclusion

Comme on aurait pu s'en douter, mais rien ne vaut l'expérimentation :

  • l'ajout de nombreuses basses lumières (la mire "DT003" ne va pas en dessous de L=12, et la "JDC Rouli" arrive vers 4 ou 5 avec un gamut large pour ces couleurs), améliore le rendu des BL.

  • l'ajout de tons neutres et chairs améliore aussi leur rendu

  • l'accroissement au maximum du gamut se sent, même si en hors WideGamut l'écart est insignifiant, ce qui est normal car les 2 mires exploitent au maximum la zone des bleus qui sont ici concernés. Par contre l'accroissement du gamut dans les rouges en cherchant le maxi (AdobeRGB) se perçoit bien.

  • Ceci se traduit par une mire avec plus de patchs (468 au lieu de 285), plus de BL, plus de couleurs chairs et un gamut exploité au maximum.

La mire "DT003" est très performante ; la mire "JDC Rouli" exploite plus le nombre de patchs accru et l'élargissement du gamut.

 

Peut être, peut-on "un peu" améliorer la "JDC Rouli" par quelques patchs dans les cyans et verts (composante b proche de 0)... mais n'est-on pas en train d'enc..er les mouches ?

 

Quelques profils en coupe (maj 14 mai 2008)

 

Pour certains une vision des profils est plus pertinente que des calculs... Mon collègue Rouli m'a  fourni les données nécessaires obtenues avec ProfileMaker5.

Valeurs pour L=50.

 

Comparaison graphique Nikon Capture NX

 

J'ai tenu à faire figurer sur un même schéma :

  • les limites approximatives de 3 espaces "habituels" : WideGamutRGB, AdobeRGB98, sRGB...Je n'ai pas fait figurer Prophoto pour ne pas encombrer. J'ai volontairement représenté 3 coupes; l'une vers L=31, la seconde vers L=50; la troisième vers L=89

  • la position approximative de 4 couleurs qui sont dans la mire "JDC Rouli" (parmi 468), un bleu très sombre (hors Widegamut), un rouge aux limites de AdobeRGB, un jaune au delà de AdobeRGB, et un vert au delà de AdobeRGB

  • la position approximative de 3 rendus : 1) réglage contraste faible - saturation moyenne (sans profil ICC "JDC Rouli"); 2) le même corrigé par le profil ICC d'étalonnage ; 3) optimisation image "saturé" (sans profil ICC "JDC Rouli")

Pour simplifier le schéma je n'ai pas tenu compte dans celui-ci des variations importantes de luminance et n'ai tenu compte (toujours pour le schéma, mais les calcules de DeltaE94 le prennent en compte) que des valeurs "a" et "b" de L. Par exemple le bleu qui est à L=31 dans la mire, est à L=45 pour contraste faible, à L=31 pour correction ICC et à L=37 pour "saturé"

 

De plus j'ai réalisé un comparatif des deltaE94 pour ces 4 cas.

 

Et avec une autre mire ?

On peut légitimement se poser la question : "est-il bon de vérifier un profil à partir de la mire qui a servi à l'élaborer ?". Je me suis posé la question tout au début de ma démarche et j'ai après essais conclu que cela n'avait aucune importance. Cependant afin de légitimer cette manière de faire, j'ai appliqué le profil ICC d'étalonnage élaboré avec la mire "JDC Rouli" au cliché correspondant de la mire DT003 de C.Metairie.

Après avoir vérifié les couleurs similaires correspondantes à celles choisies ci-dessus dans la gamme des couleurs de la DT003, il n'y a aucune différence. Afin d'apporter autre chose que des dires, j'ai choisi 4 autres couleurs de la mire DT003 : 1) un bleu sombre L=17 a=12 b=-28 ; 2) un jaune L=89 a=-15 b=89 ; 3) un vert L=62 a=-70 b=46; 4) un rouge L=61 a=47 b=47.

A ces 4 couleurs j'ai fait subir 3 opérations : 1) lecture par Capture NX en mode "contraste faible - saturation moyenne" ; 2) application du profil ICC élaboré avec la mire "JDC Rouli" ; 3) les valeurs Lab à 5300K de la mire DT003 de C.Metairie.

 

Les résultats sont analogues  au cas précédent.

 

 

 

Comparaison graphique - ACR et DCRAW

  • mêmes remarques que pour la comparaison NX

  • la position approximative de 4 rendus : 1) ACR tout à zéro (sans profil ICC "JDC Rouli") ; 2) le même corrigé par le profil ICC d'étalonnage ; 3) DCRAW "normal" (sans profil ICC); 4) DCRAW linéaire avec gamma=1.(sans profil ICC)

Attention :

  • ces schémas ne montrent que 4 valeurs "limites". Pour l'ensemble des comparaisons voir les autres paragraphes où notamment NX est plus fidèle pour les tons chairs et neutres

  • après profil ICC d'étalonnage, les résultats NX et ACR sont très semblables.

 

Comparaison avec LCMS (Lprof - travaux anciens et nouveaux 1/05/2008 très provisoires !)

J'ai tenu à faire figurer ce que pourrait donner LCMS..je dis bien "pourrait" car je n'ai pas refait de profil spécifique avec cette nouvelle mire. En effet le travail à engager est important, plus de 10 jours...Pour probablement un résultat moyen et guère meilleur que ce que j'ai déjà obtenu. En effet les premiers résultats ci-dessus m'amènent à dire que l'accroissement du nombre de patchs est une condition déterminante, or aujourd'hui Lprof est limité à 288 couleurs. Ce qui revient à dire que je vais déshabiller Pierre pour habiller Jean...si je veux tout privilégier.

 

Donc comme aujourd'hui je "bénéficie" de la coopération avec Rouli et donc des profils réalisés avec ProfileMaker, je réserve cette avancée pour la date où LCMS sortira avec la possibilité de traiter des mires avec plus de patchs (1er ou 2ème semestre 2008?). Dans ce cas et selon les possibilités de Lprof je pourrais additionner (ou non) les patchs des mires "JDC Rouli" et LCMS, pour optimiser le système. A suivre ! j'espère bientôt.

 

Néanmoins :

 

 

Moyenne
 
2,57
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Ecart-type
 
1,81
 
Delta L 2,33
 
gris 2,38
 
neutres 2,53
 
Hors Adobe 3,45
Max
 
11,26
 
Delta C 1,47
 
gris HC 1,06
 

 

 

 
IN Adobe 2,36
Min
 
0,1
 
Delta H 1,52
 
GRIS <85 2,13
 
chair 1,72
 
Hors Wide 4,79

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
L > 15 2,07
 

 

 

 

 

 

 

 
L< 85 sauf gris 2,6
 
L<15 5,18
 
Sat 40 60 2,26

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
L>80 2,67
 
L < 75 2,6
Cyan 3,26
Vert 2,2
Jaunes 1,74
Rouges 1,72
Magenta 1,89
Bleus 3,88

 

Donc en "retirant" 0,5 DE dus aux écarts d'optimisation d'illuminants, les résultats sont semblables en moyenne....

A noter ce que je présentais le rendu très moyen actuel des BL ...normal, LCMS n'a rien pour être guidé...

Remarquer la case "L > 15" qui donne DE=2,07 soit... en tenant compte des écarts d'illuminants environ DE = 1,5..soit mieux que PM5!...

 

Prise en compte de la nouvelle mire

En fait j'ai fait le nouveau profil très vite. Ce travail est fait en choisissant 288 couleurs - celles qui me semblent les plus significatives - BL, HL, hors Wide, etc. - parmi les 468 et en fabriquant artificiellement :

J'applique ensuite ce profil sur la photo de la mire (468 couleurs) et convertit vers Prophoto en colorimétrie absolue.

 

A noter que ce profil n'est absolument pas utilisable tel quel...Il présente des lacunes défauts qu'il faut combler. Néanmoins je donne les résultats bruts et provisoires.

"Ensoleillé"

 

Moyenne
 
1,02
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Ecart-type
 
0,57
 
Delta L 0,73
 
gris 1,21
 
neutres 1,27
 
Hors Adobe 0,86
Max
 
3,79
 
Delta C 0,59
 
gris HC 0,86
 

 

 

 
IN Adobe 1,06
Min
 
0,09
 
Delta H 0,69
 
GRIS <85 1,25
 
chair 1,13
 
Hors Wide 1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
L< 85 – sauf gris 1,01
 
L <15 1,48
 
Sat 40-60 1,01

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
L >80 0,76
 
L < 75 1,08
Cyan 1,16
Vert 0,91
Jaunes 0,85
Rouges 1
Magenta 1,11
Bleus 1,07

 

 

 

Peut-on arriver aux mêmes résultats sans profil ICC ?

 

En fait ici je commence à aborder le sujet  - un profil ICC d'étalonnage d'APN, pourquoi ? qu'est-ce que cela amène ?

 

Certains disent : pourquoi faire, on arrive sensiblement aux mêmes résultats en ajustant contraste, saturation, éditeur LST, courbes, etc.

Je n'évoque pas le cas de l'étalonnage du boîtier par les méthodes "manuelles" en se servant de ACR...

 

J'ai, en plus du profil "reproduction", fait élaborer un profil qui amène en plus des corrections d'étalonnage, du contraste (environ 15%) et de la saturation - variable, environ 12% sur les teintes pastels et 15% sur les saturées.

Toutes les comparaisons sont à partir de la même référence de la mire telle qu'elle est sans contraste ni saturation supplémentaires.

 

A titre de comparaison j'ai choisi 2 possibilités offertes par Capture NX :

 

Réglage du contraste et de la saturation par LST et amplificateur de saturation (sans profil ICC "JDC Rouli")

"Ensoleillé"

Moyenne
 
4,25
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Ecart-type
 
2,7
 
Delta L 4,38
 
gris 3,19
 
neutres 3,32
 
Hors Adobe 6,52
Max
 
14,86
 
Delta C 1,63
 
gris HC 0,92
 

 

 

 
IN Adobe 3,7
Min
 
0,5
 
Delta H 1,87
 
GRIS <85 3,03
 
chair 3,09
 
Hors Wide 12,38

 

DE moyens acceptables et peu changés.

Aucune couleur "récupérée" en hors WideGamut

Environ 50 couleurs récupérées en hors AdobeRGB

Beaucoup de couleurs glissent de sRGB vers AdobeRGB

Mais DE importants...

 

 

Optimisation image "saturée" (sans profil ICC "JDC Rouli")

"Ensoleillé"

Moyenne
 
8,59
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Ecart-type
 
4,1
 
Delta L 7,11
 
gris 5,98
 
neutres 7
 
Hors Adobe 11,7
Max
 
24,81
 
Delta C 4,51
 
gris HC 1,25
 

 

 

 
IN Adobe 7,81
Min
 
0,44
 
Delta H 4,43
 
GRIS <85 6,79
 
chair 8,57
 
Hors Wide 15,82

Aucune couleur "récupérée" en hors WideGamut

2 couleurs récupérées en hors AdobeRGB

Quelques couleurs qui glissent de sRGB vers AdobeRGB

 

 

 

Profil ICC "JDC Rouli" - contraste +15% - saturation variable 12 et 15%

"Ensoleillé"

Moyenne
 
3,02
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Ecart-type
 
1,13
 
Delta L 2,11
 
gris 2,59
 
neutres 2,83
 
Hors Adobe 3,69
Max
 
10,92
 
Delta C 2
 
gris HC 1,2
 

 

 

 
IN Adobe 2,86
Min
 
0,08
 
Delta H 1,4
 
GRIS <85 2,34
 
chair 3
 
Hors Wide 4,9

Environ 150 couleurs hors AdobeRGB

Plus de 50 couleurs hors WideGamut.

Le profil "fait son travail", les DE sont sensiblement conservés....Bien sûr cette image serait difficilement imprimable, mais ce n'est pas ici ce qu'on recherche!

 

Synthèse

Mieux vaut fuir sous NX l'option "optimisation image saturée" !!

 

L'option "contraste + saturation" à partir de LST est acceptable, notamment pour les tons neutres, gris et chairs, par contre elle ne permet en aucun cas de simuler / remplacer les couleurs hors sRGB; certes elle sature, contraste met des couleurs dans ces zones, mais les DE sont importants...

 

Le profil ICC contrasté et saturé est de très loin ce qui apporte la meilleure solution... si bien sûr on le juge nécessaire...

 

 

Incidences d'un décalage de la balance des blancs ?

 

Parmi les points clefs relatifs à l'utilisation des profils ICC d'étalonnage deux questions reviennent fréquemment, alors que le profil ICC a été élaboré pour un illuminant donné (et une température donnée...) , que se passe-t-il "dans la vraie vie" lorsqu'on s'éloigne de ces conditions idéales qui sont celles de la reproduction :

Pour y répondre (partiellement), je mettrais en oeuvre plusieurs familles d'essais :

  1. Première famille d'essais :

    • utilisation d'une prise de vue réalisée en mars 2008, avec la mire DT003 de C.Metairie

      • traitement avec Nikon Capture NX en réglage "contraste faible - saturation moyenne" en Prophoto.

      • détermination de la température correspondant à la balance des blancs du cliché par deux méthodes (point gris de NX et multiplicateurs de canaux de DCRAW). La température correspond sensiblement à 4850K

    • calcul des valeurs XYZ, dérivées des valeurs spectrales pour 4850K, application du modèle CIECAM02 pour tenir compte des conditions d'adaptation chromatiques, conversion en valeurs Lab. Ces valeurs dont la forme est de type (pour 285 ou 468 couleurs) : 

    • N° Cellule Coordonnées X Y Z L a b  
      2 A2 65,11 74,02 8,32 88,93 -13,60 87,79  

      donnent au profiler les informations nécessaires (cible à atteindre), et permettent (valeurs Lab) de calculer  les deltaE94  en les comparant aux valeurs lues.

       

    • A) mesure de 285 valeurs RGB, du cliché tel quel (sans profil ICC, sans modification de la température) conversion en XYZ Lab (algorithmes utilisés par Photoshop) et calcul des deltaE94

    • B) application du profil ICC élaboré pour 4850K avec ce cliché, à ce cliché, mesure des 285 valeurs RGB, conversion en XYZLab et calcul des deltaE94

    • C) modification volontaire de la température du fichier NEF en la portant avec Nikon Capture NX à 5500K. Mesure des 285 valeurs RGB, conversion en XYZ Lab et calcul des deltaE94

    • D)à partir du cliché modifié en température (4850K==> 5500K) application du profil ICC "JDC Rouli", élaboré à partir d'un cliché à 5350K et la mire "JDC Rouli". Mesure des 285 couleurs, conversion en XYZ Lab et calcul des deltaE94.

Mesure A - Cliché de la mire DT003 (C.Metairie) à 4850K - réglage Capture NX - "contraste faible - saturation moyenne"

Moyenne
 
4,38
 

 

 

 

 

 

 

 

 
Ecart-type
 
2,84
 
Delta L 4,49
 
gris 4,09
 
neutres 4,73
Max
 
13,84
 
Delta C 2,39
 
gris HC 2,24
 

 

 
Min
 
0,39
 
Delta H 1,12
 
GRIS <85 3,94
 
chair 4,7
DeltaE couleurs
 
Cyan 4,6
Vert 3,82
Jaunes 3,78
Rouges 3,46
Magenta 4,15
Bleus 7,25

 

On peut déjà constater que les résultats sont comparables à ceux obtenus dans des conditions voisines avec la mire "JDC Rouli". Les valeurs maximales sont un peu meilleures étant donné que la mire DT003, contient moins de couleurs "limites".

 

Mesure B - idem à mesure A et application profil ICC élaboré avec ce cliché pour cette température 4850K

Moyenne
 
2,19
 

 

 

 

 

 

 

 

 
Ecart-type
 
1,03
 
Delta L 1,9
 
gris 2,4
 
neutres 2,04
Max
 
6,81
 
Delta C 1,07
 
gris HC 1,49
 

 

 
Min
 
0,31
 
Delta H 1,03
 
GRIS <85 2,26
 
chair 2,36
DeltaE couleurs
 
Cyan 2,3
Vert 2,43
Jaunes 2,2
Rouges 1,64
Magenta 2,08
Bleus 1,88

Là encore les résultats sont comparables à ceux obtenus avec la mire "JDC Rouli". Le profil fait son travail  et en gros divise les deltaE94 par 2.

Mais que se passe-t-il si on fait varier la température ?

 

Mesure C: idem à mesure A, mais température réglée par Capture NX à 5500K

Moyenne
 
5,22
 

 

 

 

 

 

 

 

 
Ecart-type
 
2,41
 
Delta L 4,4
 
gris 5,39
 
neutres 5,21
Max
 
13,83
 
Delta C 2,63
 
gris HC 3,93
 

 

 
Min
 
1,17
 
Delta H 2,61
 
GRIS <85 5,36
 
chair 5,46
DeltaE couleurs
 
Cyan 6,92
Vert 4,7
Jaunes 5,15
Rouges 3,4
Magenta 4,92
Bleus 9,03

Comme on peut le constater, ce décalage de température de 650K et qui rend l'image nettement plus chaude, accroît les delate94 en moyenne de +1

 

Mesure D : idem à C, et application du profil "JDC Rouli" élaboré avec un autre illuminant (5350K au lieu de 4850K) et une autre mire ("JDC Rouli" au lieu de "DT003")

Moyenne
 
3,52
 

 

 

 

 

 

 

 

 
Ecart-type
 
1,56
 
Delta L 2,14
 
gris 3,79
 
neutres 3,34
Max
 
7,57
 
Delta C 1,83
 
gris HC 2,98
 

 

 
Min
 
0,31
 
Delta H 2,62
 
GRIS <85 3,68
 
chair 4,32
DeltaE couleurs
 
Cyan 3,93
Vert 3,81
Jaunes 4,35
Rouges 2,18
Magenta 4,15
Bleus 1,92

 

Certes les deltaE94 ont augmenté par rapport aux conditions idéales (celles de la reproduction), mais ces valeurs restent très bonnes, nettement meilleures que l'image originale à 4850K et meilleure que l'image originale portée à 5500K.

Chacun interprétera en fonction de ses objectifs et de ses croyances.

 

2. Deuxième famille d'essais

Je procède à une démarche similaire mais inversée.

Partir de la mire "JDC Rouli" et du profil "JDC Rouli" élaboré pour 5350K, en modifiant la température pour la baisser (plus froid) vers 4850K.

 

Mesure E : rappel prise de vue à 5350K - dématricage par Capture NX - contraste faible - saturation moyenne (sans profil ICC "JDC Rouli")

Moyenne
 
4,99
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Ecart-type
 
3,09
 
Delta L 4,89
 
gris 2,87
 
neutres 3,14
 
Hors Adobe 8,57
Max
 
15,02
 
Delta C 2,76
 
gris HC 0,93
 

 

 

 
IN Adobe 4,21
Min
 
0,35
 
Delta H 1,68
 
GRIS <85 1,99
 
chair 2,8
 
Hors Wide 13,12
DeltaE couleurs
 
Cyan 6,99
Vert 4,78
Jaunes 3,82
Rouges 3,55
Magenta 4,07
Bleus 6,27

 

Mesure F : idem à mesure E et application profil ICC élaboré avec ce cliché pour cette température 5350K

Moyenne
 
2
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Ecart-type
 
1,49
 
Delta L 1,85
 
gris 2,2
 
neutres 2,54
 
Hors Adobe 2,3
Max
 
8,75
 
Delta C 1,13
 
gris HC 0,89
 

 

 

 
IN Adobe 1,94
Min
 
0,05
 
Delta H 1,23
 
GRIS <85 1,21
 
chair 1,36
 
Hors Wide 3,29

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
L< 85 – sauf gris 1,92
 
L <15 2,27
 
Sat 40-60 1,9

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
L >80 4,51
 
L < 75 1,67
Cyan 3,81
Vert 2,15
Jaunes 1,39
Rouges 1,34
Magenta 1,57
Bleus 2,03

 

Mesure G : idem à mesure E, mais température réglée par Capture NX à 4850K (sans profil ICC)

Moyenne
 
5,53
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Ecart-type
 
3,17
 
Delta L 4,99
 
gris 4,15
 
neutres 3,72
 
Hors Adobe 8,74
Max
 
15,13
 
Delta C 3,13
 
gris HC 3,01
 

 

 

 
IN Adobe 4,76
Min
 
0,26
 
Delta H 2,42
 
GRIS <85 3,21
 
chair 3,59
 
Hors Wide 13,46
DeltaE couleurs
 
Cyan 6,18
Vert 5,08
Jaunes 4,69
Rouges 4,08
Magenta 4,67
Bleus 7,05

On constate un accroissement des deltaE94 de l'ordre de +0,5 à 1  par rapport à l'original à 5350K.

 

Mesure H : idem à G, et application du profil "JDC Rouli" élaboré pour l'illuminant 5350K.

Moyenne
 
3,24
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Ecart-type
 
1,92
 
Delta L 2,25
 
gris 4,68
 
neutres 3,99
 
Hors Adobe 3,14
Max
 
10,65
 
Delta C 2,14
 
gris HC 3,72
 

 

 

 
IN Adobe 3,29
Min
 
0,25
 
Delta H 2,13
 
GRIS <85 3,74
 
chair 2,27
 
Hors Wide 4,43

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
L< 85 – sauf gris 2,99
 
L <15 2,77
 
Sat 40-60 3,26

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
L >80 6,36
 
L < 75 2,8
DeltaE couleurs
 
Cyan 5,13
Vert 3,2
Jaunes 2,46
Rouges 2,01
Magenta 2,35
Bleus 3,29

On constate ici aussi un accroissement des deltaE94 par rapport aux conditions de la reproduction - de l'ordre de +1, mais les valeurs globales sont meilleures que la prise de vue initiale à 5350K ainsi que celle mise à 4850K. Seules les valeurs des gris et des neutres sont un peu moins bonnes (+0,2 à +0,5 DE). Pour toutes les autres données (chair, saturées, hors Adobe, hors WideGamut le gain est important)

 

Chacun interprétera en fonction de ses objectifs et de ses croyances.

 

Que se passe-t-il si on applique un profil élaboré à 5300K (soleil en plein midi) sur une image à 6500K (ombre à midi)?

Rappel : prise de vue à l'ombre (6500K) - Capture NX - contraste faible - saturation moyenne (sans profil ICC)

Moyenne
 
6,59
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Ecart-type
 
3,94
 
Delta L 6,31
 
gris 5,17
 
neutres 5,21
 
Hors Adobe 9,86
Max
 
18,73
 
Delta C 3,64
 
gris HC 2,47
 

 

 

 
IN Adobe 5,71
Min
 
0,43
 
Delta H 2,42
 
GRIS <85 4,42
 
chair 2,8
 
Hors Wide 12,5
Cyan 8,18
Vert 7,06
Jaunes 5,54
Rouges 3,92
Magenta 5,74
Bleus 9,08

 

 

Même cas que précédemment mais avec le profil ICC "JDC Rouli" élaboré pour 5300K (soleil)

Moyenne
 
4
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Ecart-type
 
2,74
 
Delta L 3,73
 
gris 5,14
 
neutres 5
 
Hors Adobe 4,17
Max
 
12,29
 
Delta C 2,15
 
gris HC 2,53
 

 

 

 
IN Adobe 3,97
Min
 
0,38
 
Delta H 2,22
 
GRIS <85 4,38
 
chair 2,17
 
Hors Wide 3,84

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
L< 85 – sauf gris 3,81
 
L <15 8,14
 
Sat 40-60 3,93

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
L >80 6,3
 
L < 75 3,73
DeltaE couleurs
 
Cyan 4,9
Vert 4,56
Jaunes 3,82
Rouges 2,67
Magenta 3,14
Bleus 5,21

 

On voit que le profil apporte un gain, notamment sur les valeurs limites (hors Adobe, hors Widegamut). Certes ce gain est plus faible qu'un profil dédié à 6500K. Les gris et les neutres stagnent. Le profil ne détériore pas l'image. On sent comme je le suggère que le profil est un peu "aux limites" et qu'au delà si on souhaite faire mieux il vaut mieux élaborer un profil vers 7000 ou 8000K.

 

 

Un profil ICC - est-ce utile ? Synthèse

 

Je resterai bref... afin de permettre un débat, mais quelques rappels notamment de mes travaux précédents et d'interventions sur le forum de CI.

 

 

Généralités

Dans quel cas n'est-ce pas utile ?

 

Dans quels cas est-ce vraiment utile ?

Dans quels cas cela peut-il être utile ?

 

 

 

 

 

 

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